‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 91 sur 170 · JOURDAIN · texte numérisé non relu

JOURDAIN

écumant, à travers une gorge profonde, pour rejoindre, à trois quarts de lieues en amont du lac de Génézareth, la plaine fertile de Bethsaïda. A son entrée dans le lac se termine son cours supérieur. Le cours moyen et inférieur du Jourdain se trouve entre le lac de Tibériade et la mer Morte ; il traverse cette distance en décrivant d'innombrables méandres, coulant dans une profonde entaille, dont les rives atteignent parfois une hauteur de cent cinquante pieds. Cette circonstance explique pourquoi le Jourdain, malgré la fonte .des neiges, ne dépasse ses bords que dans les endroits les plus bas. Il est biwi « rempli jusqu'à ses bords » (Josué III, 15), mais il ne déborde pas; Teau amenée par les nombreux petits affluents est absorbée en grande partie par les terrains calcaires des deux rives. Ceci explique pourquoi la terrasse inférieure, qui touche immédiatement au fleuve, présente seule une végétation luxuriante. On y trouve des roseaux d'une hauteur peu commune, des tamaris, des platanes et des peu- . pliers. L'Ancien Testament appelle ces rives verdoyantes « la magnificence du Jt)urdain » (Zachar. XI, 3; Jérém. X, 5); elles servaient autrefois de repaire aux lions (Jérém. XL, 19); aujourd'hui on n'y rencontre que des sangliers et qifelqucs rares léopards. La terrasse supérieure, au contraire, est un désert, plus improductif encore dans, le sud que dans le nord, où de nombreuses oasis, comme celles de Succoth et de Jéricho, produisent une belle végétation, grâce à des sources nombreuses ou aune irrigation bien entendue. Au moyen âge, on cultivait dans la vallée du Jourdain de l'indigo, de la canne à sucre et d'autres plantes tropicales. A sa sortie du lac de Tibériade, le Jourdain a une eau claire et transparente, bientôt troublée par le fond argileux sur lequel il roule ses flots, mais l'eau est potable. A quelque distance de là, il est traversé par la route qui, venant de ïibérias, contourne le lac; un pont appelé Dschisres-Semak, d'après un village de ce nom et dont les ruines existent encore aujourd'hui, facilitait les communications ; il y avait d'ailleurs en cet endroit plusieurs gués. Bientôt après les eaux du Jourdain sont alimentées, du côté de l'est, par le Jarmuk, cité dans lé Talmud seulement. Un peu en aval du confluent du Jarmuk et du Jourdain se trouve un nouveau pont (Dschisr el Medschàmiâ), à l'eadroit môme où, probablement, Naôman franchit le fleuve à son retour de Damas (2 Rois V, 14) et que choisit David quand il alla combattre les Araméens (2 Sam. V, 17). En suivant le cours du fleuve, on arrive près du confluent du Jabok (sur la rive gauche) à un autre passage, désigné par les ruines d'un ancien pont romain (Dschisr Dâmieh). Là se trouve l'antique route qui conduit de Sichom, à travers le Ghôr, à Ramoth-Gilead (eç Çalt). Il faudrait peutêtre chercher ici les gués au bord desquels beaucoup d'Ephraïmites périrent sous les coups des Giléadites commandés par Jephthé (Juges XII, 5). C'est probablement aussi par là que passaient les pèlerins qui voulaient éviter Samarie. A partir do là les montagnes se rapprochent du Jourdain et rétrécissent sensiblement la vallée. Le Karn çartabeh forme, en cet endroit, un des points les plus élevés

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