‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 94 sur 170 · JUBILÉ · texte numérisé non relu

JUBILÉ

guère (le traces de Tobservation du jubilé avant Texil (i Rois XXI, 2; Es. V, 8; Jér. XXXIV, II». — Voyez Wagenseil, De anno jubileo; Alt., nOO; Buck,Z)e anno Hebr.jubiL, Vit., 1700; Carpzov, Di$$. de anno joàeL, Lips., 1730; Ode, Diss. de anno hebr, jub,, Traj. a. Rh., 1745, etc., etc.

JUBILÉ (dans l'Eglise catholique). Le jubilé, dans l'Eglise catholique, est une indulgence plénière et extraordinaire que le pape accorde à ceux qui remplissent certaines conditions, en particulier de visiter à Rome les églises de Saint-Pierre et de Saint-Paul. Elle est différente des indulgences ordinaires en ce que, pendant le jubilé, le pape accorde aux confesseurs le pouvoir d'absoudre de tous les cas réservés et de commuer les vœux simples. L'origine des jubilés remonte à l'an 1300. Une rumeur se répandit soudain à Rome, la veille de celte année, que tous ceux qui se rendraient dans les églises de Saint-IMerre et de Saint-Paul recevraient l'absolution complète de tous leurs péchés. Une foule d'hommes s'assembla, grossie bientôt par l'arrivée de nombreuses troupes de pèlerins. Un vieillard, âgé de cent sept ans, assura le pape qu'il se souvenait d'une indulgence semblable accordée aux chrétiens cent ans auparavant (cf. Jacobi, Cajctani de centesimos, Jubilœoanno in Bihl. Pair, Max,, XXV, p. 936). A la suite de cette affirmation, le pape Boniface Vtll publia la bulle AiUiquorum habet, qui institua, en l'honneur des apôtres Pierre et Paul, non seulement pour l'année 1300, mais pour chaque centième année qui suivrait, une indulgence plénière en faveur de tous ceux qui, dans des sentiments de pénitence parfaite, visiteraient les églises de ces apôtres, les habitants de Rome durant trente, les étrangers durant quinze jours. Une multitude énorme de pèlerins afflua à Rome, et la papauté comprit que cette nouvelle institution serait un moyen excellent de rehausser l'éclat et d'enrichir le trésor de la curie romaine. C'est ce qui détermina les papes à raccourcir successiveraenl l'intervalle des jubilés. Dans la bulle Unigenitus Dex filius, publiée en 1319, Clément VI Vixc les jubilés à tous les cinquante ans, en invoquant l'usage établi par la loi de Moïse, la requête adressée à lui par le peuple romain, la brièveté de la vie humaine qui fait que peu de fidèles atteignent l'âge de cent ans, son désir enfin de faire profiter le plus d'âmes possible du trésor des grâces de l'Eglise. Le concours des étrangers à Rome, en l'an 1350, fut encore des plus considérables, bien qu'une chronique du temps remarque que « ceux qui revenaient de Rome étaient, pour une bonne part, plus méchants qu'ils n'étaient auparavant.» L'impulsion une fois donnée, la sollicitude de la pap<iuté pour le bien de la chrétienté, ainsi que de ses caisses, ne s'arrêta pas. Dans sa bulle du 8 avril 1389, Urbain VI ordonna que les jubilés reviendraient tous les trente-trois ans, en l'honneur de la durée de la vie terrestre du Sauveur. La fête aurait dû proprement avoir lieu en 1383 ; mais les troubles qui agitaient alors Rome n'avaient pas permis de la célébrer; ce n'est que sous Roniface IX, en 1390, qu'elle le fut, ce qui n'empêcha pas ce pape de la répéter dès l'année 1400. Il y joignit même des années supplémentaires de jubilé, et envoya en

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divers pays des agents chargés de vendre les indulgences jubilaires pour la somme qu'auraient coûtée le voyage et le séjour à Rome. Des jubilés furent célébrés dans les années 1425, 1450, 1451, jusqu'à ce que le pape Paul II les fixa d'une manière régulière à chaque vingtcinquième année, en invoquant la brièveté et la fragilité de la vie humaine,, les maladies dangereuses du temps, les périls dont les Turcs menaçaient l'Europe, la grande misère qui régnait dans toute la chrétienté. Il institua, de plus, des indulgences spéciales pour ceux qui né pouvaient pas venir à Rome, tout en en ayant la ferme intention, mais à la condition expresse que le produit de ces indulgences serait envoyé à la curie romaine. Outre ces jubilés périodiques, tous les nouveaux papes en accordent un à leur exaltation, et chaque fois que des besoins extraordinaires se font sentir, ce qui détruit, en réalité, la périodicité de cette source précieuse de revenus pour la cour de Rome qu'alimente, du reste, toujours plus faiblement, la piété superstitieuse des fidèles. — Sources : Amort, De origine^ progiessu, valore ac fructu indulgent.; Berlling, Uulerriclilvompœpsil. JubeljaJiru. Ablass, Helmst., 1749; Hoche, Gesch. des pasbstl, Jubeljnhrablasses, Heidelb. , 1825; Paulus', Gesch. u. rechtl. Prufung des Jubelj., Heidelb., 1825.

