JAPON
ment dites, et 31 1,217 pour les îles tributaires, Kouriles, Bonin, etc. Le peuple japonais parait être un des moins religieux du monde, et son culte se réduit le plus souvent à des cérémonies et des formes, dont rélément Vraiment religieux semble complètement absent et que Ton a pu non sans raison appeler une politesse pour les ancêtres et le monde inconnu plutôt qu'une religion véritable. — Les Japonais appartiennent à trois groupes religieux principaux, le shintoïsme, le bouddhisme et la doctrine de Gonfucius. — 1. Le shintoïsme ou culte des Kamison génies est l'ancienne religion du Japon. Les adhérents du culte adressent leurs hommages aux ancêtres et aux esprits qui président à toutes les choses visibles et invisibles. Mais il ne semble pas que ce culte repose sur des croyances arrêtées. Les témoignages les plus sérieux ne sont pas d'accord, môme sur des questions fondamentales. Est-ce seulement le souvenir d'êtres anéantis que l'on révère, ou bien à des êtres existant actuellement que s'adressent les hommages? Les rapports des voyageur» diffèrent sur ce point, cependant la majorité des témoignages semble établir que les shintoïstes croient à l'existence de l'âme après la mort. Le souverain du Japon, le daïri ou mikado est en même temps le grand pontife du shintoïsme, et passe pour le descendant de la première des déesses, de Tien-Atodaï'Siu, Les prêtres étaient en 1874 au nombre de 8,804. Pour honorer les esprits, on leur élève des mfya du temples de bois, dont le nombre est de 27,000 environ. Ces temples ne contiennent point d'idoles, mais des symboles de la divinité ; ces symboles consistent en bandes de papier attachées à des bâtons de bbis de thuya. Les sacrifices offerts à ces symboles se composent surtout de comestibles, riz, gâteaux, etc. Le shintoïsme est la seule religion qui figure au budget de l'Etat japonais. Nous y trouvons, sous la rubrique « clergé et sanctuaires » 180,600 yens en 1875-76, 220,000 yens en 1876-1877, 180,600 yens en 1877-78, (le yen vaut un peu plus de 5 francs). — 2. Le bouddhisme a été apporté de Corée au Japon, vers l'an 543 de notre ère ; il y fit de rapides progrès tout en se mélangeant plus on moins au shintoïsme. Il y a vingt ans encore, la religion née de ce syncrétisme était celle de la majorité des Japonais. Les révolutions qui ont rendu au daïri l'intégrité de son pouvoir politique, ont été le point de départ d'une réaction en faveur de l'ancien culte national et d'un mouvement de recul du bouddhisme. Néanmoins les adhérents de cette religion se comptent encore par millions avi Japon ; on évalue le nombre de leurs temples à 122,280, et le recensement de 1874 a constaté l'existence de 198,363 bonzes et de 7,680 religieuses bouddhistes. — 3. La doctrine de Confucius est professée par un assez grand nombre de membres des classes élevées; mais, même parmi eux, elle est le plus souvent mélangée d'éléments empruntés au shintoïsme ou au bouddhisme. — Enfin, dans les districts montagneux du Nord, les populations, presque sauvages, croient à une sorte de fétichisme dualiste, sur lequel on ne possède encore que fort peu de renseignements. — Ouant au christianisme, il a jusqu'à présent fort peu pénétré au Japon. Cependant, il y a un certain nombre d'adhérents.
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tant européens qu'indigènes convertis. Les étrangers chrétiens sont au nombre de 1^838 (1874) tant catholiques que protestants. Quant aux convertis des missions, il est difflcile d'en apprécier le nombre.
— Les, missions catholiques furent entreprises en 1549, par des jésuites sous la conduite de François-Xavier. D'abord assez bien vus par le gouvernement, ils réussirent à convertir un grand nombre de personnes et, vers la fin du siècle, on évaluait à 150,000 le nombre des catholiques japonais.- Mais les dispositions bienveillantes du pouvoir ne tardèrent pas à se modifier, les jésuites furent expulsés en 1635 et de terribles persécutions firent presque disparaître le catholicisme du Japon. Cependant rœu\Te n'a jamais été complètement interrompue, et depuis que le pays est ouvert aux étrangers, la mission a repris une certaine activité. Dans la hiérarchie catholique, la contrée forme deux diocèses, les vicariats apostoliques du Japon méridional et du Japon septentrional. Le nombre des convertis est encore fort minime.
