‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 40 sur 170 · JEAN XXII · texte numérisé non relu

JEAN XXII

gager le pape au retour, les Romains s'emparèrent de la ville, et Sciarra Golonna à leur tête repousse les guelfes : ihiravii gens fores^ teria in urb$ et fu,ii debelkua a pojmlq romano, dit une inscription de la porte Saint-Sébastien. Le 7 janvier 1328, Louis de Bavière entre dans Rome et preiid domicile au Tatican. Le clergé des grandes églises, les dominicains de la Minerve et de Sainte-Sabine, le plus grand nombre môme des franciscains d*AraceIi avaient quitté la ville. Louis se fait couronner par la démocratie, il établit Marsile de Padoue vicaire spirituel pour Rome ; Marsile et Jean de Jandun accusent publiquement le pape qui est déposé le 18 avril 1328 par le peuple réuni en parlement. On trouve un antipape, c'était un frère mineur d'Araceli, Pietro Rainalucci de Gorvara, originaire des environs du Monte Murrone, célèbre par Termitage de Gélestin Y ; il s'appela Nicolas y.' Mais, ceci fait, Louis de Bavière, incapable de se maintenir à Rome, quitte la ville et l'Italie (décembre 1329), moralement vaincu; en 1330, l'antipape est livré à Jacques de Gabors, et rampe à ses pieds; on le laissa mourir à Avignon. Le peuple se soumet au roi Robert, qui gouverna l'ETgUse par $es vicaires. Le triomphe du pape était complet, mais l'ennemi veiilait, et le pape, qui était théologien plus pointilleux que profond, eut le malheur de prêter le flanc à une accusation d'hérésie, et pour bien peu. Le premier dimanche de l'Avent de l'an 1331, d'après le continuateur de Nangis^ Jean XXII avait prêché « que les âmes de ceux qui sont décéplés en état de grâce ne voient pas Dieu en essence, et ne sont pas parfaitement heureuses, sinon après la résurrection du corps ». Gette doctrine n'est pas autre chose que celle des anciens Pères, de TertuUien en particulier, mais l'Eglise y avait renoncé depuis le cinquième siècle et l'université de Paris l'avait condamnée en 1240 (d'Argentré, 1, 186). Dès le 27 décembre, un dominicain anglais s'élève à Avignon même contre le pape ; il est jeté en prison. Le pape fait défendre sa doctrine à Paris, en 1332, par deux moines mendiants, mais le roi demande un avis à la faculté de théologie, qui le 2 janvier 1333 (d'Argentré,I,316) déclare « que les âmes des bienheureux sont élevées à la vision nue et claire, béatifique, intuitive et immédiate de la divine essenceetdelaSainte Trinité, que l'apôtre appelle visionem facie adfaciem. »La Sorbonneinsinue,parunrested'égards, que le pape n'a émisl'opinionî contraire que recUando^non determinandOfOsserendoseu eliam opinando. Le roi communique ce jugement au pape, le priant d'y souscrire, et Pierre d'Ailly, cité par duBoulay (IV, 238) avance que le roi lui fit dire, « qu'il se révoquast, ou qu'il le ferait ardre ». La réponse du pape (18 novembre 1333, dans Raynaldi) est hautaine. La rétractation du 3 décembre 1334, veille de la moft du pape, qui n'a été publiée que le 17 mars 1335 par Benoît XII, a été mise en doute par les contemporains. Le Continuateur de Nangis dit : « Il rétracta en mourant l'erreur qu'il avait longtemps soutenue, mais il la rétracta insuffisamment, à ce que disent quelques-uns. » Il fallut que, le 29 janvier 1336, Benoit XII émit un long jugement sur ce point de sco-

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