JOIE
JOIE. La joie est la satisfaction que l'âme éprouve lorsqu'elle possède un bien actuel, ou qu'elle est assurée d'un bien futur. Le désir de la joie est naturel et universel, mais la joie réelle et profonde est rare ; la vie est pleine de déceptions, môme pour les heureux de ce monde (Ecclés. II, 1, 11), et rien ne laisse le cœur plus triste que les joies futiles et fragiles par lesquelles l'homme cherche à tromper ses besoins (Prov. XIV, 13). Aussi les divises re- . ligions et les diverses écoles morales se sont-elles proposé de surmonter le mal et la souffrance et de procurer à l'homme la joie qu'il cherche. Le christianisme seul y est parvenu, parce que seul, il a posé le point de départ de la véritable joie, en apaisant d'abord les angoisses de la conscience. Depuis que le péché a troublé l'humanité, la joie n'y germe plus comme un produit spontané ; il faut que la détresse de l'âme soit préalablement surmontée ; le pécheur ne peut être heureux qu'à la condition d'être consolé. Or, le christianisme, préparé par l'ancienne alliance et réalisé en Jésus-Christ, est la consolation suprême. L'Ecriture sainte, en proclamant la miséricorde divine envers les pécheurs, en racontant comment la vie divine a progressivement pénétré la vie humaine, ouvre à tous une source intarissable de joie. Les plus misérables ont de quoi se réjouir en l'Eternel (Es. XXIX, 19). Cette joie domine et enveloppe la vie entière; elle est intime, pleine de saveur et toujours renouvelée, parce que c'est une joie pure et de bon aloi qui ne cache aucune racine d'amertume, le passé accusateur ayant été entièrement liquidé (Rom. VIll, 1). Aussi l'Ecriture sainte, pour qui sait la comprendre, est-elle, d'un bout à l'autre, un message de joie. Dieu veut être lui-môme la souveraine joie de ses créatures morales (Es. LXI, 10; Luc l, 47). Depuis le jour où, contemplant son œuvre, il vit qu'elle était très bonne (Gen. I, 31}, jusqu'à celui où, les temps étant accomplis, on verra descendre du ciel la Jérusalem nouvelle, resplendissante de la gloire de Dieu (Apoc. XXI, 10), la joie est le dort de Dieu (Job VIII, 21 ; Ps. IV, 8; Jacques 'l, 17). Le servir, loin d'être un fardeau, est la joie de l'âme. Le lieu de sa demeure, Sion, est le sanctuaire de la joie (Ps. XLVIIL 12; CXXXVII, 6). La nature elle-même est invitée à s'associer àla joie du peuple de Dieu (Es. XLIV, 23; LV, 12). Celui-ci, même aux heures les plus sombres de son histoire, a toujours vu des hommes de Dieu se lever parmi leurs frères pour leur dire: « La joie de l'Eternel est votre force » (Néh. VIII, 10). Le lien entre la force et la joie est encore exprimé 1 Chron. XVI, 27. -^ il n'est point d'époque de la vie des Israélites où les chants de louange et d'actions de grâces soient absents ; la forme en est variée, mais chez tous les chefs du peuple le sentiment est le môme : chez Moïse (Ex. XV, 1. 20 ; Deutér. XXXII, 1-29), chez Déborah (Juges V, 1-3; 9-12), chez Anne (1 Sam. II, 1), surtout chez David et les autres psalmistes, dont les chants sont, pour la plupart, inspirés parla reconnaissance et l'allégresse (Ps. XXIII, XXXIV,CI1I, GXIII, CXLV-CL, etc), chei Ezéchias(Es. XXXVIll, 15-20), chez les prophètes, qui annoncent et décrivent, dans un sublime langage, l'ère messianique avec son incomparable beauté et ses