‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 76 sur 170 · JORDAN — JORNANDÈS · texte numérisé non relu

JORDAN — JORNANDÈS

débats parlementaires, dans la Chambre des députés, sous la Restauration. Là, pendant quatre années, de 1817 à 1821, époque de sa mort, le nouveau chef de Topposition libérale (il ne put se résoudre à suivre dans leur politique rétrograde les vieux légitimistes] prononça ses meilleurs discours. On suit l'homme aisément du débuta la fin, et le travail, le progrès de la pensée se découvrent sans peine dans cette carrière qui n'est pas longue. Grâce à ses relations avec d'illustres étrangers, à l'amitié dévouée de deux femmes célèbres, M"* de Staël, M"" Récamier, non seulement l'homme politique avait élevé ses vues, mais l'écrivain, Torateur, avait perfectionné son goût. Il y a bien encore, dans ses discours à la Chambre des députés, un peu d'exaltation, une âpreté, une véhémence dans les répliques qui étonnent toujours chez un homme naturellement très doux, mais il n'y a plus cette phraséologie déclamatoire de la période révolutionnaire qu'on pouvait remarquer dans ses premiers travaux, ni cette tournure un peu sentimentale des expressions ou des pensées qui l'avaient fait surnommer Jordan-Cloche dans le conseil des Cinq- Cents. Deux dé ses derniers discours politiques, sa réponse à M. de Ronald, quand il fallut, pour payer les quinze cents millions d'indemnité de guerre à l'armée qui avait ramené le roi, aliéner en même temps une partie des bois de l'Etat et ceux que le clergé réclamait comme lui ayant appartenu avant la révolution, et son plaidoyer éloquent en faveur de la presse au milieu des troubles causés par la mort tragique du duc de Rerri, sont cités et reproduits dans les recueils spéciaux parmi les meilleurs qui aient été prononcés sous la Restauration. Sainte-Reuve a dit que ce légitimiste, ce défenseur de la royauté et de la religion, foncièrement religieux à la vérité, n'était personnellement que spiritualiste et déiste, et qu'il avait avec son pieux ami Matthieu de Montmorency, qui eût voulu l'amener à admettre la nécessité de la révélation, de fréquentes discussions sur la croyance. Est-ce un fait certain ? N'est-ce pas plutôt une de ces vues personnelles glissées assez souvent par le grand critique au milieu d'appréciations plus exactes et mieux justifiées ? On est bien tenté de s'en tenir à cette dernière opinion quand on voit que son affirmation n'est accompagnée d'aucune preuve et qu'il néglige entièrement, dans la suite de son article sur M"» de Staôl et Camille Jordan, cet aperçu qui serait, sauf comparaison, le plus nouveau et le plus original. — Voyez Eloge de Camille JorcUm, par Rallanche, et Lettre par de Gérando, dans le vol. dos Discours au conseil des Cinq-Cents elàk Ckambre des députés, in-8«, éd. de 1826; L Abeille, revue, 1821; iJeW des Dettx-Mondes, l^^'mars 1868. Jules Annoux.

JORIS (David). Voyez Antitriniiaires,

JORNANDËS, ou, d'après les plus anciens manuscrits, Jordanis, célèbre historien du sixième siècle, était Goth de nation. Son grandpère avait été notaire auprès du roi des Alains, Candace, et lui-même, « quoique illettré, avait exercé, avant sa conversion, les mêmes fonctions» {De reb. Goth,, 50) ; mais on ne sait pas à quelle cour. Plus tard, « il se convertit » à l'état monacal et devint e^;isuite évô-

Page 1