‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 98 sur 170 · JUIF-ERRANT — JULES II · texte numérisé non relu

JUIF-ERRANT — JULES II

éditions de cette lettre, sur les amplifications que reçut le livret populaire, sur les diverses traductions, sur la première apparition de la complainte française, etc* Ce travail ne pouvait être ^itrepras ici, où il n'aurait pas été à sa place; on ne peut d'ailleurs en réuair ies éléments qu'avec beaucoup de temps et en les cherchant dans des bibliothèques fort diverses. Nous espérons au moins avoir éclairci plus d'un point resté obscur et indiqué la direction des recherches à faire. Nous répéterons en terminant que la légende d'Ahasvérus, qui a pris sa forme dans un milieu allemand et protestant, paraît tout à fait inconnue en Espagne, en Italie et dans l'Europe orientale, • Gaston Paris.

JTUFS. Voyez Israël.

JULES P' (Saint), successeur de Marcus et prédécesseur de Libère, régna du 6 fé\Tier 337 au 12 avril 352, et fut enterré sm cimetière de Calepodius, à Saint-Callisle. Hic multas fabricas fecit, dit le plus ancien catalogue dos papes (Catal. de 332), qui énumère les églises construites par lui. Le Livre des Papes dit qu'il fut envoyé en exil On doit voir ici (Duchesne, Lib, Pont., p. 18) une méprise de copiste causée par. la ressemblance des noms de Lucius et de Julius. Cette ressemblance, remarque le môme critique, a iiitroduit une erreur dans le mai^tyrologe hiéronymien, qui mentionne la sépulture de Julius au jour (4 mars) que nous savons être celui de la dfposido de Lucius. Une épître de Julius dans la cause d'Athanase, écrite en 34i au nom d'un concile romain, et insérée dans Y Apologie d'Athanase contre les ariens (éd. des Bénéd., I, 1 ; cf. Hefele, 1, 499) marque le rôle qu'il joua pour la défense de ce père. Jules fit tenir, peut-être en 343, le concile de Sardique. — Voyez Tillemont, VIII, 673; Hefele, Concilie iigesch., T éd., I ; Lipsius, Chronologie, et les Regestesûe Jaffé.

JULES n. Julien de la Rovère, né à Albizzola, près de Savone, en 1443, général des minorités, évoque de Carpentras, d'Albano, d'Ostie et d'Avignon, cardinal de Saint-Pierre-ès-Lien« en 1471, fut élu pape par un vote unanime le 1" novembre 1503. Il avait joué un rôle considérable sous les pontificats de Sixte IV, son oncle, d'Innocent VIll qu'il avait fait nommer, d'Alexandre VI, son ennemi personnel. Pour combattre ce dernier, il ne s'était pas fait scrupule d'exciter l'ambition de Charles VIII qu'il accompagna dans sa marche à travers l'Italie. Après le traité signé entre le pape et le roi de France, il ne resta plus à Julien qu'à faire sa paix à son tour; il y réussit à force d'humilité en 1498, mais l'accord ne dura guère. En 1501, Julien menacé dans sa liberté s'enfuit de Rome, où il ne reparut qu'en apprenant la mort d'Alexandre VI. — L'état de l'Italie à l'avènement de Jules 11 permettait au nouveau pape de concevoir les plus hautes espérances; les rivalités des étrangers qui se disputaient la péninsule, la faiblesse des princes et des villes épuisés par de longues lutt^, lui assurèrent aussitôt, quoiqu'il fût sans troupes et sans argent, une influence prépondérante ; il en usa pour reconstituer et étendre le territoire du saint-siège, et pour tenter de chasser les Barbares de Tltalie. On

JULES II • 5i5

doit assurément blâmer les moyens qu*il employa, condamner sans bésitalîon sa dapliditié »et sa mauvaise iod, mais le but qà'il se proposa et qu'il poursarvitaTec ixn courage et une fermeté inébranlables, fait le pikiis grand honiinBiftr ù son patriotisme et à son intelligence politique. Dès le 5 janvier 1504, une bulle pontificale déclara que Jules II se croyait obligé de reprendre, fût-ce par les armes, les domaines enlevés au saint-siège. En même temps César Borgia est arrêté p&T les agents du pape et dé|pouillé de ses possessions de la Romagne; en 1506, les Baglioni sont chassés de Pérouse, les Bentivoglio de Bologne. Venise, qui se disposait à recueillir la succession de César Borgia, ne se laisse pas arrêter par les remontrances et les menaces de iules II ; elle paya cher son obstination. Le pape adhère à la ligue secrète conclue à Blois contre les Vénitiens par Louis XII et Maximilien, et n'attend plus que le moment propice de leur faire une dernière sommation et de les frapper, en cas de refus, des anathèmes de rÉgUse. En 1508, la France et FAllemagne s'accordent à Cambrai pour exiger de Venise la restitution des terres usurpées ; Jules II, invité à se joindre à ces deux puissances, essaye encore une fois d'obtenir satisfaction, et sa tentative ayant échoué, il lance Texcommunication et l'interdit contre la république et ses territoires (27 avril 1509). Le 14 mai suivant, Louis XII remporte une grande victoire à Agnadel dans la Ghiara d'Adda; les troupes pontificales s'emparent de Bimini, Ravenne, Cervie et Faenza. Mais le pape, qui ne s'était uni qu'à regret aux étrangers pour combattre une puissance italienne, changea de politique dès après la victoire et prêta une oreille favorable aux députés envoyés à Rome par la Signorie : il accorda l'absolution le 24 février 1510, aux supfdications des députés qui firent amende honorable et donnèrent toutes les satisfactions dans le spiritueLet dans le temporel. Il s'agissait alors pour Jules II d'arrêter les progrès de Louis XII qui menaçait l'indépendance de ntalie depuis qu'il était maître incontesté du Milanais et de Gênes; le roi d'Aragon, le roi d'Angleterre, le3 Suisses, qui pour une question d'argent venaient de rompre avec la France, étaient disposés à seconder les projets du pape. La guerre s'engagea dans le duché de Ferrare qui fut envahi par le duc d'Urbin, dans la Lombardie où les Suisses ne firent qu'une courte apparition ; Louis XII hésita un instant avant de s'attaquer au pape, mais ayant obtenu l'approbation et un don gratuit du clergé de France, il ordonna à Chaumont d'Amboise d'ouvrir les hostilités; Jules II faillit être pris à Bologne par Tannée française, il se tira d'affaire en entamant des négociations qu'il rompit dès qu'il eut reçu des renforts. Il assiégea en personne la Mirandole, entra dans cette plaoe par la brèche. — Cependant les Français craignaient de poursuivre leurs succès, et Louis XII, plutôt que d'envahir les Etats pontificaux, aima mieux avoir recours aux armes spirituelles pour réduire Jules II: il convoqua, d'accord avec Mazimilien, un concile à Pise où -quatre cardinaux, munis de la procuration de trois autres^ se reikconirèrent ave£ quelques évêques et abbés de France le 1*' septembre 1511. Après trois séaiaces. l'as-

Page 1