‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 54 sur 170 · JÉHOVAH · texte numérisé non relu

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ascher ehjeh, «je suis qui je suis. » Que signifie cette expression « Je suis qui je suis, je suis ce que je suis » qui contient Fex^ plication du tétragramme? Quelques auteurs y voient une fin de non recevoir opposée par Dieu à la curiosité humaine. Nous pensons que c'est à tort; Dieu ne se révèle pas pour dire qu'il ne peut être connu. Cette interprétation est sans lien avec le contexte ; le nom Jahveh est enseigné à Moïse comme une ressource contre l'incrédulité du peuple s'il opposait aux ordres communiqués par le prophète cette question: « quel est-il, ce Dieu qui t'envoie? quel est son nom?» En pressant* le passage hébreu ehjeh ascher ehjeh et en cherchant à rendre la nuance exprimée par Taoriste ehjeh, on arrive à traduire «je suis ce que je suis, en quelque temps que ce soit; » ce sens est confirmé parle passage "Ex. XXXIII, 19, véritable commentaire de notre expr<^ssion. Dieu, annonçant luimême qu'il va proclamer son nom Jahveh, c'est-à-dire expliquer toute sa valeur, l'interprète ainsi : «je fais grâce à qui je fais grâce » ce qui doit se comprendre en ayant égard à la différence des temps : « je fais grâciB en tel cas particulier (parfait), à qui j'ai fait grâce d'une manière générale et éternelle (aoriste). » L'étude de ces passages et du contexte nous semble démontrer que là révélation contenue dans le nom de Jahveh, la révélation don| Moïse s'est tait le porteur en proclamant ce nouveau nom, a été celle-ci : «Je demeure le même, je suis le Dieu constant et fidèle, les promesses que j'ai faites à vos pères, s'accompliront sur vous. » — Cette interprétation du nom Jahveh est appuyée par un grand nombre de textes; l'expression «Jahveh qui garde son alliance » est on ne peut plus fréquente; s'agit-il d'ajouter à sa parole une confirmation solennelle? M Je suis Jahveh, >) dit le Seigneur. C'est sur ce nom que s'appuie toute exhortation à la confiance : « Ceux qui connaissent ton nom, se confient en toi, Jahveh» (Ps. IX, 14). «Les uns s'appuient sur leurs chars, les autres sur leurs chevaux ; quant à nous, nous rappelons (n a s k i r) le nom Jahveh de notre Dieu » (Ps. XX, 8). « Confiezvous en Jahveh à perpétuité, s'écrie Esaïe, car en tant que Jahveh, Jahveh est le rocher des siècles » (Es.XXVI, 4). « Son nom est Jahveh, dit Osée (XII, 6 et 7), toi donc... espère en ton Dieu constamment. » On pourrait établir par bien d'autres citations que Malachie, en un temps où la signification du nom se perdait sans doute, l'a bien expliquée par ces mots : « Je suis Jahveh, je ne change pas. » — D'ailleurs ce point de vue de la fidélité du Dieu de l'alliance domine toute l'histoire du peuple d'Israël, telle qu'elle est écrite par les auteurs de l'Ancien Testament. On remarquera le rapport étroit qui existe entre cette constance et la ténacité indomptable qui est devenue peu à peu le caractère le plus frappant de la nationalité juive. Plus tard, en raison de l'indétermination même du mot, la notion qu'on y rapportait a pu s'étendre, la signification s'enrichir; l'idée de la constance a passé du domaine purement moral dans le domaine métaphysique; des spéculations tout à fait indépendantes du sens primitif,* se sont greffées sur celui-ci; ainsi le nom Javeh en est venu à

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rendre eel easembie im peu ▼agne de notions comi^exes qu'exprime notre traduction ft^ançaîse «FEtemel»; mais en premier lien et dies un peuple encore enfant il a dû désigner une notion simple, concrète^ pratique, telle qu'est celle de la fidélité ditine, qui |'adap«tait si bien d'ailleurs à la toane même qu'aTait empruntée l'idée de la religion, celle d'un contrat et d'une alliance. — Sources : Decas extrcUcUianum phUologiearum de vera prohuntiatione nominis Jehova^ rassemblées par Reland, Strasbourg, 1707; Hengstenberg, Beiirœgt zur Einleiimgtfu AUe TeslametU, Berlin, 1831-39, II; Tholuck, Ver^ misehte Schriften^ 1839, 1, 376 ss.; Hôlemann, Ueber die Bedeutung uni Avusprache von 7\'\ m. Bibelstudim^ 1. Abth., 1859, II; Kôhler, De pronuncicuione ac vi sacrosaneti tetragrammatis^ Erlangen, 1867; dans cette dissertation Kôbler soutient la prononciation Jabawah proposée par Delitzsch {Gomnientair$ sur. les Psaumes, Leipzig, 1859- 60), mais que Delitzsch lui-môme a abandonnée pour se rattacher à Tahvé; Ebrard, Dos Aller des Jehovanamens dans la Histor.-TheoL ZtUschrift de Niedner, 1849, lY; J. P. N. Laud, Over den Godsnaam n]m; Theol. Tigdschrift^ II, 159*170; le même, Nog ieu over den Oodsnaam 7V\ m, TheoL Tijdschrift^ III, 347-362 ; Schrader, article Jahve dans le Bibellexieon de Schenkel, Leipzig, 1871, III, 167-171 ; Hitzig, dans la ZeiUchrift fur wissenschafUiche Théologie, 1875, 1" cahier; de Lagarde, dans la Zeitschrifï der deutsehen nwrgenlxn^ dischen Gesellschaftj XXII, 329-331 (reproduit dans les Symmicta de de Lagarde) ; le même, PsalUrium juxta Hebrxos HieronyniSf coroU larium^ p. 153-158, Leipzig, 1874; Baudissin, Der Usprung des Gouesnamens 'Idiu dans ses Siudieti zur semitisehen Religionsgeschiekte^ I, art. 3, Leipzig, 1876; Smith (W. Robertson), On the Name Jehovah (Jahve) and the doctrine ofEzodus, III, 14, dans la Brilish and Foreign Evangelical Review, îaimeT 1876, p. 15^165; Delitzsch (Franz), Die neue Mode der Herleitung des Gottesnamens n]rrif dans la Zeitschrift fur luth. Théologie, 1877, IV, p. 593-599; Nestlé (Eberhard), Die isr&elitischen Eigennamen nach ikrer religionsgeschic?Uliclien Bedeutung, p, 66-101, Haarlem, 1876; le même, Zur Frage, ob n] ni Iliphil sein kônnel dans les Ja'>r bûcher fur deutsche Théologie, XXUI, 126-128, 1878. Nous nous permettons de mentionner en outre notre Etude kistoriq/ie sur la significcuion primitive du nom Jehovah, Genève, 1874. — On pourra consulter encore dans des ouvrages généraux : Œhler, Théologie des AUen Testaments, I, p. 139-152, Tubingue, 1873; le même, article Jehova dans Hemog; Schultz (Hermann), Aluestamentliche Théologie, I, 290-295 ; Ewald, Geschichte der Volkes Israël, III, 221-224 ; le même, Lehre der Bibtl von Gott\ I, 335-337 ; Kuenen, Het Godsdienst van Israël, I, 397-401. E. Sghulz.