JUDA [lehoudàh], quatrième fils de Jacob et de Lia (Gien. XXIX, 26)y naquit en Mésopotamie. Ce fut lui qui conseilla à ses frères de vendre Joseph plutôt que de tremper leurs mains dans son sang fGen. XXXVII, ^6). Il épousa Sué, fille d'un Cananéen nommé Hiram: Jud'a fut toujours regardé comme le plus considérable des enfants de Jacob. La bénédiction que son père mourant lui donna passa pour renfermer une prophétie messianique (Gen. XLIX, 8-10). — La tribu de Juda devint la plus puissante et la plus nombreuse du peuple d'Israël (Nombr. I, 27 ; II, 3 ss.; X, 14; Juges XX, 18). Elle occupait la partie méridionale de la Palestine, depuis les montagnes de ridumée et la pointe septentrionale de la mer Morte jusqu'à la Méditerranée (Jos. XXV, 1 ss.). Le sol était montagneux, riche en pâturages, avec une plaine fertile et bien arrosée à l'ouest, du côté de Joppé. Par le port de Joppé, Juda communiquait avec les contrées maritimes de l'Ouest; par le désort de Jéricho, avec les pays situés au delà du Jourdain et l'Arabie; parles montagnes d'Uébron, par Gaza et par Jéricho avec l'Egypte. Après la mort de Satil, Juda se sépara des onze autres tribus, en reconnaissant pour roi David qui, après un intervalle de sept ans et demi, réunit sous son sceptre toutes fes tribus; mais, après la mort de Salomon, l'intiuence d'Ephraïm , jalouse de la suprématie de Juda, détermina les autres tribus (à l'exception de celle de Benjamin) à se séparer, d'une manière complète et définitive, de Juda (voyez l'article Israël).

JDDA HAKKADOSTiH, c'est-à-dire le Saint, appelé aussi Rabbi (le grand maître), un des plus grands docteurs juifs du troisième siècle, occupa les fonctions de masi, c'est-à-dire de chef du sanhédrin, à Tibérias où il mourut vers l'an 250 de l'ère chrétienne. Sa vie, peu connue, a été ornée par la légende qui s'attacha de bonne heure à

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son nom. Peu importe d'ailleurs, Jehuda Hakkadosçh doit sa gloire, non à sa vie, mais à son activité comme docteur de la loi. Il eut Tambition d'initier les Juifs à la connaissance de leurs lois rituelles et coutumières. A cet effet, il réunit pour son enseignement, qui attirait des élèves du monde entier, la collection complète des lois antérieures, en y ajoutant ses propres commentaires. Le fecueil historique et entièrement objectif renfe^^me les lois et décisions des différents rabbins pour les points contestés. Grâce à l'immense renommée dont jouit Jéhuda, cette collection, peu augmentée depuis, fut regardée comme tradition et reçqt le nom de.Mischna (en chaldéen Malliniiln] en grec ÔeoTÉpwfftç) et ceux qui l'enseignaient s'appelaient thanaïm, c'est-à-dire répétiteurs. L'apparition de la Mischna est, sans contredit, un des événements les plus importants de l'histoire littéraire et religieuse des Juifs, non seulement par l'influence immense que ce livre exerça sur le développement de la synagogue, mais parce qu'elle sauva de l'oubli ce que la tradition pharisaïque appelle « la loi orale de Moïse », enrichie et augmentée par les commentaires des rabbins. Elle marque le point de départ d'une nouvelle et importante activité littéraire pour les Juifs et acquit, grâce à l'enseignement oral qu'y ajouta Juda, une influence immense. Les nombreux élèves qui vinrent à Tibérias, et l'autorité universellement reconnue de cette célèbre école, contribuèrent puissamment à la propagation de la Mischna.

JUDA HA-LÉVITE. Voyez Cusari.

JUDAS MACCHABÉE. Voyez Machabéts,

JUDAS le Galiléen ou le Gaulonite (Act.V, 37 ; Josèphe, A)\i., 18, 1.1; 20,5. 2; De bellojud,, 2, 9. 1), originaire de Gamala, ville fortifiée sur le lac de Galilée, souleva, de concert avec Sadok, le peuple juif, à l'occasion du recensement que lit faire l'empereur Auguste, en Tan 723 de Rome, après la bataille d'Actium, par Quirinus. L'insurrection fut vaincue, mais les partisans de Judas se maintinrent et participèrent activement, sous la conduite de Ménahem, son flls, et d'Eléaxar au dernier soulèvement des Juifs contre les Romains (Josèphe, De bellojucL, 2, 17. 7-9). — Voyez Schulze, De Juda Galil. ejusipjte seda, Fracf. a. V., 1761).