— Moindre encore CBt celui des missions protestantes. Seuls admis pendant longtemps à commercer avec le Japon, les Hollandais ne tentèrent rien pour y répandre leur foi. Les missions n'ont vraiment commencé que dans ces dernières années ; plusieurs sociétés sont à l'œuvre, et l'on peut espérer que les fruits répondront aux efi'orts tentés. — Bibliographie : Almanach de Gotha, 1879 ; M. Du Pin, Le Japon, Paris, 1868 ; G. H: Eden, Japan. Histortcal and Descriptive, Londres, 1877; Wm. Ellist. Griffis, The Mihado's Empire, New- York, 1876; B. Taylor, Japan in our day, New-York, 1871, etc.
E. Vaucher.
JAPON (Religions du). Voyez Orient (Religions de l'extrême-)..
JAQUELOT (Isaac), pasteur et publicisle protestant, né à Vassy, le 16 décembre 1649.11 fitde fortes études, reçut de son père, pasteur à Vassy, une éducation très distinguée et très sérieuse, et acquit tout jeune une grande réputation oratoire. Il fut le collègue de son père à Vassy. A la révocation de l'édit de Nantes il se réfugia d'abord à Heidelberg, puis à La Haye, où il fut nommé pasteur en 1686 par le corps des nobles. Le roi de Prusse, Frédéric l", le désira pour chapelain. Jaquelot, à la suite de démêlés pénibles avec Jurieu, quitta volontiers la Hollande, et, après un séjour à Bâle, il se rendit à Berlin en 1702 et demeura jusqu'à sa mort (1708), prédicateur de la cour. — On peut ranger sous ces quatre chefs les écrits de Jaquelot: les traités philosophiques, les traités polémiques, les sermons, les écrits apologétiques. Les traités philosophiques sont : Dissertation sur Vexisience de Dieu, où Von démontre cette vérité par l'histoire unive7*seUe de la première antiquité du monde, par la réfutation du système d'Epicure et de Spinosa, par les caractères de divinité qui se remarquent dans la religion des juifs et dans l'établisseinent du christianisme, La Haye, 1697 ; Examen d'uit écrit qui a pour titre Judiciumde argumento Cariesii pro existentia Lei petito ah ejus idea, Basil., 1690. Jaquelot exposait et défendait le spiritualisme au milieu des tendances contraires du moment. Le scepticisme avait son représentant brillant et infatigable dans l'illustre Bayle. Le dogmatisme sincère, violent, rigide de Jurieu
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ne dédaignait pas d'emprunter certains arguments du scepticisme, en particulier sur la corruption radicale de la conscience et de la raison et sur la nécessité logique du don surnaturel de la foi. Le sensualisme naissait avec Locke qui s'efforçait de ruiner le spiritualisme et la doctrine de Descartes. Jaquelot lutta contre ces tendances extrêmes. Ses écrits philosophiques, auxquels on peut reprocher un étalage fatigant d'érudition, furent particulièrement estimés, placés môme au-dessus des traités de Fénelon sur la matière et môme exaltés par les catholiques. — Les écrits polémiques occupent une grande place dans l'œuvre de Jaquelot. Il eut à se défendre contre Jurieu et contre Bayle. Jaquelot est arminien et, comme tel, il eut des démêlés avec Jurieu, l'intraitable calviniste. 11 fut cité par Jurieu au synode de Leyde (1691), comme suspect de tendances modérées et universalistes. D'un autre côté Jaquelot eut avec Bayle une longue polémique. Bayle avec son scepticisme prétendait confirmer la religion, en démontrant l'absolue impuissance de la raison. Jaquelot au contraire considérait la religion comme répondant aux besoins de la raison et de la conscience ; et ruiner la raison et la conscience c'était, pour le théologien arminien, ruiner la religion. Contre Jurieu : Avis sur le tableau du socinianisme de M. Jurieu; De Jésus-Christ, qu'il est le Messie et le vrai Dieu, 169i, La Haye ; quatre