JOIE — JON
joies ineffables (Es. XL-LXVI ; LXV, 18). — Quand les temps furent accomplis, Jésus vint au monde, et sa naissance fut un grand sujet de joie pour le peuple d'Israël d*abord (Luc II, 10), puis pour toute JIiumanité'(JeanI, 16), puisqu'elle inaugure le règne de l'Evangile qui est la « bonne nouvelle » par excellente. Dans sa vie, Jésus, bien qu' « homme de douleur, » a connu la joie (Luc X, 21), au point de souhaiter à ses disciples, comme la condition et la garantie d'une joie accomplie, « sa propre joie » (Jean XV, 11 ; XVII, 13), appelée ainsi, dit Caltin, « pour ce qu'elle nous est donnée de lui,, car il en est auteur et cause. » S'il la donne, c'est qu'il la possède. En efl'et, tout lecteur attentif des évangiles est frappé de la vaillance morale, du saint enthousiasme qui paraissent dans tous les actes comme dans tous les discours de Jésus. Il est absolument exempt des hésitations douloureuses qui nous affaiblissent, et surtout de cet égoïsmc qui est la vraie source de nos tristesses. Jésus a le sentiment distinct qu'il accomplit à [chaque moment et complètement l'œuvre que, dans ce moment là, le Père lui a donnée à faire (Jean XVII, 4). On ne saurait découvrir une source de joie plus abondante que ce parfait accord entre la vocation et la vie, entre ce qui doit être et ce qui est. Les disciples de Jésus, bien que persécutés et environnés de périls, furent néanmoins, suivant la promesse de leur Maître (Jean XVI, 22), remplis de joie (Actes V, 41 ; XIII, 52). Telle était la joyeuse assurance de l'apôtre Paul, qu'au milieu de calamités sans nombre (Rom. VIII, 35. 36), il se considère comme. « plus que vainqueur )>, parce que rien au monde, ni la mort, ni la vie, ne pourra le séparer de l'amour de Dieu, en Jésus-Christ (v. L37-39 ; 2 Cor. VI, 10 ; VII, 4 ; Phil. II, 17). Jacques invite ses lecteurs à regarder leurs afflictions mômes comme une joie (I, 2). — Il en est de môme des chrétiens dans tous les temps: ils se savent « enfants et héritiers de D.ieu » (Rom. VIÏI, 16. 17) ; l'esprit filial a remplacé en eux l'esprit de servitude (Rom. VIII, 15; Eph. III, 12; Hébr. IV, 16). La 'joie étant un fruit de la foi (2 Cor. L 24; Phil. 1, 25 ; 1 Pierre I, 8), un signe de la présence de l'esprit de ' Dieu dans le cœur (Rom. XIV, 17; Gai. V, 22), elle est plus qu'un privilège,' elle est un devoir positif pour les chrétiens (Phil. 111,1; IV, 4; 1 Thés. V, 16). La certitude du pardon (Rom. VIII, 1), l'union avec le Seigneur (Jean XV,5), l'attente d'une rédemption accomplie (Rom. VllI, 18-21 ; 1 Jean III, 2), la gloire du ciel (Matth. V, 12 ; XXV, 21. 23), les prières exaucées (Jean XVI, 24), la conversion des pécheurs (Luc XV, 7, 10 ; Actes. XV, 3), les progrès des croyants (3 Jean 4),la participation fraternelle àla joie d'autrui (Rom. XII, 15), autant de sources de joie ouvertes au fidèle. La joie, tel est donc l'état normal du chrétien (1 Jean I, 4) ; elle est semée d'avance sur la route de ceux dont le cœur est droit (Ps. XCVII, 11). L'état contraire accuse ou la bonté ou la puissance de Dieu, qui nous donne la victoire sur la mort, le péché et la douleur. Jean JHonod.
JOJâGHIN. Voyez Jèchonias,
JOJAKIM. Voyez Joachim.
