‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 3 sur 170 · IRRÉGULARITÉ — IRVING · texte numérisé non relu

IRRÉGULARITÉ — IRVING

elle s'encourt par le défaut seul, indépendamment de toute faute. — Voyez les Dictionnaires et les Traités de droit ecclésiastique,

IRVINGr (Edward), naquit à Annan (Ecosse), en 1792, d'une famille d'humble condition, il fit de bonnes études à l'université d'Edimbourg. Après quelques années passées dans l'enseignement, il fut appelé, en 18i9, à seconder le docteur Ghalmers dans la direction de la paroisse de Saint-John à Glasgow. Il se montra dès lors prédicateur distingué et pasteur accompli. Ghalmers, dontla supériorité éclipsait nécessairement les talents de son jeune collègue, disait de lui : « La prédication dlrving est comme la musique italienne, qui n'est bien appréciée que par les connaisseurs. » En 1822, il reçut vocation d'une petite Eglise presbytérienne de Londres, qui se réunissait dans un modeste édifice connu sous le nom de « Caledonian Ghapel. » Installé par Ghalmers, loué en pleine Ghambre des communes par Gan ning, le jeune ministre conquit en peu de temps une immense popularité. Sa prédication charmait les esprits cultivés par son caractère profond et original, et elle édifiait les âmes pieuses par sa mysticité et par son onction. Esprit indépendant, Irving ne se ralliait à aucune coterie et ne craignait pas de rompre en visière à tout ce qu'il considérait comme la routine et le préjugé. Un sermon, qui lui avait été demandé par la Société des missions de Londres et où il crut devoir attaquer les méthodes en usage dans les missions modernes, fit scandale et souleva contre lui une vraie tempête. Gette indépendance, en l'isolant des hommes qui étaient à cette époque à la tète du mouvement religieux, l'exposa sans défense à des influences vers lesquelles son tempérament religieux l'entraînait. Il existait dès lors en Angleterre un petit groupe d'hommes qui se livraient avec ardeur aux études prophétiques, en essayant d'y trouver la clef de ce drame de gloire et de sang qui avait eu sa conclusion à Waterloo. Initié par l'un de ces hommes à ces recherches, Irving s'y jeta avec toute l'ardeur de sa nature et devint bientôt le chef reconnu de l'école ; il publia dès 1823 son livre BabylonandlnfidelUy Foredoomed, que d'autres publications du même genre suivirent. Des conférences annuelles réunirent à Albury les hommes qui, comme lui, prenaient intérêt à ces recherches. Persuadés que la seconde venue de Jésus-Ghrist était prochaine, Irving et ses amis se mirent à l'annoncer par la parole et par la presse. L'Eglise, qui s'était considérablement développée depuis qu'Irving était à sa tête, venait de lui faire construire la magnifique chapelle de Regent-Square, dans laquelle le prédicateur continuait à attirer la foule; les sujets qu'il abordait désormais appartenaient de préférence à la haute spéculation théologique ou prophétique . mais il savait les draper d'un si riche vêtement oratoire que son succès semaintenait. Ses convictions étaient empreintes de sacerdotalisme ; il relevait à une hauteur exagérée la charge pastorale et croyait à la régénération baptismale. A ces particularités vint s'ajouter, relativement à l'humanité du Ghrist, un point de vue qui l'engagea dans des discussions interminables et lui valut à la fin un procès de doctrine. Il enseignait que Jésus est venu au monde dans une chair déchue et

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