JOURDAIN — JOURNÉE
de la Palestine, d'où, d'après le Talmud, on allumait les feux annonçant la nouvelle lune. Avec le Karn çartabeh commence le cours inférieur du Jourdain; le sol est plus désert et moins fertile; les méandres du fleuve sont marqués par une lisière verdoyante moin^ luxuriante que dans le nord. Le cours du fleuve est plus rapide, mais les cataractes disparaissent et la profondeur de Teau diminue de plus en plus, parce que les montagnes s'écartent davantage et que la vallée s'élargit; là encore se trouvent un certain nombre de gués praCicables pendant la saison chîiude. C'est là que les enfants d'Israël passèrent le fleuve «ous la conduite de Josué (Josué 111); par làjes gens de Benjamin vinrent à la rencontre de David revenant de Gilead. Là encore, et nous ne citons pas tous les faits racontés par la Bible, Jésus passa le fleuve quand il se rendit, pour la dernière fois, de la Pérée à Jérusalem (Marc X, 1; Luc XIX, 1; Jean X, 40). Entre les deux gués la tradition a lixé l'endroit où baptisait Jean-Baptiste uMatth. III, 6; Marc l, 5) et où Jésus se fit baptiser par lui (Matth. III. 13; Marc I, 9; Luc III, il ; Jean I, 32). Les ruines qui, au sud-est de Jéricho, avoisinent la rive droite du Jourdain, proviennent d'un cou- Vent chrétien. Dans leur voisinagese trouve l'endroit oi| se baignent les pèlerins grecs (el-Meschraîl) ; un peu plus loin au sud est le lieu de bain des pèlerins latins (el-Makta, 'passage). Une lieue et demie au sud le Jourdain se jette dans la mer Morte. — Sources: Seetzen, Voyages, p. 348 ss. ; Burckhardt, Voyages, II, 594; Schubert, Rtise in das Morgeniand, \ vol. ; Toblcr, Bibliolheca geographica PaltslinXy Leipzig, 1867; Molyneux, Expédition to the Jordan and ihe Dead Sea dans le Journal de la Sociélé royale anglaise de géograpliie, t. XVÎII ; Lynch, Rapport sur l'expédition des Etals-Unis au Jourdain et à la mer Morte, 1848; Robinson, Géographie physique de la Terre sainte, traduct. alleni., Leipzig, 1865; Ililler, Der Jordan u, die Beschiffung des lodien Meeres, Berlin, 1850. E. Schehdlin.
JOURNÉE (yôm). Comme beaucoup de peuples qui divisaient le temps d'après le cours de la lune, les Hébreux calculaient le jour civil (vuyOyjjxepov, â Gorinth. XI, 25) d'un coucher du soleil à l'autre (voir Ideler, Chronologie, 1, 80), mais ne semblent pas, avant l'exil, avoir connu une plus petite division du temps, en dehors de celles données par la nature (matin, midi, soir). Pendant l'exil, les Juifs adoptèrent probablement la division en heures (Daniel IV, 16 ; V, 5; 4" liv. d'Esdras VI, 24). On attribuait toutefois à chaque joiiT de l'année, douze heures (Jean IX, 9; Ideler, Chronologie, I, 84), qui devaient naturellement être inégales, parce qu'en Palestine la longueur des jours varie entre quatorze heures douze minutes et neuf heures quarante-huit minutes, ce qui fait, entre le jour le plus long et le jour le plus court, une différence de près de quatre heures. Les heures du jour étaient comptées à partir du lever du soleil; la troisième répond à neuf heures, la fin de la sixième correspond à midi, la neuvième à trois heures de l'après-midi; avec la onzième heure les ouvriers s'apprêtaient à terminer le jour^Matth.XX, 3; Actes 1, 15: Matth. XX, 5. 6; Jean XIX, 14; Marc XV, 34; cf. Jean I, 40;