JUDAS ISCARIOTH, fils d'un homme appelé Simon, d'après le quatrième évangile (VI, 71), et originaire de Kerioth, petite ville de Judée (Josué XV, 20), disciple de Jésus et nommé toujours le dernier dans tous les catalogues des apôtres, avec la mention de sa trahison (Man' III, 19 ; Matth. X, 4; Luc VI, 16). L'apparition de cette figuré sinistre dans le cercle intime de Jésus reste à bien des égards une énigme. Plus la tradition a noirci Judas et en a fait une sorte de type diabolique, plus il devient difficile de comprendre comment le Maître avait pu l'accueillir. Le quatrième évangile le présente comme prédestme dès le commencement au crime qu'il devait commettre. C'est là une conception propre à la piété qui rapporte tout à Dieu, conception suscitée parla réflexion de la nécessité divine de la mort de Jésus. L histoire ne peut s'en contenter, car il s'agit pour elle de retrouver sous

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celte conception qui domine toutes les données traditionnelles sur * Judas, la vie morale de Thomme, le jeu de la responsabilité, le caractère et les mobiles qui l'ont fait agir. Pour y réussir il est peut-ôlre utile de partir du fait que Judas, « l'homme de Kerioth, » était le seul apôtre de Jésus d'origine judéenne et qu'il a dû avoir au milieu du cercle galiléen de ses condisciples la situation d'un étranger, d'un homme non seulement d'une autre origine, mais encore d'un autre tempérament. C'est du moins ce que semble prouver le surnom d'Iscarioth sous lequel on continue toujours à le désigner. Il est évident que Jésus ne Tapas choisi pour avoir un Iraître. Judas avait des qualités que le Maître espérait pouvoir utiliser pour l'œuvre du royaume des cieux. Il était d'une énergie peu commune, ce qu'atteste sufflçamment la manière dont il ourdit et exécuta son complot. Il avait peut-être reçu plus de culture que ses compagnons et possédait un talent particulier d'organisateur et d'administrateur puisque Jésu^ lui fit dès le commencement confier la gestion de la caisse commune (Jean XII, 6). Il faut bien encore, pour expliquer comment il fut attiré* par Jésus, lui reconnaître de la piété, une piété nationale toute pleine des espérances politiques qui soutenaient Israël. Mais la piété judéenne était beaucoup plus sèche que la piété galiléenne, plus raisonneuse, plus exigeante, et bien moins ouverte aux influences morales, aux sentiments d'affection et aux inspirations de la conscience. Jésus dut se rendre parfaitement compte du fort et du faible de cette nature. On connaît sa divine indulgence à l'égard des pécheurs. Il ne désespérait de personne. Peut-être aussi l'admit-il au nombre des Douze, pour y avoir un représentant de la Judée malgré les craintes qu'il pouvait concevoir. Pour se rendre compte du développement moral de Judas, il faut se rappeler l'éducation par laquelle le Maître faisait passer ses disciples et la crise qu'il préparait dans leur conscience religieuse. Ils s'étaient tous attachés à lui parce qu'ils espéraient le voir se manifester bientôt comme le Messie théocratique et Judas, à ce premier moment, était en pleine harmonie avec tous les autres. Or, Jésus essaie de les élever peu à peu de cette espérance grossière à l'idée d'un roi et d'un royaume purement spirituels, de leur montrer dans le renoncement, l'humilité, le détachement des biens terrestres, la justice parfaite, les vrais biens, les biens éternels du royaume attendu et dans sa mort sur la croix, la manifestation suprême de sa messianité. C'était une grande crise, pour des âmes . juives. Est-il donc extraordinaire que l'une d'elles ait succombé? On peut dire que les autres mômes n'ont été sauvées d'abord que par leur affection personnelle pour Jésus. Judas, dont le cœur n'avait point parlé, se trouva sans défense contre la déception. Il avait cru au Messie triomphant; il avait accepté un temps de sacrifice pour être ensuite récompensé au centuple ; il était cupide et ne se payait pas de chimères. Quand il vit, dans les derniers temps passés en Galilée, Jésus refuser d'arborer l'étendard messianique et de faire le grand miracle qui devait lui donner la victoire, quand il le vit fuyant, abandonné et perdu, sa foi, n'espérant plus riea de lui, ne tarda pas à s'é-

