‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 10 sur 263 · BAINS - BAI US · texte numérisé non relu

BAINS - BAI US

mentionnent, comme possédant certaines vertus euratives, les thermes de Tibériade, de Gadara et de Kalirrhon (Pline, V, 15; Jos., //../.. I. 33,5).

BAIUS (Michel), en français de Bay, naquit on 151:) à Melin, petite localité du Hainaut. Disciple de l'université de Louvain, il l'ut nommé en 1540 surintendant d'une institution de bienfaisance. En 1551, nous trouvons docteur en théologie et professeur suppléant à Louvain, où, de concert avec J. Hessels, il remplaçait les théologiens Tapper et Ravenstein, envoyés par celte université au concile de Trente. 11 donna dès lors à son enseignement une tendance augustiniennequi scandalisa beaucoup ces derniers à leur retour. Une vive controverse s'éleva. Les franciscains jetèrent feu et flamme contre cet augustinisme ressuscité, qui niait la capacité de l'homme naturel pour faire le bien ainsi que le mérite des œuvres. On surprit à la Sorbonne, grâce à d'habiles manœuvres, la condamnation de dix-huit thèses tirées des écrits de Baïus. Cependant Baïus et Cornélius Jansen (V. l'art. Jansénisme) furent envoyés en 1503 par Granvelle au concile de Trente. A leur retour, la controverse reprit de plus belle à propos des écrits de Baïus sur le libre arbit «-. le mérite des œuvres, les vertus des impies, et [les adversaires de Baïus finirent en 1567 par obtenir du pape Pie V la bulle Ex omnibus afflictionibus qui réprouvait 70 thèses extraites de ces traités, et, sans nommer Baïus, chargeait Granvelle d'étouffer toute nouvelle dispute au I des doctrines condamnées. Baïus insistait surtout sur la profon- : de l'état de péché qui a suivi la chute, état tel que nul n'échappe à cette triste condition, ni les régénérés eux-mêmes, ni les saints, ni même la Vierge Marie. Aucune œuvre de satisfaction, mais uniquement l'imputation du mérite du Christ, nos bonnes œuvres toutefois entrant en ligne de compte, peut nous procurer le salut. Baïus se soumit au décret pontiiieal, et dans ses leçons combattit les doctrines condam- . mais en déclarant que ce n'étaient pas les siennes et qu'on les lui ; ait imputées à tort. Cependant un certain levain d'indépendance augustinienne ne cessait de se faire voir dans ses leçons. Par exemple il soutenait que les évêques tenaient leur pouvoir, non du pape, mais immédiatement de Dieu. En 1577 il devint chancelier de l'université et par cela même inquisiteur général des Pays-Bas. En 1588 Sixte-Quint dut encore intervenir pour imposer silence aux deux partis qui, malla bulle de Pie Y, avaient repri-s les armes de la controverse. Ses < fforts échouèrent de la même manière, et bientôt le jansénisme, dont Baïus est à vrai dire le père spirituel, développa les germes qu'il avait es d'une main discrète, ferme à la fois et timide. Baïus mourut le 10 septembre 1589. L'intérêt qu'il inspire provient uniquement de ce qu'il est le premier théologien marquant de cette tendance dite te qui. rétive à la réforme* hardie du seizième siècle, ayant horsme et de toute révolte contre l'autorité de l'Eglise-, essaya avec la tradition catholique les doctrines de la grâce, de de la nullité intrinsèque des oeuvres, enseignées par Augustin, ttachanl à la prédication de Paul et qui ont toujours plu its mystiques en même temps que désireux de i> • commune

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immédiate, avec Dieu. C'est à l'histoire du jansénisme môme de nous apprendre si Baïus, que le jansénisme a continué, n'a pas condamné lui-même à l'avortement son timide essai de retour à Taugustinisme en s'inclinant d'avance devant les décrets d'une autorité trop intéressée à une manière pélagienne d'envisager la vie chrétienne pour jamais tolérer un augustinisme quelque peu conséquent. Les écrits de Baïus forment deux in-quarto édités en 1596 par le bénédictin Gerbéron. Outre les traités à couleur augustinienne dont nous avons parlé, on y voit des livres de controverse contre les adversaires de l'Eglise romaine, en particulier contre le célèbre Marnix de Sainte-Aldegonde. Gomp. aussi Bayle, Dictionnaire hist. et crû., les histoires ecclésiastiques et celles du jansénisme. Albert kéville.