JÔN (Du). Voyez Junius,
JONAS (Yônâh \ La collection des douze petits prophètes nous offre sous ce nom quelques pages, qui se trouvent placées entre Abdias et Michée: mais ces pages se distinguent de leur entourage en ce qu'elles contiennent, non des oracles, mais un récit dont vofci la substance. Jonas est envoyé par Jahveh à Ninive pour avertir la population des maux réservés à ses crimes ; il se dérobe à cet ordre et s'embarque sur la Méditerranée avec l'intention de gagner les régions de l'ouest (Tarsis). Jahveh soulève une violente tempôte ; Jonas doit reconnaître qu'il a attiré ce danger sur l'équipage par sa résistance aux ordres divins et se fait jeter à la mer. Englouti par un poisson gigantesque, il y fait un séjour de trois jours et trois nuits, après quoi Jahveh donne au poisson l'ordre de rejeter le prophète sur le rivage. Jonas obéit donc à une seconde sommation et se décide à aller àNinive, où il adresse à la population cet avertissement redoutable : Dans quarante jours Ninive sera détruite ! Les habitants de la grande ville, a depuisles plus grands jusqu'aux plus petits » et y compris le roi lui-môme, répondent à cet appel par les marques du plus sincère repentir, ce qui leur assure le pardon céleste. Le seul qui proteste, c'est Jonas lui-môme, mécontent des résultats de sa prédication. Il s'adresse à Jahveh pour lui reprocher son indulgence. Là-dessus. Jonas s'en étant allé camper aux environs de. Ninive, Jahveh le meta l'abri de l'ardeur du soleil par le moyen d'une plante au large feuillage (un ricin) qu'il fait croître rapidement. Jonas éprouve une grande satisfaction, bientôt changée en désolation. Dieu fait périr en effet le ricin aussi rapidement qu'il l'avait fait croître, et accable Jonas par un vent brûlant. Celui-ci tombe de nouveau dans le désespoir. C'est alors que Jahveh apparaît une dernière fois pour tirer de tous ces événements une conclusion : « Tu as pitié du ricin qui ne t'a coûté aucune peine... Et moi je n'aurais pas pitié de Ninive, la grande ville, dans laquelle se trouvent plus de cent vingt mille hommes qui . ne savent pas distinguer leur droite de leur gauche et des animaux en grand nombre. » Le livre se termine par ces mots, qui en expriment très clairement le sens. — On voit par cette analyse que le livre de Jonas a été placé bien mal à propos dans la collection prophétique. « C'est parce qu'ils n'ont tenu aucun compte ni du fond, ni de la forme de cet opuscule, dit M. Reuss, (jue les docteurs de la synagogue lui ont assigné cette place et que les' théologiens de l'Eglise l'y x)ut laissé. Il n'a rien de commun avec les œuvres des, prophètes, qu'on le considère au point de vue de sa nature ou de son antiquité, de son esprit ou de sa méthode. » Il est d'ailleurs bien aisé de démêler la pensée de l'auteur. Sous la forme d'un apologue ou d'une fable, dont la naïveté populaire nous amuse, il émet une pensée libérale et élevée, il proteste contre l'étroitesse d'un grand nombre de ses coreligionnaires qui voulaient réserver pour les Juifs toute l'indulgence de Dieu et toute sa' sévérité pour les païens. Jonas représente le point de vue d'un particularisme égoïste. Ses efforts pour se dérober à la mission dont il redoute, non l'échec, mais au contraire le succès, sont dépeints avec une bonhomie assez réussie ; sa mauvaise humeur
après révénement, le ton bourru avec lequel il répond au Tout- Puissant forment un petit tableau digne de devenir bientôt populaire. Sous ce vêtement naïf l'appel à l'indulgence devait se faire compren- .dre sans peine de ceux auxquels l'auteur destinait son travail. Celui-ci avait pris dans Jes Rois (2 R. XIV, 25) le nom d'un ancien prophète dont il n'était fait qu'une simple mention. Son goût pour l'antiquité se trouve aussi dans le choix de Ninive, qui appartenait au passé le plus reculé. Pour trouver l'état d'esprit qui a pu être favorable à l'éclosion du conte de Jonas» il faut descendre fort bas, sans doute jusqu'au troisième siècle avant l'ère chrétienne, oii le cofttact avec les populations étrangères provoquait la réilexion sur les dispositions de Dieu à l'égard des païens. On croit sentir ici comme un souflle d'hellénisme. — Une main maladroite a intercalé (ch. II) un psaume qui rompt la trame du récit. — La présence du conte moral de Jonas dans la collection des prophètes, en nous interdisant de descendre plus bas qu'une certaine époque dans la fixation de la date de sa composition, jette d'autre part un jour singulier sur les principes qui dirigeaient les personnes chargées du soin si grave dégrouper les productions du passé dignes d'une vénération spéciale. — Voyez, dans la Bible dc^Reuss, le volume intitulé Philosophie reliffieuse el morale des Hébreux^ p. 561-579. M. Vernes.