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vanouir. Dès ce moment-là, Jésus qui surveillîiil avec anxiété l'issue de la crise qui s'accomplissait dans Tàme de tous ses apôtres, leur fît entendre des avertissements solennels qui dans leur généralité s'adressaient sans doute particulièrement à l'âme de Judas : comme le mot exagéré sans doute par la tradition de Jean VI, 70; comme le malheur de rhomme par qui arrive le scandale, car il lui vaudrait mieux avoir une meule au cou et être jeté au fcmd de la mer, comme Tintrus du festin royal qui s'est assis à table sans avoir sa robe de noces, ou cet autre mot : « Celui qui voudra sauvçr sa vie la perdra, » etc. Ces paroles eurent une action profonde sur las Douze et.en préser>'èrent plusieurs qui se demandaient eux aussi en voyant la cause de leur maître tout à fait compromise, le profit qu'ils retireraient de leur dévouement. La voix de la conscience et du cœur l'emporta chez eux sur celle de la chair. Ce fut le .contraire chez Judas. Dès que Jésus n'était plus le Messie il ne fui à ses yeux qu'un imposteur, et dès lors, il n'est pas impossible que ce qui nous paraît une odieuse trahison ait paru à la conscience de Juda le^moyen de racheter son temps d'égarement à la suite de ce faux Messie. Livrer Jésus aux autorités de sa nation, devenait donc tout ensemble une œuvre pie et un excellent moyen de sortir indemne de l'aventure où. il s'était jeté inconsidérément. Nous reconnaissons encore ici la nature judéenne si habile à concilier son intérêt personnel et ses scrupules religieux. Les évangiles relèvent tous la cupidité de Judas; mais co vice particulier étroitement interprété n'expliquerait pas sa conduite ; il faut le combiner avec les espérances matérielles et les calculs intéressés que nous venons de mettre en lumière. Quant à la somme de trente pièces d'argent qu'il aurait reçue du sanhédrin (80 ou 90 fr.) il est à remarquer que Matthieu seul la donne, et l'emprunte probablement à une parole tenue pour prophétique de l'Ancien Testament (Zach. XI, 12; cf. Matth. XXVI, 15 et XXVII, 3-10). Les autres évangiles ne précisent rien. Il était dans la tendance de la tradition d'exagérer tous les traits qui pouvaient rendre celle trahison plus odieuse. C'est ainsi qu'elle veut que Jésus ait nominativement désigné le traître pendant son dernier repas. Ce fut tout au plus un avertissement voilé que les apôtres ne comprirent bien que lorsque l'acte fut accompli. A cette môme tendance il faut attribuer le récit du prétendu repentir de Judas que la plus ancienne tradition ne connaît pas et que Matthieu seul raconte (XXVII, 3-10). D'après ce récit, Judas voyant Jésus condamné et désespéré, reporte au sanhédrin les trente pièces d'argent qu'il en avait reçues, et mit fin à sa vie par la pendaison. Les sacrificateurs ne voulurent pas mettre cet argent, prix du sang, dans le trésor du temple et en achetèrent le champ d'un potier pour servir de cimetière aux étrangers. La première tradition évangélique ne disait rien de la fin de Judas. Ce M un sujet dont s'empara la légende postérieure. Nous venons de lire celle qui avait cours dans les cercles judéo-chrétiens d'où est sorli notre Matthieu actuel. Le livre des Actes en contient une autre toute différente et probablement plus ancienne. D'après celle-cir

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Judas aurait lui-môme, du prix de son crime, acheté un champ près de Jérusalem, et, à la suite d'une chute, il aurait misérablement péri, rompu pjjr le milieu et perdant ses entrailles (Act. I, 18). Papiasnous a conservé une troisième version. Atteint d'hydropisie, le corps de Judas se serait si prodigieusement gonflé qu'il ne pouvait passer que là où passait aisément un chariot, il ne pouvait plus soutenir sa tête devenue monstrueuse. Il n*y voyait plus, parce qu'il ne pouvait plus soutenir ses paupières trop épaisses. Dans cet état misérable, le grand criminel devenu pour ses proches eux-mêmes un objet répugnant, mourut sur le champ qu'il avait acquis du prix de son crime. Enfin CEcuménius, commentant le récit des Actes, raconte que Judas fut jeté à terre par un char qui, lui passant sur le corps, le coupa en deux et fit rejaillir de tous les côtés ses entrailles. La légende chrétienne allait s'e^agérant, et cherchant pour le traître un châtiment à la hauteur de Thorreur qu'inspirait son crime. — 11 existe sur Judas toute une littérature dont on trouvera le catalogue dans \Viner.fi/6/. Real-Wœrter 6uc/i. Toutes les vies de Jésus s'occupent également de lui et du rôle qu'il a joué. A. Sa'batier.

