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XL, 52; Act. lll, 1). 11 n'est toutefois pas certain que les évangélistes et en particulier saint Jean aient calculé toujours d'après les heures juives. A la vérité, on ne saurait conclure de Jean 1, 40, que Fauteur ait songé à un calcul d'heures d'après le style romain (à partir de minuit par exemple), parce que Jean XI, 9, présuppose le calendrier juif. >Mais les indications de Jean, XIX, 14 (cf. Marc XV, 25) indiquent peut-être une discordance. En effet, les deux heures, la sixième et la troisième seraient d'accord avec le Tcpwi (Jean XVIII, 28), mais l'intervalle entre la condamnation devant Pilato et la crucifixion (Marc XV, 45) pouvait avoir été d'environ trois heures. Néanmoins il n'est pas probable que Jean ait calculé d'après le système romain, et il en résultera, scientifiquement parlant, toujours une certaine obscurité quant à l'heure de la crucifixion. — Le motyôm a encore une autre acceptation dans l'Ancien Testament; il signifie époque, sans détermination plus précise. C'est dans cette acceptation que nous croyons trouver la solution du problème de la création.
JOUVENCY (Joseph), humaniste français né à Paris le 14 septembre 1643 et reçu en 1659 dans la société de Jésus, professa avec succès la rhétorique d'abord en province, aux collèges de Gaen et de La Flèche, puis à Paris, au collège Louis-le-Grand. Ses supérieurs le mandèrent en 1699 à Rome pour travailler à l'histoire de leur compagnie ; il s'y fit remarquer par la facilité avec laquelle il sacrifia en toute occasion les droits de l'Eglise de France aux prétentions de la curie et y mourut le 29 mai 1719. Le P. Jouvency s'est acquis, comme latiniste, un renom mérité par la pureté et l'élégance de son langage et a composé une série d'ouvrages très répandus pour l'éducation de la jeunesse : 1** Novus apparalus greco-latinus cuminterpretalione Gallica^ 1681, in-4**; 2"* De ratione docendi el discendi^ Lyon, 1692, in-12, un traité réimprimé à différentes reprises, bien que les grâces du style ne puissent faire illusion sur la pauvreté du contenu ; 3"* Appendix de diis et heroibus, un abrégé de mythologie quLa'été ^employé pendant longtemps dans les collèges de l'ordre ; 4» Traduction latine du Dialogue de Cléandre ei d'Eudoxe, une réponse du P. Daniel à Pascal, qui eut son heure de célébrité au lendemain des Provinciales^ Le P. Jouvency a pris en outre une part active à la correction morale que son ordre jugeait bon de faire subir aux classiques «ivant de les livrer entre les mains de la jeunesse et a donné des éditions expurgées de Térence, d'Horace, d'Ovide [Mélamorphases), de Martial. Son nom cependant ne se serait pas transmis à la postérité sans son Histoire de la socitlé de Jésus {Historia Soc, Jes. pars quinta tomus posterior ab anno Ch^iui 1591 ad annum 1010, Rome, 1710, in-P), qui produisit en France un scandale inouï par la hardiesse avec laquelle étaient prônées les plus détestables maximes. L**s jésuites les plus abhorrés pourleursfureurssous la Ligue, la conspiration des Poudres, les attentats tramés contre la vie de Henri IV (le P. Guignard entre autres, le' complice de Jean Ghdtel) étaient transformés en saints et en martyrs, plusieurs arrêts rendus par le parlement déclarés nuls et non avenus, la prérogative des papes de
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déposer les rois comme le devoir des peuples de se débarrasser de leurs tyrans établis avec une cynique franchise. Le^ parlement do Paris condamna par ses arrêts du i22 février et du 2i mars 1713 le livre du P. Jouvency comme « renfermant dès-doctrines funestes el contraires au droit des souverains » ; il avait môme l'intention de le faire lacérer et briller par la main du bourreau et d'en flétrir l'auteur en mandant les supérieurs de la compagnie à sa barre et e|i leur ordonnant d'abjurer en public d'aussi détestables doctrines, Aiais le P. Tcllier réussit à leur épargner cette humiliation. Louis XIV recommanda au premier président d'apporter dans cette affaire une extrême sagesse. Le livre fut supprimé sans lacération ni brûlure; les supérieurs des trois maisons de Paris en furent quittes pour une légère admonestation et se justifièrent dans les termes les plu? généraux. L'indignation des catholiques éclairés et la contrainte que s'imposa le parlement ont été merveilleusement rendues par Sainl- Simon (Mémoires, IX, p. 430-43â, éd. Chéruel et Ad. Régnier, 1873).