JONâS (Juste), ami et compagnon d'œuvre de Luther. Jodocus ou Justùs Jonas est né à Nordhausen en 1493. Après de fortes études en droit et un voyage en Hollande auprès d'Erasme, pour les écrits duquel il éprouvait une vive admiration, muni du diplôme de inacjisier ariium et de docteur utriusquejuris, il prit la résolution d'ékidier la théologie (1519). L'impression que fit sur lui Luther ne fut pas étrangère à cette détermination. A partir de 1521, nous le voyons dans les rapports les plus intimes avec le réformateur saxon, malgré les énergiques tentatives d'Erasme de l'entraîner dans une voie différente. Jonas accompagna Luther à Worms, et fut nommé bientôt après premier pasteur de l'égUse collégiale de Wittemberg. Le 14 octobre de la même année, il fut promu au grade de docteur en théologie. Il prêchait et professait avec un égal succès, prenant sa large part à l'œuvre de la traduction de la Bible, de la rédaction des Catéchismes, des incessantes controverses contre Rome et les sçctaires. Il assista à toutes les négociations importantes où se débattait la cause de la Réforme, et mit à son service, avec un dévouement infatigable, sa science si sûre de juriste et son. rare talent oratoire. En 1529, nous trouvons Jonas à Marbourg , en 1530 à Augsbo\irg, en 1538 à Francfort; en 1541, il introduisit la Réforme à Halle; en 1545, il assista à la mort et aux funérailles de Luther. Le duc Maurice de Saxe exigea, en 1546, réloignement de Jonas de Halle ; dans les dernières années de sa vie, il remplit successivement les fonctions de prédicateur de la cour à Cobourg (1551), et de surintendant à Eisfeld (1553), oii il mourut en 1555. — Voyez L. Reinhard, Commentatlo- kistorico-iheologica de viia etobituJusU Jonœ^ Weimar, 1731 ; Knapp, Narralio de JusioJonn, Halle, 1817 ^t 1823, et sa correspondance avec Luther.
JONAS (Louis), pasteur et prédicateur allemand, l'un des disciplesles pliis fidèles et les plus distingués de Schleiermaçher, né le 41 février 1797, à Neustadt, dans le Brandebourg, suivait à Berlin renseignement du gymnase de Joachimsthal, lorsque s'ouvrit la campagne de 1815. Saisi de la môme patriotique ardeur qui remplissait tous sescondisciples, le futur pasteur assista comme volontaire dans un régiment de chasseurs aux batailles de Ligny et de Waterloo, après quoi il revint s'asseoir sur les bancs de la faculté de théologie pour entendre les cours de Neander, de de Wette, de Schleiermaçher. La solidité de ses convictions et Taménité de son caractère lui valurent la confiance de ces deux derniers maîtres, co'mme l'atteste, au moment de partir pour l'extl, la correspondance de de Wette (lettres du 7 novembre 1819 et du 1" avril 1821). A dater de 1819, Jonas fut successivement attaché comme professeur à la m*aison des cadets de Berlin et à l'orphelinat militaire de Potsdam.; en 1823, il quitta le dernier de^ ces postes pour occuper une place de pasteur à Schwerinsbourg, dans un district reculé de la Poméranie. Sa vigoureuse intelligence profita de la solitude pour se livrer à une méditation approfondie du système de Schleiermaçher, dont elle saisit les idées maîtresses, et qu'elle s'assimila dans toutes ses parties. Ce fut également pendant ce séjour, en 1829, que Jonas entra dans la famille de son patron ecclésiastique, le comte Schwerin, par son mariage avec la comtesse Elisabeth, et devint ainsi le beau-frère du futur ministre de Frédéric- Guillaume IV et l'allié de Schleiermaçher. Le 1" janvier 1833 lui étaient dévolues, à Berlin, dans l'église Saint-Nicolas, les fonctions dont il s'acquitta jusqu'à sa mort (1839) avec une infatigable sollicitude. Le secret de Tinfluence extraordinaire exercée par Jonas réside dans sa haute valeur morale, la noblesse de son caractère, sa fidélité aux principes, unie à sa bienveillance pour les individus, son parfait désintéressement. Dans une période et sous un régime peu favorables au développement des personnalités, il fut, dans l'acception la plus élevée, un homme et un chrétien. Sa sphère d^' action s'étendit bien au delà des limites d'une paroisse déterminée, et embrassa tous les protestants affranchis du joug de la formule, tous ceux qui, s'appropriant la distinction fondamentale établie par Schleiermaçher entre la foi et la science, voulaient vivre de l'Evangile sans abdiquer leur liberté intellectuelle. La prédication de Jonas, trop élevée et peutêtre aussi trop didactique pour un auditoire ordinaire, se distinguait par la richesse des idées et la justesse des- expressions ; quoiqu'elle se tînt habituellement' dans les régions tempérées, et préférât instruire plutôt qu'émouvoir elle atteignait, sans effort, quand les circonstances l'y portaient, la plus virile et la plus cordiale éloquence. Si nous voulons résumer les idées maîtresses de cette carrière si bien remplie, nous dirons que Jonas vit dans le christianisme une religion éminemment progressive, ne craignit pas vis-à-vis des prétentions de l'orthodoxie confessionnelle de développer les principes posés par les Réformateurs, et travailla à la distinction toujours plus franche du spirituel et du temporel, à l'indépendance toujours plus.
