‹ Encyclopédie des sciences religieuses; (volume 4)Chapitre 99 sur 170 · JULES II · texte numérisé non relu

JULES II

semblée se retira, pour plus de sécurité à Milan, sous la protection des armes françaises, elle somma le pape de se prés(*nter devant elle, mais ses ordres et ses menaces restèrent sans effet ;^ules II, un moment effrayé, reprit confiance en voyant Tattitude de TAUemagne et des autres Etats chrétiens, et pour ruiner complètement rautorité du concile schismatique il annonça lui-même une réunion des représentants de la chrétienté pour Tannée 1542 à Rome. Il ne s'en tint pas là : pour sauver ses domaines, il conclut avec Venise et TEspagne la Sainte ligue contre la France, il mit tout en œuvre pour gagner les Allemands et les Anglais, et réussit à susciter contre Louis XII une formidable coalition. Les événements ne répondirent pas d'abord à ses espérances : les Suisses, arrêtés devant Milan par Gaston de Foix, reprirent le chemin de leurs montagnes ; les Espagnols, commandés par don Ramon de Cardona, les troupes pontificales, sous les ordres du cardinal-légat Jean de Médicis, après s'être avancés jusqu'à Bologne, se retirèrent brusquement sur Imola en apprenant que les Français étaient arrivés; les Vénitiens furent battus à Isola délia Scala, Brescia fut prise et livrée au pillage. Gaston victorieux dans le Nord reçut l'invitation du concile de Pise d'envahir l'Etat de l'Eglise et de l'occuper en attendant l'élection d'un pape légitime, et de Louis XII l'ordre de détruire à tout prix l'armée pontificale et de marcher droit sur Rome. Le jeune général français ne demandait pas mieux que d'obéir : il manœuvra pendant quelques semaines en présence d'un adversaire qui choisit ses positions avec une extrême prudence, et n'ayant pas réussi à emporter d'assaut Ravenne, il se tourna contre l'armée coalisée et la battit complètement sous les mursdecette place. Malheureusement la mort de Gaston arrêta les progrèsdes Fran- • çais, car « avec lui avait péri toute la vigueur de son armée. » J ules II ne s'était pas laissé abattre à la nouvelle des défaites qui avaient suivi coup sur coup ; sans repousser les ouvertures de paix faites par Louis XII, il prenait cependant toutes les mesures pour relever la coalition et pour mettre Rome en état* de défense. Ses efforts, cette fois, furent couronnés de succès; la France, attaquée par les Anglais* au nord, par les Suisses dans le Milanais, abandonnée de Maximilien, fut réduite à se tenir sur la défensive. En peu de temps elle perdit la Lombardie, Gênes, les villes du territoire vénitien ; Florence, son alliée, revint aux Médicis. Les membres de la Ligue partagèrent les pays conquis, le pape se réserva Parme et Plaisance détachées du Milanais. Cependant la paix n'était pas rétablie encore et l'on pouvait craindre de nouvelles luttes entre Venise et Maximilien qui avait gagné le roi de Naples et comptait sur l'appui de Jules. Ce dernier, préoccupé surtout de l'attitude de l'Allemagne et impatient d'obtenir son adhésion au concile du Latran, fit de belles promesses à l'emperetir, mais en rassurant Venise sur ses dispositions véritables et en s'engageantà rompre avec les étrangers dès que les sessions du concile seraient closes. 11 mourut avant : miné depuis quelque temps par la fièvre, épuisé par des insomnies et par la dysenterie, il sentit sa fin approcher et prit toutes les mesures pour empêcher le concile lui-

Page 1