‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 71 sur 170 · JOB — JOËL · texte numérisé non relu

JOB — JOËL

Job circulait déjà à cette époque; les rudiments de sa légende existaient sans doute à l'époque d'Ezéchiel (Ez. XIV, 14). Pour trouver une philosophie aussi désespérée que celle qui éclate dans le poème proprement dit, il nous faudra descendre plus bas, à une époque qu*il est d'ailleurs impossible de préciser; nous imaginons difficilement un pareil état d'esprit avant le quatrième ou le troisième siècle. Les discours de Jahveh enfin et ceux d'Elihu sont plus récents encore. Le livre de Job appartient par son esprit aux productions les plus jeunes de la littérature israélite, comme il y appartient par sa place dans la bible hébraïque. C'est par une singulière illusion qu'on a voulu en faire le témoin d'un état religieux primitif, et nous ne comprenons pas davantage qu'on veuille le placer aux environs de la grande époque du prophétisme. M. Renan, qui s'arrête à ce moyen terme, recommandé aussi par M. Reuss, avoue que « si on ne suivait que les indices tirés de la grammaire, on serait tenté de le rapporter aux derniers temps de la littérature hébraïque » {Etude sur le livre de Job, p. XXI). Le livre de Job n'appartient pas à l'inspiration prophétique, si ferme et si simple dans sa croyance, dont les documents proviennent des huitième, septième et sixième siècles; il n'appartient pas davantage à l'école sacerdotale et juricjique qui brilla lors de la restauration de Néhémie et d'Esdras. Tout indique qu'il faut le placer à l'époque où la réflexion philosophique prit sa place dans la préoccupation juive, tournée jusque-là vers des objets plus simples et plus pratiques. — Voyez Renan, Le livre deJob^ traduit de l'hébreu, 1859; les traductions et commentaires de Delitzsch(1864), Dillmann (1869), 3ierx (1871), Hitzig (1874) ; Reuss, Philosophie religieuse et morale des Hébreux, 1878. Maurice Vernes.

JOCH (Jean-George) [1685-1731], disciple de Spener, né à Rottenbourg,sur la Tauber,fut successivement surintendant et directeur du gymnase à Dortmund, desservantd'une église et professeur de théologie à Erfurt, enfin professeur ordinaire de théologie à Wittemberg. Attaché avec ferveur à la tendance piétiste, il combattit pendant toute sa vie la sécheresse dogmatique et l'humeur batailleuse de ses collègues luthériens, en enseignant la nécessité d'une régénération personnelle et la tolérance confessionnelle. Outre un grand nombre de Thèses, on a de lui une dissertation, De Palribus prinniivx Ecclesix, et specialim Ignaiio, non faveniibus meriio bonorum operum, ainsi que deux traités De pœniientia regeniiorum et De Spiritu attico.

JOËL, fils d'un certain Petouôl, qui est totalement inconnu, prophétisa à Jérusalem à l'occasion d'une sécheresse accompagnée d'une invasion de sauterelles. Son livre peut se diviser en trois parties : 1" Un discours prononcé pendant l'invcision de sauterelles pour exhorter le peuple à s'humilier devant Dieu et à implorer par un jeûne solennel la cessation du fléau ;I-II, 14); 2° le récit du jeûne et de l'humiliation du peuple (II, 15-18); 3"* un second discours promettant au peuple les bénédictions temporelles et spirituelles de Jéhovah (II, 19-1 V, 21). Il est vrai que les v. 15 et 16 du ch. II sont vocalises de telle façon qu'ils paraissent faire partie du premier dis-

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