‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 48 sur 170 · JEAN-FRÉDÉRIC I" LE MAGNANIME · texte numérisé non relu

JEAN-FRÉDÉRIC I" LE MAGNANIME

alla à Vienne pour être solennellement investi de Télectorat. Mais il rirrita de nouveau, en refusant, contre Tavis de ses conseillers, de prendre part au concile qui devait s*ouvrir à Mantoue. U essaya ensuite de le regagner en lui offrant Talliance des princes protestants, à condition qu*il reconnaîtrait TEglise évangélique ; puis revenant à ses craintes, il fit entrer de nouveaux membres dans la ligue de Smalcalde, se prépara à la guerre et négocia avec la France et l'Angleterre; mais la désunion se mit dans la ligue et Ton ne put qu'avec peine décider Jean-Frédéric à en conserver le commandement. En 1541 il refusa, avec l'approbation de Luther, d'aller à la diète de Ratisbonne; il y fît surveiller Mélanchthon par Amsdorf et s'opposa aux concessions qui y étaient faites aux adversaires. Il compliqua encore la situation en nommant Amsdorf à l'évêché de Naumbourg, contre Jules de Pflug, soutenu par l'empereur. Il eut ensuite un procès (1541), puis une guerre (1542) avec son cousin Maurice de Saxe ; le landgrave de Hesse apaisa l'affaire. En 4542 il aida le landgrave à chasser de ses Etats Henri de Brunswick ; mais après la diète de Nuremberg (1543), il retomba dans les irrésolutions et les défiances et chercha à se rapprocher de l'empereur dont il fut la dupe à la diète de Spire (1 544); se voyant joué, il n*alla pas à la diète de Ratisbonne (1546), mais quand l'empereur eut déclaré la guerre à la ligue de Smalcalde, sa résolution revînt. Maurice ayant envahi ses Etats, il l'en chassa, s'empara même de ses Etats à lui, mais il fut battu par l'empereur à Muhiberget fait prisonnier, le 24 avril 1547. Condamné à mort le 10 mai, puis gracié, mais privé de ses Etats le 18, il resta prisonnier et fut traité de la manière là plus dure et la plus indigne. Il se montra grand dans sonmalheur. Gomme on voulait le contraindre d'accepter l'Intérim, il s'y refusa, quoique prisonnier ; il savait bien, disait-il, que l'Intérim contenait beaucoup d'articles contraires à la parole de Dieu ; l'approuver, ce serait tenter de tromper la majesté céleste de Dieu aussi bien que l'autorité séculière. Comme l'empereur lui offrait la liberté à la condition de faire certaines concessions religieuses, il refusa de la manière la plus absolue, déclarant qu'il resterait fidèle à la confession d'Augsbourg jusqu'à la tombe. Comme on lui enleva sa Bible et ses livres luthériens, il dit qu'on ne pourrait lui 6ter ce qu'il en avait appris. Ses ennemis môme durent respecter tant de constance ; quant aux siens, ils le vénérèrent comme un saint et un martyr. Il recouvra la liberté en 1552, lorsque Maurice se tourna contre l'empereur. Ses sujets le reçurent avec un enthousiasme indescriptible et lui témoignèrent l'affection la plus touchante; il resta cependant privé de l'électorat. U mourut le 3 mai>6 1554. En 1548, étant prisonnier, il avait fondé l'université d'Iéna, pour en faire le boulevard du vrai luthéranisme. Il avait .été un prince excellent pour ses propres Etats, un ami de la science, un protecteur fidèle et dévoué de l'Eglise. — Voyez J.G. Muller^Gesckichte Johann Friedrick des Grossmûlhigen^ lena, 1765 ; Ranke, Deutsche Geschichle im Zeitalter der AefonncUion, Leipz., 1873 ; Neudecker, Joh. Fr. der Grossmùth. dans Herzog, Real Encyclopxdie. Ch. Pfender.

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