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complète de l'Eglise vis-à-vis de TEtat, dans un pays ou leur confusion portait pour Tun et Tautre des fruits amers. Profondément convaincu de Texcellencede rUnioH, il la défendit contre les déclamations et les intrigues des ultra-luthériens dans la société de Gustave-Adolphe, dont il fut en Prusse un des plus.z^lés promoteurs, dans la société pastorale de la Marche de Brandebourg, qu'il présida jusqu'à sa mort, et qui plus tard, et à cause de la démission de ses membres évangélîques, forma le noyau de l'Union protestante, dans la Feuille men^ stielle pour l* Eglise unie^ qui prit par la suite le nom de Gazette protestante [Protestar\tische Kirchenzeitwig), et à la rédaction de laquelle il imprima une ligne de conduite remarquable par sa fermeté et sa largeur. Malgré sa modestie, il n'hésita pas, lorsque l'influence de Hengstenberg fut prédominante au ministère dos cultes et menaça de saf)er les bases essentielles de toute Eglise protestante, à accepter la mandât que lui offraient ses amis politiques, et à.représenter dans les assemblées parlementaires une circonscription de Berlin (Assemblée nationale, 1848 ; Chambre des députés, 1868). L'attachement de Jouas pour Schleiermacher se traduisit d'une manière durable par un monument pour l'érection duquel il déploya autant de vigueur que de sagacité, l'édition définitive des œuvres du grand théologien, dont il fut l'âme et l'inspirateur, et pour laquelle il dçnna, en 1833, les Discours et dissertations philosophiques, en 1839 la Dialectique, en 1843 la'MoralCy en 1858 la première partie delà Correspondance, — Voyez H. Krause, Protestantische Kirchenzeitung^ 1859, n° 52.
E. Stroehlin.
JONATHAN[Yehonâthân;Yonàthan].— 1« Jonathan, fils deSaul, commanda avec succès un corps de troupes dans la guerre contre les Philistins (1 Sam. XllI, 3) et se lia d'une noble, tendre et constante amitié avec le jeune David (1 Sam. XVlll, 1 ; XX, 1 ss. ; XXIll, 18). 11 trouva la mort dans le combat de Gelboé, aux côtés de son père (1 Sam. XXXI, 5 ss.).— 2"» Jonathan, fils de Gersam, fils de Moïse, lévite, s'arrêta à Laïs, dans la maison de Mica, pour sacrifier à une idole que cet homme s'était faite. Lorsque cette idole fut enlevée par des hommes de la tribu de Dan, Jonathan les suivit pour continuer son ministère (Juges XVIIl, 30). On a prétendu que ce fut l'origine de l'idolâtrie établie dans les dix tribus par le roi Jéroboam. — 3" Jonathan, surnommé Apphus ('ATTtpouç, dissimulateur), fils du prêtre Mattathias (i Mach. 11, 5), commanda, après la mort de son frère Judas, les Juifs patriotes soulevés contre les Syriens (1 Mach. IX, 28 ss.).
