‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 90 sur 170 · JOURDAIN · texte numérisé non relu

JOURDAIN

du Jourdain). Cette vallée qui, en quelques endroits, atteint une largeur de plus de deux lieues, formait la frontière occidentale du pays de Canaan (Gen. XXXII, 10; Nombres XXXIV, 11, etc.), et le fleuve lui-môme était sur la limite. Le Jourdain présente cette singularité qu'il n'a jamais pu servir de moyen de communications, à cause de Textrôme rapidité de son cours (supérieure de près de moitié à celle du Rhin, et des deux tiers à celle de la Seine), de ses nombreuses cataractes, de ses gués, et surtout de ses écueils et bancs de sable. La vallée, de trois mille piedsplus basse que la crête des montagnes environnantes, est impropre à l'agriculture, à part quelques oases situées sur les rives mômes du fleuve. Le Ghôr n'a été que très peu habité ; les agglomérations d'habitants se trouvent sur des hauteurs, à cause des ôhaleurs insupportables qui, pendant l'été, régnent sur les bords du fleuve. Aucune grande route de commerce ne passait le long des rives, et les chemins qui croisaient la vallée étaient difficilement praticables, à cause des montées et des descentes perpétuelles. Cela explique pourquoi les nombreux voyageurs qui ont exploré Ja Palestine n'ont que peu visité les bords du Jourdain. Ce n'est qu'en 1806 que Seetzen en a découvert les sources. Robinson et Smith firent les pre- •miers connaître Texistence de trois sources; en 1848, enfin, les voyages du capitaine Lynch donnèrent scientifiquement les rapports des hauteurs, depuis le lac Tibériade jusqu'à la mer Morte. D'après ces données, le Jourdain a trois sources : 1° celle du nord, sortant du pied occidental du mont Hermon, près de Chaçbeiya, à peu près deux mille pieds au-dessus du niveau de la mer. Elle donne naissanceauNahr-Chaçbànî,laplus occidentale des troisbranchesdu fleuve; qui coule rapidement à travers les gorges profondément entaillées du Wàdi-el-ïeim, et se dirige vers la plaine fertile située au pied oriental du plateau galiléen ; 2** au milieu de cette plaine, se trouve la colline volcanique du Tell-el-Kadi, de laquelle sort le bras le plus court, mais le plus riche en eau du Jourdain, celui que Josèphe appelle fxiyfoc 'Itopoavriç et qui porte aujourd'hui le nom de Nahr-Leddân; 3" le bras le plus oriental enfin, le Nahr-Bàniàs vient du mont Bàniàs, douze cents pieds au-dessus du niveau de la mer; il roule une eau claire et limpide. Ces trois fleuves ont un cours extrêmement rapide, parce que le sol s'abaisse en forme de terrasses vers le bassin du lac Ghûleh (voyez l'article lerôm). A deux lieues en amont, le Nahr-Leddàn et le Bâniàs se réunissent d'abord, et, bientôt après, l'affluent du nord vient s'y joindre. Le Jourdain coule ensuite dans la direction du lac Chûleh, dont le niveau n'est plus qu'à quatre-vingt-dix pieds au dessus de la Méditerranée. Au sud du lac Chûleh, se trouve une plaine étroite et cultivée, à travers laquelle passe l'antique roule qui conduisait des pays de l'Euphrate en Egypte. Les deux rives du Jourdain y étaient réunies au moyen d'un pont en basalte, aujourd'hui encore praticable et appelé « le pont de Jacob» (dschisr Benât Yackùb), en amont duquel on trouve encore les ruines du castel construit par Beaudouin IV pour la défense de ce passage. Immédiatement audessous commence la dépression du terrain; le fleuve descend en

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