‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 65 sur 170 · JESUS-CHRIST — JEUDI SAINT · texte numérisé non relu

JESUS-CHRIST — JEUDI SAINT

nière et décisive de son triomphe sur la mort. On nous accusera peut-être, après avoir repoussé toutes les explications, de n'en fournir aucune. C'est que nous nous trouvons ici en présence de l'inconnu et de rîpexplicable. Jésus de Nazareth demeure le grand miracle de rhistoire. Est-il étonnant que ses origines et ses issues restent enveloppées d'ombres? Toute science humaine ne vient-elle pas s'arrêter devant l'acte créateur de Dieu, intraduisible dans les formes de notre pensée? Vorlà le mystère qui est au commencement et à la fin de tout. Pour le retenir, la foi a eu recours à la poésie et à ses symboles. Pourquoi le langage de la poésie ne serait-il pas aussi le véhicule de l'Esprit-Saint, quand la prose n'est plus suffisante pour le faire comprendre? C'est ainsi que la vie du Christ, si humaine et si positive dans son développement terrestre, se trouve enfermée entre l'épopée de sa naissance et l'épopée de sa résurrection. 11 faut les retenir l'une et l'autre, en sachant ce qu'elles conservent tout en le voilant. Les prendre pour de l'histoire positive et à la lettre, c'est tomber dans d'inextricables difficultés, et matérialiser ce qu'il y a do plus sublime et de plus suave dans la foi chrétienne. Mais les rejeter et les supprimer serait encore plus grave, puisque ce serait sacrifier les vérités les plus profondes du christianisme. Aussi l'Eglise, tant qu'elle vivra sur la terre, les gardera-t-elle comme les populaires symboles de l'origine divine de sa foi et de la certitude triomphante de ses espérances. A. Sabatier.

JÉSUS SIRACH. Voyez Ecclésiastique.

JETHRO [léthro,Ex.IlI, 1 ; lèthèr, Ex. IV, 18], aussi appelé Chobâb(Nombr. X, 29; Juges IV, 11), fils de Raguel, prêtre (ou prince sacerdotal) de Madian et propriétaire de troupeaux nomades, cl^ez lequel Moïse, fuyant l'Egypte, trouva un asile et dont il épousa la fille. Il fut très utile à Moïse par ses conseils (Ex. XVIII, 14 ss.) et par sa parfaite connaissance du désert (Nomb. X. 30 ss.). Les talmudistes enseignent que Jethro professait le culte du vrai Dieu, comme descendant de Madian, fils d'Abraham et de Céthura (voyez leurs fables, ainsi que celles du Coran dans Calmet, Dictionn. hisior.^ad vocem). Gœthe {Westœtl. Divan, p. 163 ss.) a émis une opinion bizarre sur le rôle très intéressé que Jéthro aurait joué lors des migrations des Israélites à travers le désert. — Voyez Maier, DeJelhrone, Helmst., 1715; Rosenmiiller, Comment, iib. den Exod.; Murray, De Kwœis, p. 22 ss.

JEUDI SAINT. Le Jeudi saint, qu'on appelle aussi le Grand Jeudi ouïe Jeudi absolu y l'Eglise catholique célèbre le lavement des pieds qui fait le sujet de l'évangile de ce jour, l'institution de la sainte cène, et l'absoute ou la réconciliation des pénitents, la bénédiction des saintes huiles et du saint chrome, qui se fait pour l'usage des sacrements. On voit, par une lettre de saint Augustin {Epist, LIV), que de son temps, en quelques églises, on disait deux messes le jour du jeudi saint, l'une à midi, après la réconciliation des pénitents, en faveur des catéchumènes qui devaient se baigner ce jour-là pour se préparer au baptOme, et qui, à cause du bain, ne pouvaient pro-

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