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gnons que chacun doit exercer son corps en jeûnant... pour ne pas donner lieu au péché, mais non pour prétendre mériter la grâce par ces œuvres. Or cette discipline du corps ne doit pas être limitée à certains jours, elle doit ôtre continuelle » (cf. Âpol., art. VIII; An, S/nalc.,\U, 13; Covfes, helvel., II, .24, etc.). Les Eglises protestantes persécutées ont souvent célébré des jeûnes ordonnés par les synodes: et aujourd'hui encore il y a, dans certaines Eglises, un jour déjeune annuel, qui n'est plus qu*un jour de repentance et d'humiliation. — L'Eglise anglicane seule a conservé le carême et quelques autres jeûnes en usage dans TEglise catholique. Le jeûne est surtout une pratique orientale. C'est là qu*a été son berceau, c'est là qu'il est encore le plus rigoureusement observé (l'Eglise grecque, le mois de Ramadan chez les musulmans). Il est le complément naturel delà vie oisive et contemplative si chère à l'Orient ; grâce à la douceur du climat, il n'est pas une souffrance, à moins qu'il ne soit poussé à des limites extrêmes, et, agissant sur des organisations exaltées et surexcitées d'avance, il produit des visions, des extases, des hallucinations, des ravissements d'un car(\ctère agréable, que l'ignorance attribue au saint Esprit, et qui ne sont que la conséquence de l'appauvrissement du sang (Brierre de Boismont, Des hoUucinations, p. 440). Dans les temps modernes, où la somme de travail exigée de chaque individu est plus grande, où la dépense d'énergie est plus considérable, nos conditions d'existence ne s'accommodent plus du jeûne, ni môme de l'abstinence; et comme nous mettons la fermeté et la rectitude de l'esprit bien au-dessus des lueurs trompeuses de l'extase et du ravissement; comme, d'un autre côté, la valeur religieuse du jeûne, comme expressionde la repentance, nous semble bienimparfaite,nousn'avons plus de raisons pour conserver le jeûne, môme comme l'entendaient Luther et Calvin. De cet usage séculaire qui a tenu une si grande place dans la vie de l'Eglise, une seule chose mérite d'être retenue: c'est la nécessité et l'excellence de « cette discipline du corps qui ne doit pas être limitée à certains jours,'mais qui doit être continuelle »>. — Voyez outre les ouvrages déjà cités : Thomassin, Traité historique et politique du jeûne, Paris, 1G80; J. H. Tiœhmer, Dejure circajejniianics^ abstinentes et Jejunos, 1722; Augu!>ti, Benkwilrdigkeiten aus dcr christlichen Arcluvologle, X, p. 311-420; Binterim, Die vorziiglichsten Denkwiirdigkeilen der chisikatholischen Kirche, II, 2« part., p. 589 ss.: V, 2^ part., p. 3 ss.; Alt, Der christliche Cultus^ p. 518 ss.; Liemke, Die Oiindrngesimalfasten der Kirche, Munich, 1853. EuG. Picard.
JEUX (chez les Hébreux). A part les jeux des enfants dans les rues et sur les places publiques (Zach. VÏII, 5; Matth. XI, 16), parmi lesquels il faut citer celui des oiseaux apprivoisés, attachés à une ficelle (Job X, 4. 24) , l'antiquité hébraïque ne mentionne aucun jeu de société , pas môme le jeu de dés, si connu et si répandu dons le monde ancien. Dans les banquets et les fêtes, les jeunes gens faisaient de la musique, chantaient et dansaient (Exode XV, 20; Juges XI, 34; 1 Sam. XVlll, 0; Ps. XXX, 12; Es. V, 12), et s'exerçaient surtout, comme c'était la coutume de l'Orient, à
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deviner des énigmes. Les exercices corporels n'étaient pas négligés; les jeunes gens exerçaient leurs forces en soulevant ou en lançant des pierres d'un fort calibre (Zachar, XII, 3), ou bien ils tiraient à la cible (1 Sam. XX, 20), ou bien ils se distançaient à la course (2 Sam. I, 23). Il est plus que douteux que le passage d'Esaïe XXII, 18 se rapporte au jeu de la balle, quoique ce dernier fût connu des Egyptiens, mais il est. certain que, d'après 2 Macb. IV, 14, les Israélites connaissaient le jeu du disque, qui avait été introduit par les grands prêtres, favorables aux idées grecques. Les rois de la famille d'Hérode firent bâtir à Jérusalem, et dans d'autres villes de la Palestine, des théâtres et des amphithéâtres, dans lesquels on organisait de magnifiques fêtes en l'honneur des vainqueurs. Mais il est peu probable qu'on y ait représenté des drames, quoique certains Juifs aient paru comme mimes, en public, en dehors de la Palestine. Quant aux jeux des Grecs, les fréquentes allusions de saint Paul (1 Corinth. IX, 24-27 ; 2Timoth. II, 5, etc.) prouvent qu'ils étaient connus, du moins parmi les Juifs helléniques. On ne saurait toutefois inférer de 1 Corinth. XV, 32 et Actes XV que les combats avec les bêtes féroces aient été en usage dans les amphithéâtres de la Palestine. A l'époque talmudique, le jeu des dés, peut-être d'origine égyptienne, était en usage parmi les Juifs ; on y jouait même à un certain jeu de cartes dont on ne saurait plus aujourd'hui reconnaître le caractère précis; mais les rabbins s'accordent à condamner le jeu intéressé ; nous en voyons la preuve la plus évidente dans la défense faite aux joueurs de dés de comparaître en justice comme témoins. — Sources : Wagenseil, De Ludis Hebrseorum^ Allorf, 1697 ; de Wette Archéologie', Q\hon, Lexkonrabbinicxim, E. Scoerdlin.
