JEAN PETIT — JEAN DE LEYDE
minel, qui semble comme une préface de la ligue et ne trouve de point de comparaison que dans les excès sanglants de la Terreur. Originaire de la Normandie, l'un des professeurs les plus goûtés de l'université de Paris, ayant joué unicertain rôle dans la grave question du schisme qui passionnait alors l'Etat et l'Eglise, Jean Petit se déshonora en prostituant sa science scolastique et son éloquence virulente par l'apologie d'un crime sans nom. Jean, duc de Bourgogne, protecteur comme son père de l'Université, avait fait assassiner son rival, le duc d'Orléans. Rentré à Paris après une fuite temporaire, à la tête de troupes considérables, il fît présenter sa défense le 8 mars 1408 par son avocat Jean Petit qui, dans un discours long et diffus, invoque à -l'appui de sa thèse l'Ecriture sainte, les anciens, les Pères et jusqu'à saint Thomas d'Aquin. Gerson, lui, avec un noble courage, avait prononcé l'oraison funèbre de la victime. Si le duc de Bourgogne, moitié par séduction, moitié par terreur, réduisit un moment ses adversaires au silence, la thèse de l'assassinat légitime d'un tyran ne pouvait subsister devant l'opinion publique. Gerson, contraint de prendre la fuite, composa dans son exil un pamphlet énergique contre les flatteurs des princes; en 1409 le bénédictin Sérisi réfuta Jean Petit dans un long discours, également très diffus, mais honnête et loyal. L'avocat de Valentine d'Orléans, Guillaume Cousinot, présenta des conclusions sévères contre l'assassin et contre son avocat, qui mourut comblé d'honneurs par son maître le 15 juillet 1411 à Hesdin. Le 3 septembre 1413 l'université de Paris fit brûler par le bourreau l'ouvrage de Jean Petit; au concile de Constance, en 1415, après une discussion passionnée entre les prélats bourguignons et français, la majorité du concile adopta les conclusions de d'Ailly et de Gerson contre Jean Petit. Bayle voit en lui un sceptique, Michelct un fanatique sincère. — Sources : Monstrelet, ChroniqiUy c.xxxvii, dans la collection des Chroniques de Buchon ; de Barante, Histoire des ducs de Bourgogne, 1824, III, 108.
JEAN-BAPTISTE DE SALÈRNE [1670-1729], jésuite, cardinal de San Stéfano al Monte Gelio, ami et protégé de Clément XI, accompagna en Allemagne et en Pologne (1709) Albanî, neveu du pape, en qualité de théologien, pour y arrêter les progrès de l'hérésie. Il y convertit au catholicisme Frédéric-Auguste de Saxe, fils de Fréd.-Auguste II, roi de Pologne, et réussit à le marier avec une fille de l'empereur Charles VI. Cet exploit le fit nommer cardinal et lui valut une pension dé mille florins par mois. Il a écrit un ouvrage historique important : Spécimen Orientalis Ecclesix a àoncilio Nicxno primo usque ad Oonstantinop, Générale secundum, Rom., 4706. *
JEAN DE LETDE, Johannes Beukelszoon, en allemand Johann Bockhold,le prophète-roi de Munster, naquit à La Haye vers 1505 de parents obscurs. Il paraît que sa mère était originaire de Miinster ou des environs. Il voyagea beaucoup comme ouvrier tailleur en Angleterre, en Portugal, à Lubeck. On ne sait rien de plus de sa jeunesse. Il avait, dans son enfance, été élevé eu partie à Leyde chez des parents. G^est là qu'il revint se fixer pour y exercer sa profession. Mais