‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 57 sur 170 · JÉRÉMIE II — JERICHO · texte numérisé non relu

JÉRÉMIE II — JERICHO

Jacob AndréiB et Martin Chrusjus écrivirent à Jérémie une lettre, oîi ils exposaient les.principes de la réformation et proposaient la communion ecclésiastique des protestants et des grecs ; ils envoyèrent en même temps une traduction de la confession augustanienne (1574). Jérémie y répondit en 1575 en montrant les enseignements protestants contraires aux dogmes de TËglise grecque. Au patriarche répondirent les théologiens Ghrusius et Osiander en 1577 pour défendre leurs enseignements. Par une seconde lettre Jérémie essaya à réfuter les arguments de Grusius et Osiander et proposa à mettre fin à des disputations inutiles, en recommandant les dispositions amicales mutuelles. A une troisième et quatrième lettre Jérémie ne répondit pas. — Voyez Sathus, Jérémie 11^ Athènes 1872 (en grec).

JÉRICHO (Yerîkhô, Yerekhô, Yerîkhôh; LXX : lept^w; Josèphe : 'Iept;^ouç; Strabon : *Upixouç), ville en deçà du Jourdain, à environ soixante stades de Jérusalem, qui était à une altitude plus élevée et dont elle était séparée par une contrée sauvage et déserte. Les environs de Jéricho s'élevaient comme une oasis du milieu de la plaine sablonneuse ; limités à Touest par des montagnes calcaires et bien arrosés, ils étaient extraordinairement fertiles. On y trouvait des palmiers en grand nombre, des roses, du baume (ryakh, sentir; de là peut-être, le nom de la ville) et du miel en abondance. L'admirable climat de la ville en eût fait un véritable paradis terrestre, si elle n'avait été infestée par des serpents venimeux. Bâtie dès avant l'arrivée des Hébreux en Palestine, Jéricho fut conquise miraculeusement par Josué (voir cet article), détruite de fond en comble et ses habitants furent mis k mort à l'exception de Rahab et de sa famille (Josué VI, 25 ss.). La défense que ût Josué de rebâtir la ville se rapporte probablement à la reconstruction des fortifications, car elle fut cédée à la tribu de Benjamin. Fortifiée de nouveau sous Achab (1 Rois XVI, 34), elle de\int plus tard le siège d'une école de prophètes (2 Rois II, 4). Après l'exil elle n'est que rarement mentionnée (Néhémie VII, 36; 1 Macchab. IX, 5Q), mais les Apocryphes rapportent que Jonathan la fortifia de nouveau, parce que sa situation topographique en faisait une position stratégique de la plus haute importance pour la défense du pays. Embellie plus tard parle roi Hérode et ornée d'un splendide palais, Jéricho redevint riche et puissante, à cause de son commerce d'onguents (Josèphe, Antiq,^ 14. 15, 3). Aujourd'hui l'emplacement de Jéricho est occupé par un misérable village d'à peine 200 habitants (Robinson, II, 523 ss.). La Jéricho dont parle le Nouveau Testament paraît avoir été plus rapprochée de la montagne, près du Wadi Kelt, où l'on en trouve encore quelques ruines isolées : la ville détruite par Josué doit, d'après les indications de Robinson (II, 526), s'être trouvée vers la source de la rivière Ëlisa (Aïn-el-Sultan), mais, au douzième siècle déjà, il n'en existait plus de traces. L'ancienne fertilité a disparu en partie, parce que l'eau y manque aujourd'hui, et le climat très chaud est devenu extrêmement malsain. — Sources : Reland, AniiquitaXes sacra veterum Hebrœorum , p. 383 ; Lightfoot, Horx

242 JÉRICHO — JEROBOAM II

htbraicœy p. 85 et particulièrement Rosenmuller, Das alte u. neue Màrgenland et Robinson, Voyage en Palestine, II. £. Scherdlin.

JÉROBOAM P' (Yàrôbeâm; 'Ufo6wi\i,), fils de Nébath, de la tribu d'Ephraïm, premier roi du royaume d'Israël (975-954 av. J. Gh.). Après avoir été au service de Salomon, comme intendant des corvéables de la tribii de Joseph (1 Rois XI, 28), Jéroboam s'enfuit en Egypte pour échapper aux poursuites du roi, parce que le prophète Ahia, outré de l'idolâtrie de la cour, l'avait désigné comme devant régner sur dix tribus du royaume (1 Rois XI, 39). Le soulèvement populaire qui éclata à cette occasion, fut promptement étouffé et Jéroboam dut rester en Egypte jusqu'après la mortdeSalomon. Alors ses compatriotes, qui avaient gardé un bon souvenir de son administration, le rappelèrent et, grâce à la pusillanimité de Roboam, fils de Salomon, il fut acclamé roi par dix tribus (1 Rois XII, 2-20). A peine sur le trône, il fortifia Sichem et Pnuel, avantageusement située au confluent du Jabbok et du Jourdain (1 Rois XII, 25). Après avoir définitivement établi sa résidence à Thirza, il défendit, par des raisons politiques, à ses sujets de faire des pèlerinages au sanctuaire central de Jérusalem et éleva, dans les deux villes frontières de Béthel et de Dan, déjà consacrées antérieurement comme lieux de culte, des temples où, d'après l'ancien culte sensuel du peuple (Exode XXXII), Jéhovah était adoré sous la forme d'un veau (taureau) d'or. Pour assurer le service de ce culte, il organisa une caste de prêtres non lévitiques (1 Rois XII, 31), les autres ayant quitté le pays ainsi qu'une foule de Juifs orthodoxes, et institua pou;* le quinzième jour du huitième mois une fête solennelle (1 Rois XIY, 30). D'après le livre des Rois, Jéroboam vécut en guerre continuelle avec les Juifs ; le narrateur des Chroniques au contraire ne mentionne qu'une seule guerre, intentée par Roboam à Jéroboam, mais qui fut empOchée par l'intervention d'un prophète, mais il parle d'une guerre malheureuse pour les Israélites sous Abia, le successeur de Roboam (2 Ghron. XI, 1 ss.). Etant demeuré, malgré toutes les exhortations des prophètes, fidèle au culte du veau d'or, Jéroboam eut la douleur de voir son fils Abia succomber à une grave maladie, et mourut luimême après un règne de vingt-deux ans. Son successeur Nadab périt,, après un court règne, avec tous les siens, sous la main homicide de l'usurpateur Baësa (i Rois XV, 25 ss.).

JÉftOBOAM II, fils et successeur de Joas (Jeohasch), roi d'Israël de 825-874 ou, selon d'autres, de 835-874 (2 Rois XIV, 23), quatrième roi de la maison de Jéhu, fut incontestablement le plus glorieux de tous les monarques du royaume des dix tribus. Il reconquit, avec un rare bonheur, sur les Syriens les territoires qu'ils avaient enlevés à son père, rendit tributaires Damas au nord et Moab au sud (2 Rois XIV) et gouverna avec beaucoup de fermeté et d'ordre son royaume. Malheureusement le luxe et la démoralisation des grands d'un côté, l'idolâtrie toujours croissante venue dh dehors, de l'autre, faisaient' entre;\'oir, comme U racontent Amos et Osée, les contemporains de-

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