JUDAS LÉVTTA (R. Judas hallévi), un des plus grands poètes juifs de l'Espagne au moyen âge (1140), appartient à cette brillante époque qu'on a appelée, à juste titre, l'âge d'argent de la poésie hébraïque. Egalement versé dans la connaissance des littératures rabbinique et arabe, il chercha dans* ses poésies à communiquer sa haute science atix illettrés et à propager parmi eux une connaissance plus approfondie des vérités religieuses. Sa grande fortune lui permit de mûrir ses œuvres sous le rapport de la forme. Aussi surpassa-t-il, de l'îiveu d'un de ses critiques (Al-Gharisi), de beaucoup tous les poètes juifs par le feu sacré que respirent ses vers. Ses élégies, simples et entraînantes tout à la fois, faciles à saisir et profondes quant aux sentiments qu'elles inspirent, sont, en efi'et, des chefs-d'œuvre. Pour répondre aux objections que les chrétiens, les Arabes et les Karaïtes élevaient contre la religion juive, Lévita. composa le livre Cosii (Kosri) qu'il rattache à la conversion du roi chazare Bylan. Dans cette œuvre, fortement empreinte des idées philosophiques de ses <!oreligionnaires contemporains, il met en scène un juif qui réfute les derniers scrupules du roi chazare. Sincèrement attaché au culte de la Terre sainte et à tous les souvenirs du grand passé de son peuple, Lévita entreprit, à l'âge de cinquante ans, un voyage à Jérusalem. Plongé dans l'amertume des regrets qu'éveilla dans son cœur la vue des ruines de la ville sainte, il chantait, revêtu d'habits de deuil, en l'honneur de Sion cette admirable élégie que la piété de ses contemporains nous a conservée, quand un Sarrazin, irrité par cette douleur profonde, le foula aux pieds de son cheval. On ne saurait lire, sans une profonde émotion, les vers que la vue de Jérusalem a inspirés au noble poète ; ils sont l'expression d'une âme ardente et d'un cœur rempli des souvenirs d'un glorieux passé et des espérances déçues d'un avenir douloureux. — Sources : Delitzsch, Zur Ùeschichie

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der judischeu Poésie; Alexander v. CEltingen, Die synagogale Pocsi^ Dorpat, 1856.

. JUDE (Kpître de). Plusieurs personnages du siècle apostolique, outre le traître qui livra Jésus à ses ennemis, ont porté le nom de Jude ou de Judas (louSaç, Luc Yl, 16; Jean- XIV, 22.; Matth. XllI, 55; Marc VI, 3; Act. IX, 10-19). Dans le nombre on en distingue deux qu'on a eu souvent tort de confondre : Judas de Jacques, Tapôtre et Judas, le frère de Jésus.Uestquestiondupremier dans Jean XIV, 22; Luc VI, 16; Actes I, 13, de façon si précise qu'il n'y a pas à. douter de l'existence d'un apôtre de ce nom à côté de Judas Iscarioth. 11 est vrai que dans la liste des Douze que donne Matthieu, la place que Judas tient chez Luc est prise par Lebbée et chez Marc par Thaddée (Matth. X, 3 et Marc III, 18). On a conjecturé avec assez de vraisemblance que ce sont deux surnoms du même personnage que Luc appelle Judas de Jacques (VI, 16 ; Act. I, 13; Lebbaï, enfant du cœur; Thaddaï, enfant reposant sur le sein). D'après les traditions ecclésiastiques, ce Judas-Thaddée ou Lebbée aurait évangélisé Edesse, la Perse, la Syrie et serait mort martyr (Euseb., H. Ë,^ I, 13 ; II, 1, et dans les Acia apostoloram apocrypha de Tischendorf, Acta Thaddxi). — Dans nos évangiles apparaît un autre Judas, le dernier des frères de Jésus d'après Matthieu XIII, 55, l'avanl-dernier d'après Marc VI, 3. On a voulu faire de ces frères du Seigneur, tantôt des demi-frères issus d'un mariage antérieur de Joseph, tantôt des cousins, fils d'Alphée qu'on identifiait avec Glopas et dont on faisait un beau-frère de Joseph. Dans cette hypothèse, le second Judas frère dii Seigneur, s'identifiait avec Judas l'cipôtre dont on faisait aussi un fils d'Alphée et un frère de Jacques, d'après Luc VI, 16. Mais dans ce dernier passage, 'Iou3a; 'laxwêou ne peut pas signifier Judas Ircre, mais Judas fds de Jacques. 11 faut donc renoncer àcetle trop artificielle combinaison et maintenir l'existence des deux personnages. La plus ancienne tradition chrétienne a conservé d'ailleurs le souvenir très distinct d'un Judas frère de Jésus. Hégésippe raconte que deux descendants de ce Judas et de la famille du Christ comparurent devant Domitien, lequel les interrogea et les renvoya libres, dès qu'il se futassuréque c'étaient deux simples paysans qui cultivaient leur petit domaine de leurs propres mains (Eusèb., //. E., III, 19,20,32). — G'est^à ce Judas frère du Seigneur et frère de Jacques, le premier évêque de Jérusalem, que se rattache à tort ou à raison l'épîlre du Nouveau Testament qui porte ce nom. Elle est la septième et la dernière des épîtres cathohques dans le canon actuel, soit à cause de sa brièveté, soit parce qu'on ne la considérait pas généralement écrite par un apôtre ; elle a eu de la peine à se faire admettre et a été toujours plus ou moins contestée. Le second siècle, à l'exception de la seconde épître de Pierre qui l'a presque tout entière reproduite, l'ignore entièrement. Irénée ne la connaît pas., La Peschito l'a omise ; le canon de Muratori la lient pour apocryphe. Tertullien l'attribue faussemcrit à l'apôtre Jude et la tient en conséquence pour autorité apostolique. Clément d'Alexandrie et Origène la regardent comme écriture inspirée. Eusèbe la place parmi