lÉHO [léhou; loû, 'Iv)oû, 'Iviouç], fils de Josaphat et petit-fils de Nimsi, général des troupes de Joram, roi d'Israël (2 Rois IX, 5), destiné à venger les crimes de la maison d'Achab. Il fut sacré roi par B&ée (2 Rois IX, 2 ss., cf. 1 Rois XIX, 16), ouvrit en cette qualité la cinquième dynastie et régna de 884 à 856 av. J.-G. Acclamé par l'armée, il courut à Jesreêl, tua le roi Joram, fit jeter son corps dans le

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champ de Naboth, fit périr les enfants, les parents et les amis d'Achab, roi de Juda, ainsi que ce dernier lui-même ; il condamna à mort les ministres de Baal dont il brûla la statue et détruisit le temple (2 Rois X, 18 ss. ; â Ghron. XXII, 7 ss.). U maintint toutefois ie culte Ses taureaux à Dan et à Béthel (2 Rois X, 29. 31). Les Syriens, profitant de la faiblesse du [royaume d'Israël privé de Talliance de celui de Juda, enlevèrent à Jéhu tout le pays à Test du Jourdain (2 Rois X, 32). Il mourut à Sâmarie après un règne de vingt-huit ans. — Le nom de Jéhu est aussi porté par un prophète,' fils d'Hanani, qui fut envoyé vers Basa, roi d'Israël, pour lui prédire Textinction de sa postérité, et que ce prince fit périr (1 Rois XYI, 1. 7. 12; cf. 2 Ghron. XX, 34).

JSPHTÉ [Yipettâh, c'est-à-dire celui que Dieu déli\Te] était fils de Galaad et d'une cpncubine. Ghassé plus tard, pour des motifs d'héritage, par les fils légitimes de son père, il se réfugia dans le pays de Job, situé au delà du Jourdain, au nord-est de la Palestine. Là, des gens « sans aveu » (Juges XI, 4) se joignirent à lui pour faire, sous son commandement, des incursions en pays ennemi. La valeur personnelle de Jephté Ibi valut le nom d'un vaillant héros (Juges XI, 1). Plus tard, les anciens de Galâad le choisirent pour leur chef dans une guerre contre les Ammonites. Jephté n'accepta qu'à la condition d'être nommé chef de la tribu tout entière. Avant d'entrer en campagne, il fait le vœu d'offrir en holocauste à Dieu, ce qui sortirait de sa maison au moment de son retour victorieux. La victoire couronne ses efforts ; mais, au retour, sa joie se change en douleur profonde, car sa fille unique vient, en dansant, à sa rencontre, à la tète de ses compagnes. Néanmoins, et malgré ses angoisses, Jephté ne songe pas un seul instant à la possibilité d'annuler le vœu prononcé. Enflammée d'un saint héroïsme, la fille, quand son père lui annonce ce qu'il a promis, se soumet humblement et ne demande que deux mois de sursis, pour pouvoir pleurer, avec ses compagnes, sa virginité. Après son retour, le sanglant sacrifice s'accomplit et une fête annuelle de quatre jours est instituée, pour perpétuer parmi les filles d'Israël, le souvenir de cette admirable abnégation filiale. Il n'^est besoin de songer ici ni au vœu prononcé par Idoménée, roi de Grète, ni à celui d'Agamemnon, qui, tous deux, promettent de sacrifier leurs enfants aux dieux. Mais il nous sera permis de déplorer cette monstrueuse aberration morale qui peut trouver son explication dans les mœurs barbares du temps, mais qui constitue,. à nos yeux, une déplorable interprétation de l'irrévocabilité d'un vœu prononcé à la légère. E. SCHERDLIN.

J£b£HIE [Yirmyahou], prophète qui a joué un rôle considérable dans les dernières années de l'existence du royaume de Juda, et sous le nom duquel nous possédons un important recueil, classé dans l'Ancien Testament à la suite du livre d'Esaïe. Les indications que nous possédons sur sa personne nous sont fournies uniquement par l'écrit en question ; elles s'y présentent avec une abondance et une précision exceptionnelles. Jérémie appartenait à une famille sacerdo-

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