sermons pour effacer l'impression que les attaques de Jurieu avaient faite dans les esprits. Contre Bayle ; Con/ormité de la foi et de la raison ou défense de la religion contre les prineipales difflcullès répandues dans le Dictionnaire critique de M, Bayle, Amsterdam, 1705 ; Examen de la théologie de M. Bayle répandue dans son Dictionnaire criliqvte, dans des Posées sur les comètes, et dans ses Réponses à un provincial, où l'on défend la conformité de la foi et de la raison contre la réponse, Amsterd., 1706; et enfin Réponse aux entretiens composés par M, Bayle contre sa conformité de la foi et de la raison et V Examen de sa théulogie, Amsterd., 1707. — Jaquelot est surtout célèbre comme orateur. « Il parlait en maître, » dit Nicéron. En dédiant à la reine de Prusse l'ouvrage d'apologétique de son mari, sa veuve dit : « J'ose espérer que ma témérité me sera pardonnée en considération de l'honneur qu'a eu feu mon mari de prôcher, avec une approbation générale, pendant plusieurs années dans la chapelle du roi. « Jaquelot appartient à l'école nouvelle qui se dégage de la vieille méthode, de l'interprétation purement littérale du texte, pour saisir la pensée môme et l'exposer en ses traits généraux. « Il prenait un plus haut vol, dit Basnage de Beauval, et réduisait le sens de son texte à ce qui était plus propre à instruire et. à édifier. » Il paraît que les moyens oratoires extérieurs, la voix au moins, lui faisaient défaut. Ses sermons sont divisés avec soin, mais non pas suivant une. méthode rigoureuse. Us sont réunis en deux volumes in-12, sous ce titre : Sermons sur divers textes de V Ecriture sainte, Amsterdam, 1710. Le second volume est composé surtout de sermons de solennités chrétiennes, le premier volume s'occupe de sujets essentiellement pratiqués : De l'utilité des afflic-
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lions, de l'humilité du cœur, de Futilité des bonnes œuvres, une suite de sermons sur la parabole des vierges. La tendance pratique, modérée, arminienne deTorateur se montre dans tous ses discours, mais en particulier dans le discours intitulé : Conformité de la morale évangélique avec les lois naturelles, le douzième du tome premier. Tous ces discours furent prêches avec un grand succès devant le roi, dans la chapelle de la cour de Berlin. — L'œuvre apologétique de Jaquelot doit être avant tout étudiée dans le livre intitulé Traité delà vérité et de l'inspiration des livres du Vieux et du Nouveau Testà^ ment, Rotterdam, 1715, réimprimé souvent. Ce n'est pas du tout une introduction aux Livres saints, comme le titre pourrait le faire croire, c'est une apologétique complète. Tous les critiques regardent ce traité comme le chef-d'œuvre de Jacquelot. La mort le surprit au moment où il achevait ces études, qui, nous dit son éditeur « faisaient le plaisir de M. Jaquelot et pour ainsi dire son sort. Il y travaillait avec joie et effusion de cœur, comme il l'a écrit à un de ses amis peu de temps avant sa mort. » L'apologétique de Jacquelot est toute pénétrée de vie chrétienne, d'ardente foi. La méthode est essentiellement éthique, interne, subjective. On croirait entendre un apologète de notre école moderne en lisant cette conclusion si ferme, si décisive de Jaquelot : « Il ne reste plus qu'à conclure que l'Evangile porte en soi les preuves de sa divinité, dans l'excellence de ses promesses, dans la sainteté de ses préceptes, dans la pureté de son culte et dans toutes les maximes qui doivent régler la sanctification et la piété des chrétiens » [Traité, II, 712). — Voyez l'analyse et l'appréciation de l'apologétique de Jaquelot dans mon Histoire de i*apologétique réformée, A. Viguié.