les antilégomènes el ne la croit pas authentique. Jérôme rappelle les doutes qui planent sur elle, Luther lui est hostile. Schleiermacher et Néander la regardent comme apocryphe. Malgré quelques habiles avocats comme Bleek, cette opinion semble avoir prévalu dans la critique moderne. — L'auteur se désigne lui-même comme Judas, <f serviteur de Jésus-Chi'ist et frère de Jacques. » Il ne se désignerait point de celte façon si son frère' Jacques n'était plus connu que luimOme et n'avait dans l'Eglise une situation acquise et une autorité prépondérante; dès lors il est impossible de ne pas penser à Jacques, le frère de Jésus, la colonne de l'Eglise de Jérusalem, en sorte que notre Judas serait aussi frère du Seigneur; mais il aurait évité comme Jacques lui-même d'ailleurs en tôtede sa lettre, de se donner ce nom par réserve respectueuse devant le caractère de celui qui n'était plus pour l'Eglise le fils de Marie, mais essentiellement le fils de Dieu. La lettre est adressée en général « aux élus sanctifiés par Dieu le père, et gardés par Jésus-Christ; » c'est dire qu'elle est catholique dans le sens le plus large. L'auteur déclare expressément que ce qui lui a mis, comme malgré lui, la plume à la main, c'est l'apparition dans l'Eglise de « certains hommes impies et prédestinés à la condamnation, qui changent la grâce de Dieu en principe de morale dissolue et renient notre seul souverain et seigneur Jésus-Christ » (v. 4). Ces corrupteurs paraissent bi«n appartenir au libertinisme gnostique. Malheureusement ils ne sont pas autrement décrits. L'auteur songe plus à les condamner qu'à les définir. Il rappelle à ses lecteurs que Dieu, après avoir sauvé son peuple de l'Egypte, laissa périr au désert ceux qui pour la seconde fois tombèrent dans l'incrédulité. A cet exemple il ajoute le châtiment des anges déchus, et celui de Sodome et de Gomorrhe. Une semblable punition atteindra les débauchés et les impies « qui détruisent la royauté divine et blasphèment ses ministres » (v. 8). Malheur à eux parce qu'ils marchent dans la voie de Caïn, parce qu'ils recevront le prix dû à l'égarement de Balaam et à la révolte de Coré! Ces intrus dans l'Eglise se gorgent et s'enivrent dans les agapes chrétiennes ; ils ne reconnaissent aucun conducteur; ce sont des nuages sans eau, des troncs pourris, des vagues écumantes, des astres errants. Ils sont destinés aux ténèbres éternelles. Hénoch, le septième patriarche depuis Adam, a prédit leur venXie et leur fin. « Rappelez-vous d'ailleurs les paroles que nous ont laissées les apôtres de notre seigneur Jésus-Christ, quand ils disaient qu'aux derniers temps viendraient les moqueurs, les psychiques, les impies. Etablissez-vous fortement dans votre très sainte foi, conservez-vous dans l'amour de Dieu, en attendant la miséricorde de notre seigneur Jésus-Christ pour la vie éternelle. » Une doxologie adressée à Dieu notre seul sauveur par Jésus Christ termine cette courte lettre d'une éloquence fort énergique mais un peu redondante. On a beaucoup discuté sur les faux docteurs ici combattus. Les uns y ont vu les nicolaïtes de l'Apocalypse , les autres les disciples de Carpocrate. Il paraît vraisemblable que ce sont des gnosliques, et des gnostiques encore plus déclarésetplus avancés que ceux des épîtresjohanniques, en sorte qu'il