JONGODRT (Pierre de), prédicateur distingué, né à Clermont en Beauvoisis et retiré dans les Pays-Bas avant la Révocation, était pasteur à Middelbourg en 1678.11 fut élu secrétaire du synode wallon de Rotterdam, en 1686, et servit l'église de La Haye de 1699 à 1715, date de sa mort. Ses collègues, Signard et Duvelaer, ayant violemment attaqué un sermon prononcé par lui en 1695, le synode de Berg-op- Zoom (1697) l'invita, sans toutefois porter atteinte à l'honneur de son ministère, à se conformer aux termes de la confession de foi et du catéchisme, et à ne plus enseigner « que les sacrements ne sont pas
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des sceaux efr des gages, ou qu'ils ne sont que des sceaux et des gages médiats de la grâce ». Le consistoire de Middelbourg protesta contre cette résolution qu'il jugeait trop ^ouce, si bien que la guerre durait encore en 1698. Le meilleur ouvrage de Pierre de Joncourt a pour titre. : Entretiens sur les différentes jnélho des iT expliquer l'Ecriture et de prêcher de ceuxquon appelle cnccciens et voetiens dans les Provinces- Unies, Amsterdam, 1707, in-12. Il y combat l'interprétation allégorique, que Cocceius avait poussée à ses dernières limites, et grâce à laquelle il était tombé dans la « typomanie », voyant partout dans l'Ancien Testament des types figuratifs du Christ et de la nouvelle alliance. Les coccéiens répondirent, et, dans l'ardeur de la lutte, de Joncourt laissa échapper, contre Cocceius, quelques expressions que le synode de Nimèguc (1708) l'obligea de rétracter publiqueraenl. Ses Lettres critiques sur divers sujets importants de V Ecriture sainte. Amsterdam, 1715, in-12, n'offrent qu'un médiocre intérêt. On sent trop, en les parcourant, que la véritable critique n'était pas encore née. — Voir les Actes du synode wallon; la lettre de Duvelaer aux conducteurs de l'Egl. wall. et la réponse de De Joncourt, 1697; Eug. Haag, Hist, des dogmes, Paris, 1862, in-8\ 0. Dolex.
JOPPÉ [lâpho; 'lo^r^Ti; aujh. Jaifa], ancienne ville des Philistins, sur la frontière de la trilju de Dan (Jos. XIX, 46), près de la mer Méditerranée, avec un port célèbre (2 Chron. 11,16; Jon.I, 3; Esdr. 111,7; 1 Mach.XlV,5;2 Mach.Xll,3 ss.;cf. Josèphe,i4m., 13,9. 2), dans une plaine à l'extrémité occidentale delà grande route qui mettait Jéru^ialem en communication avec la mer. Les princes machabéens Jonathan et Simon l'enlevèrent aux Syriens et la fortifièrent. Pompée la rattacha de nouveau à la Syrie, mais César la rendit au roi juif Hirkan d'où elle passa sous la domination d'Hérode le Grand et d'Archélaus, à la mort duquel elle revint à la Syrie. Elle fut détruite par le général romain Cestius; puis rétablie, habitée par des pirates juifs, rasée une seconde fois par Vespasien. pour être de nouveau réédifiée après lui. C'est à Joppé que le roi Hiram faisait porter par mer les cèdres du Liban, qu'on conduisait ensuite par terre à. Jérusalem, éloignée de dix lieues à peine. Ce fut là aussi que le prophète Jonas s'embarqua. Pierre y séjourna et y rendit la vie à Tabitha (Actes IX, 36; X, 5; XI, 5. 13j. Joppé devint, dans le cinquième siècle, ville épiscopale de la première Jérusalem, sous la métropole de Gésarée. Elle a eu trois évoques orientaux, dont le premier, Fidus, siégeait en 413; elle a eu en outre trois évoques latins, dont le premier est Guy de Nimars, mort en 1524. Jaffa est aujourd'hui un bourg de 7,000 habitants où abordent ordinairement les pèlerins d'Europe lorsqu'ils se rendent dans la Terre sainte.
JORAM [lehorâm, 'Iwpaa]. — 1° Joram, fils d'Achab, roi d'Isra&K succéda à son frère Ochozias, mort sans enfants (896-884 av. J.-C.).Il rétablit le culte des veaux d'or, fit la guerre aux Moabites, et eut pour allié Josaphat, roi de Juda (1 Rois 111, 6 ss.). Il fut aussi en guerre avec Bénadad, roi de Syrie, qui vint assiéger Samarie, et cette ville fut bientôt en proie à une épouvantable famine (2 Rois VI,