JARCHI, plus connu dans le monde savant sous le nom de Raschi, célèbre rabbin du onzième siècle (1040-1105), s'appelait proprement Salomon-ben-Jarchi. Il vécut et mourut à Troyes (Champagne), où il avait suivi les leçons de R. Jacob-ben-Jakar et de ^R. Gerschom. Savant modeste et studieux tout à la fois, il fut peu connu et apprécié de son vivant. Après sa mort, la légende s'attacha à son nom. D'après les uns, il parcourut pendant sept ans le monde, pour expier les péchés de son père. D'après les autres, il fut un kabbaliste si habile que, consulté par Godefroy de Bouillon sur l'issue de sa croisade, il sut, en se rendant invisible, différer sa réponse jusqu'après l'obtention d'un sauf-conduit. D'autres enfin, par une hérésie chronologique inconcevable, le mettent en rapport avec Maimonidès. La notoriété de Jarchi date du jour où ses gendres publièrent ses ouvrages qui, aujourd'hui encore, sont classés parmi les plus importants de la littérature rabbinique. Jarchi est le type du véritable savant juif ; étranger au monde qui l'entourait, sans connaissances scientifiques aucunes, il sut s'assimiler à un degré singulier la science rabbinique de l'époque. Les critiques juifs ne lui attribuent pas un esprit transcendant, mais ils sont unanimes à reconnaître l'honnêteté de ses recherches scientifiques. Eloigné de toute polémique et de toute idée d'innovation, Jarchi voulait remonter à la source de la religion et
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expliquer, commenter et critiquer les doctrines antérieures à son* époque. C*est dans ce but qu'il entreprit un commentaire de TEcriture sainte et du Talmud, en expliquant grammaticalement ou par des paraphrases, parfois môme au moyen de la langue française, le contenu de ces deux ouvrages. Son but unique est de reconnaître le sens que ses prédécesseurs attachaient à tel ou tel passage ; la vérité du texte ne lui importait que fort peu. C'est là le caractère distinctif de Técole talmudico-française qu'il représente et dont les tendances furent poursuivies, après lui, par les juifs de France, et tout particulièrement ses petits-fils R. Samuel-ben-Meir et R. Jacob-ben-Mëir (Rabbenu Tham). Toutes ces annotations furent réunies définitivement sous le nom de Thosapath (additions) et se trouvent en marge de tous les bons textes du Talmud. E. Scherdun.
JABOUSSEAU (Jean), fils dlsaac Jarousseau et de Jeanne Raby, petit-fils de Samuel Jarousseau et arrière petit-fils de Benjamin, tous les deux ministres du saint Evangile et morts à la tâche du Seigneur, naquit à Mainxe (Angoumois) en 1729, et embrassa la périlleuse carrière pastorale. Après avoir rapidement étudié à Lausanne, il fut consacré dans les Gévennes par Paul Rabaut. Il arrivait, le 21 septembre 1761, à Saint-Georges de Didonne, pour y exercer le ministère, sous la protection du maréchal de Senneterre, gouverneur de la province, qui s'efforçait de ne pas voir les assemblées, et pour lequel les protestants priaient publiquement (voir le très curieux Psautier imprimé à la Rochelle en 1768). Le colloque de Saintonge et d' Angoumois, tenu les 16 et 17 décembre 1761, lui assigna pour paroisse Royan, Didonne, Meschers, Goze, Mortagne, Saint-Fort, Gémozac et Pons. Ses collègues Sollier, Dugas, Martin, avaient des paroisses à peu près de la même étendue. Seul Louis Gibert, dit le grand Gibert, restaurateur des Eglises saintongeoises, n^avait pas de poste fixe et circulait dans toutes les paroisses. Le colloque le désigna pour aller faire une tournée dans TAgenais qui demandait du secours. Il fut tué, Tannée suivante, d'une balle reçue en pleine poitrine, pendant qu'il prêchait à la Combè de la Bataille