est difficile de ne pas descendre jusqu'au commencement du second siècle pour rencontrer le milieu historique auquel la lettre correspond. D'autres indices d'une époque assez po'stérieure peuvent être relevés. L'Evangile est devenu une doctrine officielle fixée une fois pour toutes et conservée par tradition (v. 3). Les apôtres ont disparu depuis assez longtemps de la scène (v. 17). L'Eglise a déjà une tradition sacrée assez longue (20). Tout cela nous mène encore à la seconde ou môme à la troisième génération chrétienne. Or, Jude le frère du Seigneur, était déjà mort certainement sous Doraitien, lorsque cet empereur fit comparaître devant lui ses descendants. Notre lettre ne peut donc être qu'un pseudépigraphe. Elle a encore ce trait de particulier qu'elle cite comme parole inspirée deux écrits apocryphes. Le livre d'Hénoch (v. 14) et l'assomption de Moïse (v. 9). Or il semble que le dernier n'est pas de beaucoup antérieur à la ruine de Jérusalem. On fait bien valoir pour prouver l'antiquité de notre lettre qu'elle est entrée presque tout entière dans la seconde épître de Pierre. Mais celle-ci est un apocryphe de la seconde moitié du second siècle, de sorte qu'il reste encore dans la première moitié bien de la place pour son aînée . Quant au lieu de la composition, du moment qu'on ne la tient pas pour authentique, tout semble militer en faveur d'Alexandrie. — Littérature : Jessieu, DeauthentUia ep, Judœ, (821 ; Eug. Arnaud, Recherches critiques .^r répîire de Jude, 1851 ; Rud. Stier, DerBriefJudx, 1850; Hutther dans le commentaire deW. Meyer ; de Wette ; E. Reuss, LaBible. Epilres catholiques^ 1878, etc.

A. Sabatier.

JUDE ou JUD (Léon), né en 1482 à Gemar, petite ville appartenant aux comtes de Ribeauvilliers, en Alsace, était fils du curé du lieu, Jean Jud. Sa mère, Elisa Hochsaengin,. femme intelligente et pieuse, était Soleuroise. Léon fut envoyé pour ses études à la célèbre école de Schlettstadt, école qui devait son existence à des « frères de la vie commune ». Là, sous l'habile direction de Craft Hofmann (Crato), il fit des progrès rapides. En 1499, il se rendit à Bâle ou il s'adonna quelque temps à l'étude de la pharmacie et de la médecine; mais, sans doute entraîné par l'exemple de Zwingle avec lequel il se lia dès lors étroitement, il suivit les leçons de Thomas Wittenbach, le précurseur de la réforme en Suisse, et reçut de lui les premières lumières évangéliques. Léon fut nommé diacre de Saint-Théodore au Petit- Bàle, puis curé de Sarnt-Pilt (Saint-Hippolyte) en Alsace. Comme Zwingle, il avait pris le grade de maître ès-arts. — Quelque désireux queXùt Léon de consacrer sa vie au bien spirituel de sa chère Alsace, il crut devoir accepter la place de curé d'Ensiedeln que lui offrait Zwingle, nommé à Zurich (1518). Le 30 juin 1519, il arrivait dans l'antique abbaye visitée chaque année par des milliers de pèlerins. Il s'éleva non moins fortement que son prédécesseur contre les superstitions romaines et débuta par une Explication de l'Oraison dominicale, qu'il publia peu après à Bàle. Il traduisit aussi en allemand divers traités de Luther et d'Erasme. Zwingle qui entendait parler du courage chrétien de ce petit homme frôle, qui ne craignait

point de s'attaquer aux traditions romaines, dans Tun de leurs sanctuaires les plus vénérés, voulut l'avoir auprès de lui à Zurich où la tâche devenait de plus en plus difficile. A la Pentecôte de 1522, Léon fut nommé pasteur de Saint-Pierre. Ce ne fut cependant qu'en février de Tannée suivante qu'il commença son ministère. Il déclara ouvertement qu'il n'enseignerait que ce que renfermait la sainte Ecriture, et, plus hardi que Zwingle, il s'éleva dès lors contre la messe qui ne fut définitivement abolie à Zurich qu'en 1525. Collaborateur zélé du réformateur dans sa lutte contre Rome, puis contre les anabaptistes, Léon lui venait en aide pour sa correspondance. A la mort du professeur Ceporin (1525), il se chargea de l'enseignement de l'hébreu, jusqu'à la nomination de Pellican qui rendit à son talent le plus beau témoignage. En l'absence de Zwingle, la direction de l'église de Zurich reposait sur Léon Jude. Après la mort du réformateur, il devint le point de mire des fureurs des réactionnaires, et il eut peine à sauversa vie. Quoique désigné par plusieurs pour hériter du lourd fardeau de son ami, il refusa de l'accepter; il avait compris qu'il était plutôt fait pour paître l'Eglise et l'édifier que pour la diriger, aussi indiqua-t-il son ami Henri BuUinger, de Bremgarten, auquel il apporta joyeusement son concours. — Plus pasteur que ses coassociés dans l'œuvre de la réforme, plus homme de l'Eglise, Léon aurait désiré que celle-ci fut plus nettement séparée de l'Etat. Il aurait voulu une discipline de la cène, une profession individuelle de la foi, et le droit pour l'Eglise d'excommunier ses membres sans que l'autorité civile eût rien à y voir. Il sentait tellement pour l'Eglise l'importance d'être distincte de l'Etat, qu'il se déclara prôt, à plus d'une reprise, à quitter son service plutôt que de tolérer le désordre qui y régnait. Bullinger chercha à convaincre Léon de l'impossibilité actuelle des réformes qu'il rêvait ; celui-ci consentit à en ajourner la poursuite, mais en maintenant le principe que « la nature et la mission de l'Eglise sont et doivent demeurer essentiellement différentes de celles de l'Etat ». Léon a été au seizième siècle le représentant des idées qui semblent vouloir prédominer de nos jours. Partisan de la séparation des deux pouvoirs, il l'a été aussi de l'entière liberté de conscience. — Ne pouvant agir administrativement pour l'exercice de la discipline, Léon se servit de la chaire pour reprendre gouvernants et gouvernés. 11 le fil avec tant de hardiesse qu'il fut mandé devant le Conseil, et, soutenu par Bullinger, il obtint la liberté de la prédication. Un mois plus tard, (octobre 1532), il présenta avec lui aux autorités un projet d'ordonnances synodales qui devinrent pour trois siècles la constitution ecclésiastique de Zurich. En 1534, Léon publia son premier catéchisme, connu plus tard sous le nom de « grand catéchisme », à l'usage des enfants et surtout des parents, qui avaient la charge d'instruire leur famille dans la religion. Les questions sont mises, dans ce catéchisme, dans la bouche des enfants, qui ne se contentent pas de la première réponse du maître, mais lui posent sous une forme naïve de nouvelles questions, des objections, des réserves, etc. Le grand

