JEAN XXI — JEAN XXII «M
tt'esl rien moins qne certaine. Bn 1376 la légende a*était encore ni dans Anastase, ni dans Martinns Polonus.
JBANZXn (1314-1334). Clément Y était mort à Roqnemaure en Languedoc, le 30 ayril 1314. Garpentras était le siège de sa cour, c'est là que devait se tenir le conclave, mais rassemblée fut troublée par les violences des neveux de Bertrand de Got ; deux rois de France étaient morts avant qu*un pape eût été élu. Un gascon, un Gahorsin* fut enfin choisi le 7 août 1316,par l'influence de.Robert d'Anjou. Jean ISUani, et après lui tons les historiens, font de Jacques Buèse le fils d'un savetier» et Voltaire en dît, dans VBssai sur Us mœurs : « 11 faut avoir beaucoup de mérite pour parvenir de la profession de savetier au rang dans lequel on se fait baiser lés pieds.» Les historiens de Ga« hors ont au contraire établi qu'en 1271, son père, Amaud*Duèse (et non d'Euse ni d*Ossa) était de tous les bourgeois de la ville un des plus hauts taxés (voyez Bertrandy, Rech, hist.sur Vorig., VéUclUm et 1$ eouronn, de J. XI//, 1854; cf. Tamizey de Larroque, Corr. LiU.t 5 juil. 1858). Jacques de Cahors, évèque de Fréjus, puis d'Avignon» avait été le conseiller de Philippe le Bel dans l'afTaire des Templiers; il était l'homme du roi de Naples Robert d'Anjou. Jean XXII, consacré à Lyon dans la cathédrale de Saint«Jean, s'établit à Avignon, et aussitôt commença pour lui la querelle contre Louis de Bavière qui remplit sa vie. Dès octobre 1314, Louis de BsCvière et Frédéric d'Autriche avaient été' élus parallèlement par les électeurs partagés. Tandis que le pape temporisait sans reconnaître aucun des élus, le Bavarois était peu à peu reconnu eh Allemagne; la prudence commandait d'accepter le fait accompli, mais le 8 octobre 1323 le pape interdit de reconnaître Louis de Bavière comme roi des Romains. Louis alors s'entoure des théologiens et des docteurs de Paris et de Bologne, et fait appel à l'esprit d'indépendance de la science naissante. Un élément nouveau s'ajouta à l'antique débat de la monarchie et du sacerdoce, c'est la protestation des franciscains spirituels, des fratricelles et de beghards, contre la richesse de la cour d'Avignon. Jean XXII avait condamné en 1318 la doctrine de la pauvreté évangélique, et les bûchers se multipliaient. En 1322, les franciscains soutinrent hautement, contre les frères prêcheurs, que Jésus n'avait rien possédé, et de nouveau le pape condamna leâ franciscains. Louis de Bavière put désormais invoquer Jésus, les apôtres, saint François et son ordre comme alliés. Quant aux anciennes doctrines de la sou-* veraineté papale, elles avaient perdu leur aiguillon par leur triomphe même, triomphe bien ébranlé par l'insulte d'Anagni et les événements d'Avignon.Ladoctrinede Tempire, doctrine mystique et plutôt religieuse, avaitsuccombé ; la doctrine de la monarchie fut le credo laïque des juristes et des hommes d*état du quatorzième siècle. Occam et Jean de Paris, Marsile de Padoue (son nom était de Raymundis), Jean de Jandun et Luppld de Bâmberg prêtèrent leur parole et leur autorité à cette revendication, à laquelle Dante consacra le traité De monarekia. Bn 1327, Louis de Bavière entre triomphant en Italie. Las d'en-