JEAN XII-XVIII
la bulle qui excluait sans doute le peuple de Télection, au bénéfice du patrice, c'est-à-dire de Tempereur, est perdu. Léon VIU mourut à Rome en 965. Jean XIII (965^972) fut mis à la place de Léon YIII, par ordre d'Othon, parle peuple et le clergé. C'était Tévêque Jean de Narni, accusateur de Jean XII, mais qui s'était réconcilié avec lui. Jean XIII veut bientôt user d'autorité, mais il est saisi par la noblesse et enfermé dans le château Saint-Ange, d'où il est délivré par le fils de Crescentius. Ici encore nous nous trouvons embarrassés par les délicates questions de la généalogie romaine. Il paraît (la chose est obscure) que Jean XIII avait une sœur, Stéphanie, qui porta comme Théodora II et la célèbre Marozia, le titre de sénatrice de Rome ; le fils de cette sénatrice avait épousé Théodoranda, la fille ou la sœur de Jean Crescentius, seigneur de Nomenlum, descendant de Théodora et fils de Crescentius du cheval de marbre. Jean XIII mourut le 6 septembre 972» Benoît YI, qui lui succéda, fut étranglé en 974. Le criminel Boniface VII (Franco, fils de Ferrucius) et Benoît VII ont trouvé en d'autres articles de ce recueil leur histoire. Jean XIV (Pierre, évoque de Pavie, 983-984), était originaire de Pavîe et chancelier d'Othon IL Enfermé après huit mois de règne au château Saint-Ange, il y fut empoisonné ou condamné à mourir de faim par Frahco, qui ne prit sa place que pour mourir lui-même, après six mois, de mort violente. Jean XV (985-996), fils du prêtre Léon de la région ad gallinas albasy lui succéda, c'est sous son règne que Ton entendit au célèbre synode de Saint-Basle (991), la terrible invective de l'évèque d'Orléans, Arnoul, contre la papauté, -ce discours accusateur qu'on a appelé la catilinaire du dixiè^me siècle. Car en ce moment il y avait dans le clergé franc de la liberté de penser et de la fermeté de paiole : « Cet homme, demandait Arnoul aux évoques, qui est assis sur le siège suprême, vêtu de pourpre, étincelant d'or, qu'est-il, dites-le? S'il est sans charité, enflé de science, c'est l'antechrist qui siège dans le temple de Dieu, et se montre comme Dieu. Mais s'il n*a ni charité ni science, c'est une idole élevée dans le temple divin, et le consulter, c'est interroger un marbre » (voyez ce discours dans le récit de Gerbert, qui fut le pape Silvestre II, Pertz, Sçr.^ III). A cet endroit la chronologie elle-même des papes du nom de Jean, qui se succèdent de si près, devient difficile et obscure. On place avant Jean XV un autre pape du même nom, qui n'est pas compté. M. Willmans {Jahrb,d.d, Reicfu, II, 2) et JafTé paraissent avoir prouvé qu'il n'a jamais régné. M. de Reumont donne encore le nom de Jean XV à ce pape problématique. Cette incertitude trouble la série des papes; elle est compliquée encore d'une autre difficulté relative à Jean XVII, Jean XVI n'étant que l'antipape de Grégoire V, et conservant néanmoins son rang ; enfin Jean XX n'existe point, et le pape qui aurait dû porter ce nom s'est appelé Jean XXI (1276) ; on prétend (la chose n'est pas prouvée) qu'il considérait la papesse Jeanne comme son'prédécesseur. Bref, Crescentius de Nomentum, patrice et consul, chassa Jean XV à une époque qui n'est pas certaine, et se réconcilia avec lui. Le vertueux Abbon (voyez sa vie, par. Aimoin, citée à l'article
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Abban) déclare Jean XV « cupide éTnn gain déshonnête, et Ténal en toutes ses actions. » Après lui, Grégoin* V (voyez ce nom), le premier pape allemand, monta sur le siège papal ; à son tour, il est chassé par Grescientius, qui met JeanXYI à sa place ; c'était le Grec Philagathus. On sait sa misérable fin (996-998),) Crescentius fut décapité sur les créneaux de Saint-Ange et son cadarre pendu au Monte Mario. Nous n'avons rien à dire de Jean XVII {Sico), le successeur de Silvestre II (1003), et de Jean XYIII {Fasanus, id atgatîus), fils du prêtre Ursus, qui régna après lui (1003-1009) et eut pour successeur Serge lY. Aux environs de Tan 1000, Thistoire est presque muette. — Nous ne pou* vous énumérer ici les sources de Fhistoire de la pomocratie. Nous avons suivi, dans le résumé|qui précède, les plus récents historiens,. Hefele (ConcUiengeschicHu, IV, 2» éd., 1879), Gregorovius (111, 3* éd., 1876] » et Alfred de Reumont^(II, 1867), mais il faut en revenir sans cesse aux extraits des chroniques et des catalogues que donne M.Watterich dans son 1. 1. La chronique de Benoit de Soracte,.c( dont la grossièreté de pensée et de style est sans égale » (Pertz, 5^. IIl), le livre de Luîtprand7)e OlUmis rébus in urbe Roma gestis (ibidem)^ œuvre de parti, mais œuvre d*un témoin, sont nos principaux documents, mais ils ne suffisent pas à répandre la lumière sur ces tristes temps. Les historiens des Othons sont énumérés dans de Reumont, II, p. llte; il faut naturellement citer d*abord les Jahrbûcher des deutschen Reichs unter dem Sxchs. Hauu^ I-III, et YRistùirt des empereurs (&esck, d. Kaiserzeit^ I) de Giesebrech ; Kœpke et Dîimmler, Otto der Grosse^ L., 1876.
JEAN XIX (1024-1033) s'appelait Romanus, il était laïque, issu des comtes de Tusculum, c'est-à-dire des Crescentius, et frère de son prédécesseur Benoît VIII, dont il ne possédait point les vertus; on l'appelait, avant qu'il ne fût pape, duc et consul, et il était comte palatin. Son neveu, nommé Théophylacte comme Benoît VIII, lui succéda; il était presque un enfant et se nomma Benoît IX.
JEAN XXI (1276-1277). Pierre Juliani, Petrus ffispanus, portugais, archevêque de Braga, fils d'un médecin, lui-même connaisseur de la médecine, bon aristotélicien, succéda à Adrien V. On lui attribue un certain nombre d'écrits médicaux et scolastiques (voyez Pabricius, Bibl. Lcuina), Les chroniqueurs ignorants n'ont que mépris pour lui ; Martin le Polonais parle de lui en ces termes : Johannes papa, magus in omnibus disciplinis instructus^ religiosis infestuSy contemnens décréta concilii generalis. On l'a représenté, ainsi que Silvestre II, comme un sorcier. Il mourut à Viterbe, le 16 mai 1277, écrasé par la chute du plafond de sa chambre, Bernard Gui parle ainsi de sa mort: dé cujus morte modieum ecelesix damnum fiàU. Nicolas Ht lui succéda. — Le Registre de Jean XXI est au Vatican, Raynaldi en a donné des extraits. Voyez, outre les auteurs orûm^irQs^yHoeMer ^VolUt,Nachrieht V. papst loh. XXI, Goett., 1760. Giacconni(1601) a fait remarquer que ce pape aurait dû s'appeler Jean XX, et prit le nom de Jean XXl à cause de la légende, alors naissante, de la papesse Jeanne. La chose