BALAAM [Bileàm, BaXodtp, BiXa|wç], prophète originaire de Pethor, en Mésopotamie, engagé au service de Balac, roi des Moabites, pour prononcer des malédictions sur les Israélites qui pénétraient en Palestine, mais qui, sur l'ordre de Jéhova, les bénit par trois fois (Nomb. XXII-XXIY; Deut. XXIIJ, 5 ss.). Dans le récit biblique, en particulier dans celui du Deutéronome, Balaam se montre strictement soumis aux inspirations divines, et pourtant il est dit que Jéhova se mit en colère contre lui et l'arrêta en chemin par un ange. Pour faire disparaître cette contradiction, plusieurs commentateurs ont considéré le passage, Nomb. XXII, 22 ss., comme interpolé; mais il est plus simple d'attribuer la colère de Jéhova à la circonstance que le Voyant s'est laissé persuader par des présents à exécuter les ordres de Balac, au lieu de renvoyer ses messagers sans leur prêter l'oreille. Les circonstances étranges qui accompagnent la bénédiction de Balaam ont déterminé un certain nombre d'exégètes à regarder comme légendaire, sinon le récit entier (de Wette), malgré l'importance qu'Israël attachait à cette bénédiction involontaire prononcée par un Voyant étranger (Jos. XXIV, 9 ; Mich. VI, 5; Néh. XIII, 2), flétri dans la tradition juive comme réprouvé (ios., Antiq., IV, 6-3; cf. 2 Pierre II, 15 ss.; Jude 11; Apoc.II, 14), du moins la partie du récit ayant trait à l'ànesse qui parle (Michaelis, Herder, Jahn), présentée parfois aussi comme une vision ou un songe du prophète (Steudel). La répugnance naturelle qu'inspire ce miracle est très-ancienne. Philon déjà le passe sous silence, et Sam. Bochart n'hésite pas à y voir un mythe poétique (Hieroz., 1, 161 ss.). L'exégèse rationaliste a imaginé un dialogue mental entre Balaam et son ânesse, dans lequel le Voyant a prêté à l'animal impatient les paroles qui, dans le récit, sont présentées comme ayant été réellement prononcées (Lesse, Bauer, etc.). — Voyez Hilliger, Bileamus ejusque asina loquens, Viteb., 1673; Mœbig, Hist. Bileami, L., 1676; Winer, Bibl. Realwôrterbuch ; de Geer, Dissert, de Bileamo,ej. historia et vatic, Traj. a Rh., 1816.

BALAC [Bàlàq], roi des Moabites. Voyez Balaam.

BALBEK, en grec Héliopolis , ville de Syrie, célèbre dans les premiers siècles de l'ère chrétienne et fameuse encore aujourd'hui par ses ruines. Balbek est située à 75 kilom. nord-ouest de Damas , entre le Liban et l' Anti-Liban , sur la ligne de séparation des eaux du Leontes et de l'Oronte, au centre de la Beqa'a, c'est-à-dire de

la grande « vallée, » ïi laquelle les Grecs ont donné le nom de Cœlé- Syrie. Halbek n'est connue dans l'histoire que sous son nom grec Héliopolis, qu'elle partage avec une ville de la Basse-Egypte; mais, comme cette dernière, elle a dû s'appeler antérieurement On. Ce fait est établi par Robinson (Lat. bibl. res., p. 519 s.) et par M. Renan (Miss* de Phénicie, p. 320). Amos (I, S) cite, en effet, à côté de Damas, un endroit du nom de Biqéat Aven, qu'il faut sans doute corriger, d'accordavec les LXX, en Biqe'at-On, « la Beqa'a, » c'est-à-dire « la vallée d'On. )) Cette hypothèse est pleinement confirmée par les inscriptions phéniciennes d'Àbydos. En effet, sur un de ces graffiti qui ont été tracés, soit par des mercenaires, soit par des pèlerins phéniciens, l'un d'eux s'intitule : Yacheb On Micrayim, « habitant d'On en Egypte. » M. Kenan suppose donc qu'il y avait probablement deux villes d'On répondant aux deux Héliopolis : l'On d'Egypte et l'On de la Beqa'a, aujourd'hui Balbek. Dès lors, on ne saurait hésiter à attribuer à cette dernière ville les monnaies si nombreuses des Séleucides à légende phénicienne, que M. Lenormant nous signale dans la collection du duc de Luynes et qui portent les lettres alef, noun. Elles sont un témoignage de l'importance qu'a eue la ville de Balbek dans l'antiquité. La parenté de nom de l'On de Syrie avec l'On d'Egypte implique, sinon une parenté de race, du moins des rapports fort anciens entre les deux villes. Plusieurs des grandes villes de Phénicie étaient dans le même cas. Le souvenir de cette parenté s'est conservé sous la forme d'une légende religieuse. L'auteur dix De Dea Syria (n° 5) raconte qu'on adorait dans le grand temple d'Héliopolis un hieron antique, qui y avait été apport»' d'Egypte; Macrobe (1. I, 23) rapporte la même chose de l'image du Jupiter Heliopoiitanus. Balbek est le nom actuel d'Héliopolis ; on serait tenté d'y retrouver encore la Beqa'a; il n'y a qu'un obstacle à cela : c'est que Balbek s'écrit en arabe par un kaph ; M. Renan néanmoins ne considère pas comme impossible que Balbek soit une altération de la forme Baal-Beqa'a. Quoi qu'il en soit, la première partie du mot, « Baal, » semble bien lui assigner une origine sémitique ancienne. C'est seulement à dater des Romains que Balbek a été ville de premier ordre ; elle devint colonie romaine sous le nom de Colonia Julia Augusta FeiU Heliopolitana , et les empereurs de la fin du deuxième et du troisième siècle y élevèrent les deux temples dont on voit encore les ruines. On peut en reconstituer en partie l'histoire à l'aide des monnaies. Le grand temple avait dix colonnes de façade; H était entouré d'une enceinte ou temenos; sur le devant se trouvaient nue cour, un grand vestibule et un péristyle de douze colonnes qui est ligure sur les monnaies. Ce temple, une des merveilles de l'ancien monde, a été presque entièrement détruit; il n'en reste que six colonnes qui ont près de 40 mètres d'élévation. Le mur de soubassement était formé de blocs immenses, quelques-uns atteignent des dimensions dont aucun autre monument ne peut donner l'idée. Trois de ces pierres (d'où le nom de trililhon (pie l'on a donné au temple) tonnent une masse de 65 mètres de long sur 10 de haut et 5 de large. Le petit temple était un peu en retraite sur le grand, auqule le rattachait n 3

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