j sur la lisière de la forêt de Valere t., Jarousseau, qui allait lui succéder comme apôtre de la Saintonge, l'assistait dans cette assemblée. Au mois de novembre 1764, il visita à son tour les Eglises de l'Agenais, et notamment celles de Tonneins-Dessous, qui étaient le quartier des schismatiques. Pour les ramener, Jarousseau fit preuve d'une grande tolérance, et alla jusqu'à bénir le mariage du pasteur dissident, infraction à la discipline sur laquelle le synode provincial du haut et^bas Agenais et du Périgord, tenu au mois d'août 1765, demanda des explications à la province de Saintonge. Le temple de Pons, dans lequel Jarousseau avait prêché à plusieurs reprises, fut fermé en 1763 ; la tannerie dans laquelle il prêcha ensuite fut également interdite en 1768. En 1774, on crut pouvoir rouvrir les temples ; mais, deux ans plus tard, arriva Tordre (du reste inexécuté) de les démolir. Jarousseau parait avoir été blessé et fait prisonnier dans une assemblée qu'il tenait au trier Titu^ sur le bord de la forêt de Suzac. En 1780, il se rendit à Versailles, et
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appuyé par Malesherbes, il osa demander à Louis XYI la liberté de conscience, dont Theure n'avait pas encore sonné. Ce pasteur du Désert, qui avait vu la Révolution et la Restauration, s'éteignit, le 18 juin 1819, au village de Chenaumoine, dans sa quatre-vingtdixième année. — Son petit-flls, qui habite sa maison de Saint- Georges, queMichelet appelait « un temple de l'humanité », l'écrivain sénateur Eugène Pelletan (qui descend aussi sans doute des galériens huguenots de ce nom), a fait revivre sa mémoire dans un admirable petit livre, récemment couronné par l'Académie française : Le pasteur du Désert^ Paris, 1855 et 1877, in-12. Voir aussi le BulUL de l'histoire du prot, O. Douen.
JASON. Quatre personnages de ce nom sont mentionnés dans la Bible : 1° Jason, fils d'Eléazar qui fut envoyé à Rome, avec Eupolème, par Judas Machabée, pour renouveler l'alliance des Juifs avec les Romains (1 Mach. VIII, 17). — S'* Jason, juif natif de Gyrône, qui écrivit, en cinq livres, l'Histoire des Juifs sous Séleucus Philopator, Antiochus Epiphane et Eupator , et dont la deuxième partie du IP livre des Machabées est, en grande partie, un extrait (2 Mach. II, 24). —.50 Jason (proprement Jésus, Joséphe, Ant., 12, 5. 1), JBls du grand prêtre Simon II et frère du grand prêtre Onias III, qui acheta la charge de grand prêtre des mains d' Antiochus Epiphane pour une somme importante (2 Mach. IV,7 ss.) et s'appliqua avec ardeur à familiariser ses compatriotes avec les mœurs et la religion grecques. Il fonda, dans ce but, un gymnase à Jérusalem, non loin du temple, envoya des ambassadeurs aux jeux de Tyr et fit un don en argent à l'Hercule syrien. Au bout de trois ans (172 av. J. C), Jason se vit obligé de déposer son pontificat et fut remplacé par Ménélaûs, frère de Simon (2 Mach. V, 23) ou bien son propre frère (Josèphe, Anl., 12, o. 1). Il tenta, mais en vain, de rentrer en possession de ses fonctions sacerdotales, et il se réfugia chez Arétas, roi des Arabes, qui l'expulsa de ses Etats, puis en Egypte, où il éprouva le même sort. Il mourut misérablement à Lacédémone. — * 4° Jason, chef de la synagogue à Thessalonique, qui hébergea l'apôtre Paul et ses compagnons, lors de leur passage par cette ville (Actes XVII, 5 ss.; cf. Rom. XVI, 21), ce qui causa une grande sédition parmi les Juifs, qui traînèrent Jason devant les magistrats et exposèrent la vie de Paul au plus grand péril. L'Eglise a fait de Jason un parent de l'apôtre des gentils et l'a canonisé. Les Grecs célèbrent sa fête- le 29 avril et les Latins le 12 juillet.
