‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 56 sur 170 · JEREMIE · texte numérisé non relu

JEREMIE

intéressants, s'adressant également aux Israélites (XXII, 1. 19 ; XXIII, 9. 40; XXY et XXX, XXXI) et tous munis d*inscriptions particulières qui ne laissent aucun doute sur les coupes à faire ; ensuite neuf autres oracles (chap. XLYI-XLIX) la plupart de moindre dimension etconcernantles peuples étrangers... Nous serons autorisé à croire que le reste du livre date d'une époque plus récente que celle de la première rédaction. En effet, nous y trouvons une série de pièces qui se rapportent au règne du dernier roi Sédécias. Mais non seu« lement ces pièces ne sont pas rangées dans un strict ordre chronologique, elles sont entremêlées d'autres qui nous reportent aux temps de Jojakim et de Jékonia, les prédécesseurs du dernier roi ; enfin, il y en a qui ne datent que de Tépoque de Texil (chap. XL- XLY). Les inscriptions pourraient n'être pas toutes absolument sûres... Dans toute cette seconde partie du texte (XIX, i4-XXI; XXII, âO-XXin, 8; XXIV; XXVI-XXIX; XXXlI-XLY^ les discours proprement dits sont rares ; nous n'en comptons que six (XXI; XXIY; XXXII : XXXni ; XXXIY, 1-7. 8-22), tous parfaitement distingués les uns des autres par des inscriptions, et de plus quelques fragments isolés. Nous n'hésitons pas à nous servir du terme de Mémoires pour caractériser cette portipn notable du livre, et nous sommes assez porté h penser que c'est Baruch qui les aura rédigés. Dans la plupart des morceaux de la première partie ou rédaction que Baruch dit avoir écrite sous la dictée de son maître, Jérémie parle à la première personne; dans cette partie historique, au contraire, il est toujours question de lui à la troisième personne ; et le tout se termine par ce qui forme aujourd'hui le chapitre XLY, lequel est une espèce de post-scriptum, dans lequel le rédacteur rapporte une parole que Jérémie autrefois lui avait adressée à lui-même. — Le volume a reçu plus tard deux compléments, que la critique a des motifs sérieux de détacher de l'ouvrage authentique. Il y a d'abord le chapitre final (LII) qui contient une relation historique du dernier siège et de la prise de Jérusalem par les Ghaldéens ; elle est purement et simplement empruntée, avec quelques légères modifications, au livre dit des Rois, dont elle forme la dernière page, et qui a été composé longtemps après Jérémie et Baruch... » M. Reuss, auquel nous avons emprunté l'analyse qui précède, sacrifie également l'authenticité de l'oracle étendu contre Babylone qui forme les chapitres L-LI. — La traduction des Septante nous offre le livre de Jérémie en une disposition assez différente de celle du texte hébreu. La divergence commence au V. 13 du chapitre XXY, où la version grecque intercale les oracles prononcés contre les peuples étrangers, en les plaçant, pardessus le marché, dans un ordre tout autre que ne fait l'original. Le reste du chapitre XXY hébreu forme le chapitre XXXII, et le grec reprend la série hébraïque, sauf le changement de chiffres nécessité par cette iniercalation. On remarque aussi que la version grecque est eu général plus courte que l'autre et que, à côté d'additions peu nombreuses, elle compte des lacunes et des abréviations. Ces différences ont vivement intrigué les critiques, dont plusieurs ont supposé Fexis-

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tence de deux textes hébreux ; on préfère penser aujourd'hui que le traducteur grec possédait bien en effet le môme texte que nouç avons sous les yeux, et qu*il a seulement usé d'une liberté très grande dans Tarrangement des morceaux et dans leur reproduction. « Ce n'est que dans des cas très rares, dit M. Reuss, que la traduction paraît avoir conservé une leçon qui mérite d'être préférée à celle du texte reçu. » — La relation intime où se place le livre de Jérémie à l'égard des faits contemporains en fait une source importante de renseignements pour l'histoire du peuple juif. C'est à lui qu'on s'adressera de préférence pour se rendre compte de l'état religieux et moral du peuple Israélite dans le demi-siècle qui a précédé l'exil de Babylone. Il fournit ainsi une précieuse illustration aux sèches notices du IP livre des Rois. Son importance a d'ailleurs grandi à mesure que l'authenticité du livre d'Esaïe devenait moins défendable, et que, par là, la contribution des écrivains prophétiques antérieurs à la chute du royaume de Juda -perdait en étendue. Malgré ses redondances, le style de Jérémie est celui d'une grande époque littéraire et religieuse. Son témoignage serait intéressant pour apprécier l'état de la législation écrite existant à l'époque qui précède la chute de Jérusalem ; on a cité plusieurs passages, qui sont loin d'être décisifs. Le plus certain est celui qui nie l'existence d'une loi cérémonielle (VII, 22-23). Jérémie annonce la restauration d'Israël après un exil d'une certaine durée : il y joint le rétablissement de la famille davidique. Dans la^ peinture de l'avenir, il se montre très dédaigneux de toutes les institutions matérielles, arche, tables de la loi, etc. — Jérémie a été l'objet d'un très grand nombre de travaux exégétiques et critiques, parmi lesquels nous citerons Dabler, Jeremt^ traduit sur le texte original j accompagné dénotes explicatives, historiques et critiques, Strasbourg, 1823, 2 vol.; les commentaires de Hitzig, de Graf et de Kcil ; Reuss, Les Prophètes (dans la Bible, traduction nouvelle, etc.). — Les bibles françaises nous offrent, sous le nom de Lamentations (threni) de Jérémie, un court recueil d'élégies que le texte hébreu a recueillies dans la troisième partie du canon biblique, sans aucun nom d'auteur. Ces poésies se rap portent à un môme événement, qui est la ruine de la ville de Jérusalem détruite par Nébucadnétsar. Elles sont au nombre de cinq et se distinguent par un procédé de versification spécial. La traduction des Septante a été la première à les attribuer à Jérémie : on .ne peut y voir que des compositions littéraires d'une ' facture distinguée, écrites à une époque passablement plus récente. Voyez Reuss, Poésie lyrique, 5* partie de l'Ancien Testament. M. Vernes.

JÉBâOE n, patriarche de Constantinople [1536-1594]. Elevé au patriarcat en 1572, chassé de son siège, où il remonta en 1580, fut emprisonné bientôt après sous l'inculpation du crime de lèse-majesté, rendu à la liberté par le sultan, grâce à l'intervention des ambassadeurs de France et de Venise, exilé à Rhodes (1585) et réintégré deux ans plus tard. Sous ce patriarche eiA*ent lieu des négociatiens pour l'union des Eglises grecque et protestante. Les théologiens luthériens

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