E. Stroeulix.
JOVIEN (Flavius-Claudius-Jovianus), empereur romain, successeur de Julien l'Apostat (voyez ce mot), né en 330, ne régna que sept mois et vingt jours (353-364). Il commandait une partie de l'armée de Julien contre les Perses; celui-ci, en mourant, ne voulut poini désigner de successeur et Jovien fut proclamé par les légions. Il continua la retraite et conclut la paix avec Sapor, auquel il fut contraint d'abandonner les cinq provinces situées au delà du Tigre. Il était chrétien zélé, mais d'un esprit modéré, ennemi de toute violence, et il n'usa point de représailles contre les païens. A son arrivée à Antioche, il renouvela l'édit de Milan, rétablit la concorde parmi les chrétiens et laissa aux païens la liberté de leur culte. Jovien mourut avant même d'être arrivé à Constantinople. On ne sait s'il a été empoisonné ou s'il a succombé à une attaque d'apoplexie foudroyante. Valentinièn I" lui succéda en Occident et Valens en Orient. — L'abbé de la Bletterie a écrit l'histoire de Jovien (^Paris, 1748, 2 vol. in-12). Ammien t Marcellin est de tous les auteurs antiques celui qui nous a conservé sur lui le plus de détails. Voir la Biographie universelle de Michaud et les histoires romaines. •
JOVINIEN, hérétique delà fin du quatrième siècle. Nous ne savons rien de sa vie, si ce n'est qu'il vivait à Rome, comme moine, et nous ne connaissons sa doctrine que par les ouvrages qu'écrivirent cdiulre lui Ambroise (Epist, XLII), Jérôme et Augustin. Jérôme {Ub, conir, Jovin. et Apoiogia)^ avec une passion qui rend son jugement partial, accuse Jovinien de tous les vices el parle avec mépris de sa science et de son talent. Augustin [De Hœres., LXXXII), sîins porter atteinte à son caractère moral, se plaint de ce qu'à Rome Jovinien ait décidé un certain nombre de femmes âgées et qui avaient fait vœu de célibat à se marier, en suivant l'exemple des pieuses matrones de la Bible. Jovinien paraît avoir d'une manière générale contesté le mérite des bonnes œuvres, telles que le jeune, le célibat, le martyre. Par contre, il enseignait que quiconque est régénéré par la foi dan?^ le
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baptôme ne peut plus retomber dans le péché. Comme ses arguments contre la vie ascétique trouvaient de nombreux partisans à Rome, le pape Sirice crut devoir le condamner dans un concile tenu à Milan, et Tempereur Honorius le relégua dans une île où il mourut misérablement. — Voyez Neander, Kirchengesch,, II, 386 ss.
JOWETT. Voyez Essiys and Reviews.
JDAN DE AVILA. Vovez Avila.
JUBAL [loubâl], fils de Lamech et d*Ada, est nommé Gen. IV, 21 comme celui qui inventa les instruments de musique (cf. Josèphe, AiiL, 1,2.2).
JUBÉ (ambon, lectier, doxale, pupitre) était dans l'Eglise primitive une tribune élevée placée en bas du chœur, entre celui-ci et les fidèles répandus dans la nef. Du haut du jubé se faisaient les leçons tirées des épîtres et des évangiles, et môme des prédications. Les Capitulaires de Gharlemagne ordonnent d'y lire les règlements du prince. Les jubés ou ambons de l'EgUsc d'Orient et d'Occident étaient plutôt de vastes chaires. Dans les églises d'Occident, li partir du douzième siècle, le jubé forme une séparation, une galerie relevée entre le chœur et la nef, réunissant quelquefois deux ambons, et servait dans les églises abbatiales de clôture antérieure au chœur des religieux. Ils n'apparaissent dans les cathédrales que vers le milieu du treizième siècle, après l'acte d'union des barons de France en 1246, lorsque les évoques durent renoncer à connaître de toutes les contestations judiciaires. Les jubés de la bonne époque ont presque tous disparu. Viollet le Duc, dans l'article Cliœur, décrit ceux de Notre-Dame de Paris et de Reims. 11 existe des représentations du beau jubé de la cathédrale de Strasbourg. Celui de la cathédrale de Bàle se voit encore, mais transporté à l'entrée de la nef sous l'orgue. Comme monuments d'une époque plus avancée, nous citerons celui de la Madeleine à Troyes, celui de Saint-Etienne-du-Mont à Paris, etc. — Voyez Viollet le Duc, Dict, 7unsonné de VarchU.
JUBILÉ (chez les Hébreux) [chnath hayobél, yobél;£Toç tt-ç acp€<7€0)ç, i^eatç ; mniu&Jubilei^ jub iléus], la cinquantième année, qui, le dixième 3our du septième mois, lors de la grande fête de l'Expiation, était annoncée solennellement par tout le pays, au son des trompettes (Lév. XXV; Jos. VI, A ss.; Josèphe, Aniiq., 3, 12. 3; Philon, 0pp. y II, 391; Eusèbe, Chrou, Ann., II, 67*. Pendant l'année du jubilé tout travail des champs devait cesser; les esclaves étaient mis en liblerté (Jér. XXXIV, 8), et les fonds de terre aliénés (à l'exception des maisons dans les villes entourées de murs, et des champs voués ail sanctuaire) retournaient à leurs propriétaires primitifs ou à leurs héritiers légitimes (Lév. XXVII, 17 ss.). D'après Josèphe, les dettes étaient aussi acquittées. Michaëlis {Mos, [\ccht, II, 26 ss.) a démontré tout au long le but de cette institution, qui devait amener une sorte de régénération périodique de tout l'Etat, en empêchant l'appauvrissement complet des familles Israélites, en augmentant la fécondité des champs et de la population, et en maintenant l'égalité des propriétaires fonciers voulue par le législateur. Nous ne rencontrons