JAUCOURT (De), illustre famille de Bourgogne, fondée en 1463, divisée en sept branches (De Villarnoul, De Vau, de Ménétreux, D'Espeuilles, De la Vaiserie, De Ghazelles et De Bonnesson), et alliée aux Turquet de Mayerne, aux Du Gayla, aux De Vivans, aux D'Angennes, aux La Trémoille, aux Sully, aux Mornay. Elle embrassa la Réforme de bonne heure, prit une part brillante aux guerres de religion, à la lutte contre la Ligue, et servit ensuite le protestantisme non seulement sur tous les champs de bataille de l'Europe, mais dans les synodes, les assemblées politiques, et les fonctions difficiles de com-
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missaire de TEdit et de député-général. Jean de Vîllarnoul, gendre de Du Plessis-Mornay , représentait les Eglises réformées près de Henri IV, qui le combla de faveurs. A la révocation de TEdit de Nantes, la plus grande partie de la famiUe émigra en Brandebourg, en Hollande, et y occupa des positions élevées dans Tarmée. M"« de Villarnoul et ses filles, mises à la Bastille et au Nouvelles Catholiques, entre les mains du convertisseur Fénelon, donnèrent un bel exemple d'inflexible fidélité à leurs convictions religieuses; il fallut les expulser du royaume, en 1688, comme inconvertissables. François de Jaucourt, marquis d'Ausson, était revenu de Hollande, déguisé, pour soustraire sa mère et ses sœurs à la persécution ; mais il avait échoué dans sa périlleuse tentative, et avait ensuite gagné le Brandebourg, où il était devenu lieutenant-colonel de cavalerie. Voulant revoir la France avant de mourir, il en demanda et en obtint la permission, mais à des conditions trop humiliantes pour être acceptées ; aussi répondit-il au ministre qui la lui avait accordée : « Les pays d'inquisition ne sont pas de mon goût, M. le comte de Saint-Florentin en serait persuadé, s'il me connaissait sous un autre titre que celui de réfugié, titre fort méprisé du pays où il est, et que je préfère pourtant à son secrétariat d'Etat. » — Bien qu'ils eussent abjuré lors des dragonnades, et qu'il se soumissent dans les cas indispensables à la religion officielle, les De Jaucourt restés en France conservaient précieusement dans leurs cœurs la foi persécutée. Leur hôtel de la rue de Grenelle Saint-Germain à Paris, était comme unje sorte de refuge, à la porte duquel tous les malheureux, et surtout les protestants, allaient frapper. On l'appelait la maison des huguenots. C'est dans cette maison fréquentée par Malesherbes, que le grand citoyen se convainquit de l'impérieuse nécessité de rendre un état-civil aux réformés, et qu'il puisa l'énergie nécessaire pour faire signer à Louis XVI l'édit de 1787. C'est là qu'était né, en 1757, l'ami de Males^ herbes, Arnail-François, marquis de Jaucourt, qui fut baptisé le jour de sa naissance par le curé de Saint-Eustache, et n'en de\înt pas moins l'un des plus glorieux soutiens de notre Eglise. Il n'avait pas seize ans lorsqu'il fit ses premières armes sous le prince de Condé (depuis la Ligue, le -premier gentilhomme des Condé était toujours un Jaucourt) ; en 1789, il était colonel. Deux ans plus tard, le département de Seine-et-Marne l'envoya à l'assemblée législative. Après le premier août, il fut jeté dans les prisons de l'Abbaye, d'où M™« de Staôl le fit sortir la veille des massacres de septembre. Il s'enfuit en Angleterre, puis en Suisse, et ne revint qu'en 1799, pour être aussitôt nommé membre du Tribunat, dont il devint le président. En 1802, il fut chargé avec Lucien Bonaparte de soutenir, devant le corps législatif, la partie afférente aux Eglises protestantes du projet de loi sur le rétablissement des cultes. Sénateur et commandeur de la Légion d'honneur en 1804, il accompagna Joseph Bonaparte à Naples, en qualité de premier chambellan. Louis XVIII le fit pair de France et ministre intérimaire des affaires étrangères, pendant que Talleyrand était au congrès de Vienne. Il suivit le roi à Gand dans les Cent jours.