JEWKL (Jean\ prélat anglais, né le 24 mai 1522, à Buden, dans le Devonshire, mort le 21 septembre 1571. Après avoir fait de très bonnes études à Oxford, il prit, en 1551, le diplôme de bachelier en théologie. Il fut l'ami et le disciple de Pierre Martyr, et l'appuya de la parole et de la plume. Sous le règne de Marie ïudor, il se réfugia à Francfort, puis -à Zurich, et ne rentra en Angleterre que sous Elisabeth, en 1558. En 1559, il fut appelé au siège épiscopal de Salisbury, et y fut un exemple de charité et d'austérité. Il se dévoua entièrement à l'instruction religieuse et morale du peuple. « Un évoque doit mourir en chaire, » disait-il. On a de lui de nombreux sermons et quelques ouvrages d'apologétique.
JÉZABEL [Izèbèl ; 'hCaê/lXj, fille d'Ethbaal, roi de Tyr et de Sidon, ancien prêtre d'Astarté(Josèphe, Con/ra Apion.j 1, 18), épouse d'Achab, roi d'IsraOl, qui régna de 917 à 897 av. J.-C. (1 Rois XVI, 31). Elle introduisit en Israël le culte des divinités phéniciennes, persécuta et fit mettre à mort les prophètes du vrai Dieu (1 Rois XVIII, 4. 13), et se complaisait dans les meurtres (1 Rois XXI, 5 ss.). La résistance courageuse d'Elie et la. haine qu'il avait vouée à cette princesse cruelle et impie sont bien connues, ainsi que la fin tragique que lui fît subir Jéhu, en la faisant jeter par les fenêtres de son appartement, et en laissant dévorer son corps par les chiens errants (2 Rois IX^
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30 ss.; cf. Apoc. II, 20). — Voyez Jablonski, De Jezabele Thyatirenor, PseudO'prophetissa, Frcf. a V., 1739.
JEZRAEL. Voyez Esdrélon,
JOAB [Yoâb], célèbre guerrier, était fils de Sarvia, sœur de David, et frère d'Abisaï et d'Azaël (1 Chron. II, 16). Il commanda en chef les armées de David (2 Sam. VIII, 16; XX, 13), qui avait su apprécier de bonne heure ses talents militaires (2 Sam. II, 13 ss.), et qui lui confia la plupart des expéditions entreprises sous son règne et couronnées d'un rare succès (2 Sam. X, 7 ss.; XI, 1 ; 1 Rois XI, 13; cf. 1 Sam.
XVIII, 2). Joab se signala, en particulier, dans te combat de Gabaon contre Abner, chef du parti d'Isboseth, fils de Saiil, dans les guerres contre les Syriens, les Iduméens et les Ammonites. Lors de l'insurrection qu'Absalon fomenta contre David, Joab lui resta fidèle, battit Absalon, et le tua de sa propre main malgré la défense formelle du père (2 Sam. XVIII). Mais, dans les dernières-années du règne de David, ofl*ensé de .la préférence accordée par le roi à Araasa (2 Sam,
XIX, 13), Joab se rattacha au parti du prétendant Adonia (1 Rois I, 7. 19. 41 ; II, 22), et fut, d'après le conseil même de David, tué sur les ordres de Salomon, dès son avènement au trône (1 Rois II, 5. 29 ss.). Joab a laissé la réputation d'un général habile et vaillant, mais cruel et impérieux.
JOAGHAZ [Yehoâkhâz; 'Iwdt-xaC]. — 1® Joachaz, fils et successeur de Jéhu, roi d'Israël, régna pendant dix-sept ans (836-840 av. J.-C), et subit les attaques victorieuses des Syriens, qui amenèrent le royaume d'Israël à deux doigts de sa perte (2 Rois XIII, 1-9). — 2° Joachaz, fils et successeur de Josias, roi de Juda, monta au trône à l'âge de vingt-trois ans ; mais, au bout de trois mois déjà, il fut déposé par le roi d'Egypte Néchao, et conduit prisonnier en Egypte, où il mourut (2 Rois XXUI, 30-34; 2 Ghron. XXXVI, 1-3; cf. Josôphe, Anliq,, 10, 5.2). D'après Jérémie (XXII, 11), il porta le nom deSeUum ou Scliallum, qu'il échangea sans doute contre celui de Joachaz, lors de son avènement au trône.
JOAGHIM [Y o i â k i m ; 'Iwaxia], fils aîné de Josias, roi de Juda, avait vingt-cinq ans lorsqu'il fut placéjsur le trône par Néchao, roi d'Egypte. Il s'appelait Eliacim (2 Rois XXIII, 34; 2 Chron. XXVI, 4). Son règne dura de 611 à 600 av. J.-G. Jusqu'à la bataille de Gircesium, en 607, il demeura le vassal de Néchao, et dut lui payer un fort tribut, ce qui, concurremment avec les constructions dispendieuses qu'il entreprit, excita le plus vif mécontentement parmi le peuple (2 Rois XXIII, 33 ; Jér. XXII, 13 ss. ; XLVI, 2). Nabuchodonosor, roi de Babylone, étant entré dans la Judée, la soumit, et condamna Joachim à lui payer un tribut annuel. Au bout de trois ans, le roi de Juda tenta de secouer le joug. D'après le livre des Rois (2 R. XXIV, 1 ss.), Nabuchodonosor envoya une armée contre lui, le vainquit, mais le laissa mourir tranquillement sur son trône, et ne s'empara de Jérusalem que sous son successeur. D'après les Chroniques au contraire (2Gh. XXXVI, 6 ss.), le roi de Ghaldée entra encore du vivant de Joachim dans Jérusalem, filiale temple et emmena le roi, avec beaucoup de ses sujets, captif