JEAN DE SALISBURY — JEAN PETIT
assidu et un disciple indépendant d^Abélard, vécut pendant quelques années dans Fabbaye de Moutier-la-Gelle, et ne rentra en Angleterre qu'assez tard, précédé par une grande réputation d'érudition et de prudence. Conseiller de l'archevêque de Gantorbéry, Théobald, envoyé en 1150 à Rome, par Henri II, il s'acquitta de sa mission avec talent, sachant, unir à un profond respect pour la papauté une franchise qui le poussait à censurer énergiquement ses vices. Son rôle prend une grande importance avec Tavènement de Thomas Becket au siège archiépiscopal de Gantorbéry. Confident de ses pensées, instrument dévoué de ses résolutions, compagnon de son exil, son interprète auprès du pape, qui lui accorda le pallium, politique passionné qui unit à une haine ardente pour les empereurs allemands et Henri II un dévouement sans réserve pour les droits de la hiérarchie^ défenseur convaincu du pape Alexandre III contre Tantipape Victor, il reçut aux côtés de Tarchevèque martyr des blessures, qui mirent sa vie en danger. Poursuivant jusqu'au bout son œuvre d'amitié et de dévouement, il écrivit une vie de Becket et obtint sa canonisation. Dans les dernières années de sa vie, il se retira en France et fut élevé à la dignité d'évèque de Chartres, où il laissa un souvenir béni et fécond de son court épiscopat. Il put encore prendre part au concile de Latran et mourut le 24 octobre 1180 (des auteurs admettent 81 ou 82). L'un des auteurs les plus spirituels et les plus instruits de son temps, connaissant à fond les auteurs profanes et les divers systèmes de la philosophie antique et contemporaine, admirateur passionné de Gicéron, prenant avec tout son siècle Sénèque pour un chrétien, Jean de Salisbury a laissé un recueil de plus dé trois cents lettres, publiées avec celles de Gerbert (Paris, 1611), quelques-unes écrites pendant l'exil sous des noms supposés et qui tracent un tableau piquant et varié de l'époque. Ses écrits philosophiques, le Policraticus et le Melalogicus (Lugd. Bat., 1659), nous montrent en lui un disciple du scepticisme de l'académie, un empirique de l'école de Bacon, homme pratique, ennemi né des spéculations vides et creuses de son temps, n'admettant que les doctrines aux applications usuelles, voyant dans la foi en l'Eglise un refuge contre un probabilisme qui ne peut pas même affirmer la liberté de l'âme. Défenseur intrépide de la hiérarchie, il vise pourtant à l'impartialité. Le trait le plus remarquable de son esprit est un caractère encyclopédique ouvert sur tous les domaines, assez large pour comprendre et pour étudier toutes les idées. — Sources : Gallia, VIII; Hisl. lilL de France, XIV; Ritter; Gesek. der christl. Phil., I, 529 ; Dupin, Nouv. BibL, IX, 127; H. Reuter, Joh, vonSalisb., Berlin, 1842. La plus récente édition de ses œuvres est celle de Giles en 2 vol., 1848. A. Paumier.
JEAN PETIT. Les passions politiques ont souvent pénétré dans l'Eglise, dont les représentants officiels ont plus d'une fois compromis la dignité par des actes aussi coupables qu'indignes de la chaire chrétienne. Jean Petit, cordelier suivant les uns, franciscain suivant . d'autres, doit sa triste réputation à un discours aussi diffus que.cri-