JORAM — JORDAN
24 ss.). Mais le bruit de l'approche des Egyptiens le détermina à lever le siège. Dans une nouvelle expédition contre les Syriens, Joram fut gravement blessé, et bientôt après assassiné par son général Jéhu, que le prophète Elisée avait sacré roi en secret à Jesrefil (2 Rois IX; 2 Ghron. XXII, 5 ss.). — 2*» Joram, fils et successeur de Josapbat, roi de Juda, fît périr ses frères et les principaux fonctionnaires du royaume. Il épousa Athalie, fille d'Achab, e.t força ses sujets à sacrifier sur les hauts lieux. Il eut à repousser les incursions des Arabes et des Philistins qui ravagèrent la Judée (2 Rois VIII, 16 ss.; 2 Ghron. XXI, 3 ss.).
JORDAN (Camille), né à Lyon [1771-1821], écrivain politique et bon orateur, trouva plusieurs fois, dans les assemblées, et parut saisir avec empressement l'occasion de mettre son remarquable talent au service soit du clergé catholique, soit, en général, de la religion. Placé d'abord chez les oratoriens, puis mis au séminaire de Saint- Irénée pour terminer ses éludes, il s'était attaché toujours plus étroitement au parti royaliste à chaque nouveau progrès de la Révolution ; aussi dut-il, comme tant d'autres, se réfugier à Tétranger, en Suisse, puis en Angleterre, après avoir pris part à la défense de sa ville natale contre les troupes de la Convention. Dans son exil,, si Jordan ne se rallia pas à la République, il devint du moins libéral, sincère admirateur comme Malouet, Lally-Tolendal, Cazalès, avec lesquels il s'était lié, des Anglais Fox, lord Rolland, ou plutôt de la constitution de la Grande-Bretagne. Quand il put rentrer en France, après le 9 thermidor, il avait renoncé à plusieurs anciens préjugés, et il se déclarait à la fois royaliste et libéral. Cet exil, ses premiers pamphlets, Lettre à M. Lamourette se disant èvtque^ Lyon, 1791; Histoire de la conversion d'une dame parisienne, La loi et la religion vengées, Paris, 1792, in-8°, l'avaient fait connaître. Elu membre du conseil des Cinq- Cents, en 1797, par le département du Rhône, il présenta à cette assemblée le célèbre Rapport sur la police des cultes (séance du 29 prairial an V, 17 juin 1797), dans lequel il démontrait avec force que les religions seules, parlant efficacement de la morale au peuple, peuvent lui imprimer le sentiment de l'ordre, et il contribua à faire révoquer les lois portées contre les prêtres qui avaient refusé le serment. Ce ne fut qu'un début. Condamné à la déportation, au 18 fructidor, il se trouva contraint, pour se soustraire à cette peine, d'accepter un nouvel exil. Pendant ce second voyage à l'étranger, on voit Jordan, comme au cours du premier, étendre ses relations, devenir à Weimar, à Tubingue, l'ami de Wieland, Gœthe, Schiller, Herder, élargir ses vues et- acquérir une instruction toute nouvelle. Sa pensée cesse d'être exclusivement catholique et religieuse pour devenir plus philosophique. 11 adresse au public français une nette et vigoureuse explication, Camille Jordan à sex commettants sur la révolution du 4 septembre 1797, suivie un peu plus tard, lorsqu'en 1800 il a pu rentrer dans son pays, d'un nouvel écrit, le Vrai sens du vote national sur le consulat à vie, in-8^ —L'empire avait pris fin quand Jordan se trouva de nouveau appelé à prendre part, avec Royer-Collard, son ami, aux