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catéchisme se divise en quatre parties : 1" de la volonté de Dieu; 2° de la grâce de Dieu ; 3« de la prière des croyants ; 4° des sacrements. Ce catéchisme fut très favorablement accueilli dans plusieurs cantons de la Suisse. Sur la demande du synode zuricois, qui avait ordonné Fintroduction de l'enseignement catéchétique dans l'Eglise, Léon publia vers 1541 son « petit catéchisme », dont les questions sont, cette fois, placées dans la bouche du maître. Un appendice en cinquante-six questions est destiné à l'enseignement des petits enfants. Peu auparavant Léon Jude avait publié un catéchisme lalin, travail tout spécial, destiné aux élèves du gymnase de Zurich, et qu'il donne dans sa préface comme un extrait de l'Institution chrétienne de Calvin. Il a, en effet, de grands rapports avec le catéchisme publié par Calvin à Genève en 1538. — Léon prit aux discussions confessionnelles qui agitèrent son temps une part non moins grande ■qu'aux questions ecclésiastiques et disciplinaires. Il s'efforça, d'accord avec les théologiens de Strasbourg, de concilier les luthériens et les zwingliens ; mais il se montra toujours hostile aux formules douteuses ou ambiguës. Il traduisit en allemand la première confession helvétique de Bàle de 1536 et publia en outre dans cette langue les Paraphrases d'Erasme sur le Nouveau Testament, V Imitation de Jésus-Christ, et divers écrits d'Augustin, de Luther, de Zwingle, de Bullinger et de Calvin. — Mais son œuvre la plus importante comme traducteur est la double version de la Bible en latin et en allemand. Cette dernière fut publiée en 1529 et revue en 1540. La première ne vit le jour qu'après sa mort survenue le 19 juin 1542. La Bible latine de Léon, achevée par ses amis Bibliander, Pellican, etc., et publiée en 1543, fut rééditée à Paris en 1545 par Rob. Estienne, puis plus tard à Lyon et enfin à Salamarique en 1584 par des théologiens espagnols. — Sources : G. Pestalozzi, Léo Judae, Elberfeld, 1860 ; Haag, France protestante, t. VI. L. Ruffet.

JUDÉE. Voyez Palestine.

JUDÉO- CHRISTIANISME. On appelle ainsi la tendance, contemporaine des premiers siècles de l'Eglise, qui consistait à joindre dans une mesure plus ou moins absorbante les principes du judaïsme, en particulier l'observation de la loi mosaïque, à la reconnaissance de la messianité de Jésus et à la prétention de vivre conformément à ses préceptes. Ce sujet, trop négligé ou mal compris dans les anciennes histoires de l'Eglise, est des plus vastes, il se ramifie avec une foule de questions de la plus haute importance, et pour le traiter à fond il faudrait bien plus d'espace que la nature de cet ouvrage ne nous permet d'en occuper. C'est surtout depuis les travaux de l'école de Tubingue que la question a pris des proportions aussi grandes. Du reste d'autres théologiens, tels que Credner,Schneckenburger, Reuss, etc. , avaient déjà compris l'importance du judéo-christianisme en tant que facteur du christianisme primitif, l'avaient démontrée et en avaient fait des applications nombreuses à leurs travaux de critique biblique. Les anciens historiens, depuis Eusèbe et même avant lui, se figuraient toujours le judéo-christianisme comme la tendance

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