JEAN DAMASCÈNE — JEAN DE DIEU
Jean, patriarche de Jérusalem. Le principal ouvrage, qui tahit à Damascène une grande réputation dans TEglise grecque, est le livre intitulé «nY^ y^^c (source de connaissance). La première partie de cet ouvrage {Sommaires philosophiques) forme Tinstruction dialectîpque ; la seconde {Sur Us hérésies) introduction historique ; une trcHsième ou principale partie, ExposiUon de la foi orthodoxe^ contient un assemblage systématique des dogmes d'après les conciles et les enseignements des anciens Pères de TËglise. Les Saints ParaUèles contiennent une comparaison des maximes des Pères avec celles de4*Ëcriture sur des questions dogmatiques et morales. Damascène a écrit en outre : Trois discours sur les images; De la sainte doctrinef contrje les monophysites ; Dispute conire les Sarrazins el dialogue contre les manidUens; Sur Us dragons et Us Sorcières ; De la Trinité el Uttre à Jourdain sur k Trisagion ; Lettre sur U jeûne du carime; Des huit vices capitaux; un Traité de la vertu et du vice ; De la nature composée (celle de Jésus-Christ); Traité des deux voUtUés^ contre les monothélètes et Traité contre les néstoriens; Commentaires sur les épitres de saint PaxU^ et enfin des Home' Kei, des Proses, des Odes^ des Hymnes restées dans le rituel de TEglise grecque. On lui attribue encore un roman ascétique intitulé : Histoire du saint ermUe Barlaam et de Josaphat^ fils d'un roi des Indes^ imprimé à Spire en 1470, 1 vol. in-f^. La meilleure édition de Damascène est celle de Le Quien, Paris, 1712, 2 vol. in-f*. L Moshakis.
JSiUf DB DIEU, san Juan de Dios, naquit en Portugal à Montemayor la Nueva en 1496, dans le diocèse de Evora. Agé de neuf ans, il. 8*échappa de la maison paternelle et vint en Espagne. Valet, et ensuite soldat au service du comte d'Oropesa, il mena une vie aventu*reuse, pleine de péripéties et de dangers. 11 assista au siège de Fuenterrabia, où il faillit perdre la vie et suivit son seigneur eu Hongrie, dans une campagne contre les Turcs. Fatigué de ce genre de vie rude, et périlleux pour Tàme et pour le corps, il rentra en Espagne et, après un voyage en Afrique, où il se dévoua au service d*une famille qu'il avait rencontrée à Gibraltar, il se fixa à Grenade. Là, il se livra au commerce de livres de dévotion. Les sermons de Juan d'Avila décidé* rent sa conversion. Dans les premiers temps, son exaltation alla jusqu'à la folie et provoqua les risées et les persécutions de la populace ; mais les visites d'Avila lui rendirent le sain usage de la raison et ou* vrirent une sphère nouvelle à son activité dévorante. Il se voua tout entier au service des pauvres et des malades qu'il reçut dans sa maison et soigna de ses propres mains (1540). Protégé par Tarchevèque de * Grenade, il trouva des disciples et des imitateurs.Rodriguede Siguenza et Sébastien Arias suivireiit l'exemple de son dévouement; Pedro Pecador fonda Thospice de Séville, et Anton Martin celui de Madrid. La charité de Jean de Dieu ne connut pas de bornes; le matin, il se livrait au commerce, et le soir, il distribuait aux indigents ce qu'il avait gagné pendant le jour. Quand il mourut, le 8 mars 1550, le peu* pie le pleura et le vénéra comme un saint. Urbain VIII prononça sa béatification etAlexandre YIIl le reçut, en 1690, au nombre des saints. * L'œuvre qu'il avait fondée lui survécut. Les frères dé la charité appelés
JEAN DE DIEU — JEAN HE PARIS a07
^ea Espagne aussi Jïo$pUalarios de San Juan de Dios^ en Allemagne, Barmherxige Briider^ en Italie, BenfratMit reçurent de Pie Y, en 1572, la règle de saint Augustin, et ftirent dotés de nombreux prlTilèges par les papes Grégoire XIII , Sixte Y et Grégoire XIY. Traitant les malades sans distinction de culte, Tordre fit preuve sans cesse de Tesprit de fervente charité qui avait animé son humble mais héroïque fondateur. — Yoyez les biographies de Franz, de Castro, et de Fr. Ant. Govea, évèque deCirène, 1623, dans Acla Sanct. Martii, I, YIII Martii, p. 809 ; cf. celle de G. de Yillethierry, Paris, 1691, et Yic de la Puente, JTïtf . ^les. de Espana, Y, 298. EuG. Stern.
JEAH L*AU1IDNIKR (Saint), patriarche d'Alexandrie, néà Amathonte, dans rUe de Chypre, vers le milieu du sixième siècle, mort vers 615. D*après les hagiographes, il était fils du gouverneur d*Amathonte et possesseur d*une grande fortune. Ayant perdu sa femme et ses enlaiUs, il distribua ses biens aux pauvres, se retira dans une solitude et acquit une réputation de piété et de charité qui lui valut d'être élevé, malgré lui, sur le siège patriarcal d'Alexandrie, vers 608. Jean, qui dut son surnom à son inépuisable charité, employa les immenses revenus de son siège à racheter les chrétiens captifs, à soulager les indigents; quant à lui, il se refusait le strict nécessaire. Il pourvut aux besoins de sept mille pauvres qu'il appelait c< ses maîtres » et « ses seigneurs, » et lorsque Jérusalem eut été pillée par les bar^ bares, il y envoya des vivres el des ouvriers. Les Perses ayant fait une invasion en Egypte, il partit pour Gonstantinople avec Nicétas, gouverneur d'Alexandrie, afin de demander des secours à l'empereur; mais^ arrivé à Chypre, il tomba malade et mourut dans le lieu même de sa naissance. Les Grecs célèbrent sa fête le 12 novembre, et les Latins le 23 janvier. C'est de lui que Tordre de Saint-Jean de Jéni* salem tire son nom.
JIAH DE PARIS, docteur de l'université de Paris, dai^s les dernières années du, treizième siècle, mort à Bordeaux en 1306, mérite le sobriquet de Pungems asinum ou Pique âne, grâce à son talent de tenir en éveil les intelligences les plus rebelles par la vivacité de ses réparties. Son nom a échappé à l'oubli, grâce au rêle qu'il a joué dans les controverses sur la sainte cène et dans la lutte entre Philippe le Bel et Boniface YIII. Dans cette dernière question, Jean de Paris prit ouvertementle parti du roi de France. Dans son traité : a De potestdte regia Upapali»^ il voit dans Hérode le premier représentant des préten* lions papales, rappelle que Jésus a déclaré son royaume spirituel et flétri les pharisiens, nie la donation de Constantin et établit qu'il y a dans l'homme deux éléments distincts, l'un appartenant à la vie présente et réclamant la pratique des vertus naturelles, l'autre concernant l'âme et tombant dans le domaine de la grâce. Sa conception de la sainte cène se rapproche de celle de Luther et a été adoptée en partie par Occam. Moins grandiose et aussi grosse de difficultés que la transsubstantiation, elle a été repoussée également par la cour de Rome et par Wycleff . Dans son traité intitulé : « Determinatio de modo esBiPtendi corporis Chriui in eacramento », édité en 1686, à Londres, par