‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 9 sur 263 · BADE · texte numérisé non relu

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pela à L'université des théologiens calvinistes. Au grand déplaisir du peuple, on supprima dans les églises les orgues, les autels et les images, « t l'hostie l'ut remplacée par du pain. Frédéric 111 lit faire parZacharias Ursinus et Gaspard Olevianus le Catéchisme de Heidelberg, qui supplanta ceux de Luther et de Brenz. 11 établit aussi la discipline calviniste de Genève dans toute sa rigueur; le professeur de médecine Thomas Eraste, membre du conseil d'Eglise, ayant protesté contre ce despotisme nouveau qu'on imposait aux consciences, fut accusé d'arianisme et excommunié; plusieurs pasteurs luthériens furent plus maltraités encore; Sylvan, emprisonné d'abord, fut accusé de blasphème, condamné sans jugement régulier, et décapité à Heidelberg, le 23 décembre 1572. Louis VI (1576-4583), fervent adhérent de la Formule de Concorde, rétablit le luthéranisme et destitua les pasteurs et professeurs réformés. Mais Jean-Casimir, tuteur de Frédéric IV, chassa de nouveau les luthériens et éleva son pupille dans le plus strict calvinisme. Frédéric V, devenu roi de Bohême, attira par son ambition et son incapacité les plus grandes calamités sur le Palatinat, que les troupes impériales occupèrent et dévastèrent, et qui resta jusqu'à la paix de Westphalie sous la domination catholique. En 1685, il échut à la ligue catholique du Palatinat-Neubourg, et dès lors l'Eglise réformée y fut opprimée; ce n'est qu'en 1705 que les réformés recouvrèrent leurs droits, parla médiation de la Prusse et du Brunswick. — En 1821 l'union d< - deux Eglises (luthérienne et réformée) fut établie dans le grandduché de Bade. On reconnut comme règle de la foi la confession d'Àugsbourg et les catéchismes de Luther et de Heidelberg, « en tant qu'ils réclament et appliquent la libre étude de l'Ecriture, seule source de la foi chrétienne. » En 1834 un synode pourvut l'Eglise unie d'une agende, d'un recueil de cantiques et d'un catéchisme passablement rationalistes. Comme après 1850 il y eut, en bien des endroits, un réveil de la foi luthérienne, on le réprima par les gendarmes, on infligea des amendes et la prison. Les pasteurs Eichhorn et Ludwig durent abandonner leurs troupeaux, .et ce n'est qu'en 1854 qu'on accorda aux luthériens séparés le choix d'un pasteur. Dans aucun pays on n'a appliqué, autant que dans le Palatinat, ce funeste principe : Cujus regio, ilh'us religio. C'est peut-être à ces fréquents changements de confession, plus encore qu'à l'enseignement dissolvant du professeur Paulus de Heidelberg, qu'il faut attribuer l'indifférence du protestantisme badois pour toute tradition religieuse et ecclésiastique. Aujourd'hui le grandduché de Bade est, avec le Palatinat de la rive gauche, le champ d'expériences (E xperirnentirivinkel) où le Prolestantenverein essaye les ré- If ►nues les plus radicales, sur le terrain de l'Eglise aussi bien que de l'école (Vierordt, Gesch. der Réf. kn Grossherz. Bâderï). Ch. pfender.

BADE (Statistique religieuse). Le grand-duché de Bade comptait, au lr décembre 1875. 1,507,179 habitants, savoir: 517,851 protestants, 958,907 catholiques, 3,842 chrétiens d'autres confessions, 2<>,Wlites, S7 adhérents d'autres cultes. Les protestants habitent surtout nciennes i ossessions héréditaires de la maison de Bade; les catholiques, les territoires annexés plus récemment au grand-duché. — l°Le&

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deux confessions protestantes sont fondues en une seule depuis le synode général de 1821. L'autorité suprême réside à la fois dans le synode général élu par les paroisses et dans le conseil supérieur évangélique, composé d'un président et de dix conseillers nommés par le gouvernement et de quatre délégués du synode. Les paroisses sont groupées en 35 décanats; chaque décanat a son synode particulier, chaque paroisse son conseil d'Eglise. Les biens d'Eglise, assez considérables, sont administrés par des autorités assez diverses, sous la surveillance du conseil supérieur. La Faculté de théologie et le séminaire de Heidelberg forment les pasteurs. Cette Faculté, longtemps florissante, est tombée aujourd'hui, sous l'influence de ses chefs actuels, à avoir (été de 1876) 9 étudiants pour 9 professeurs. — 2° L'Eglise catholique forme l'archidiocèse de Fribourg, érigé le 16 août 1821. Les biens ecclésiastiques sont administrés par une commission d'Etat composée d'un président et de six conseillers. Le pays est partagé en 82 décanats, 729 paroisses, 114 chapellenies et 224 vicariats. Les prêtres sont instruits au séminaire et à la Faculté de théologie de Fribourg : (été de 1876) 7 professeurs, 47 étudiants. — 3° Les vieux-catholiques sont au nombre de 17,203, formant 44 paroisses et sociétés (Rapport de M. de Schulte au synode des vieux-catholiques à Bonn, le 7 mai 1876). — 4° Parmi les chrétiens d'autres confessions, il y a environ 1,500 mennonites. — 5° Les israélites sont régis par une conférence administrative, composée d'un délégué grand-ducal , de 4 membres laïques et d'un rabbin. Dans les questions de doctrine, on appelle à siéger 2 rabbins de plus. Le territoire est divisé en 15 rabbinats de district. Les juifs ne jouissent de tous les droits de citoyens que depuis 1849. La constitution de 1818 n'admettait à ces droits que les membres des confessions chrétiennes. Les biens d'Eglise suffisent à peu près aux dépenses des cultes. La part contributive de l'Etat n'est, au budget de 1876, que de 215,522 marcs. — Bibliographie : Almanach de Gotha, 1877 ; Hof-und Staats-Handbuch des Grossherzogthums, Baden, 1876, etc. E. Vaucher. BADUEL (Claude), humaniste, professeur et pasteur, naquit à Nîmes au commencement du seizième siècle, d'une famille obscure, s'adonna avec ardeur à l'étude et s'éprit d'une vive passion pour le mouvement littéraire de la Renaissance. Cette passion le conduisit de Nimes à Paris, de Paris à Louvain où il connut Jean Sturm, de Louvain à Wittemberg où il visita Mélanchthon, en 1534. Il s'ouvrit dès lors aux idées de la Réforme qui lui sembla la conclusion légitime et la sauvegarde nécessaire de la Renaissance. Recommandé par Mélanchthon à la reine de Navarre, Marguerite de Valois, et soutenu dans ses études par les libéralités de cette princesse, il séjourna à Strasbourg en 1538, dans la maison de Bucer, fit la connaissance de Calvin, dont il resta F ami, et assista aux débuts du gymnase fondé par Jean Sturm. Professeur ensuite à Paris, il fut désigné par sa royale protectrice pour diriger le collège et l'université des arts que la municipalité de Nimes venait de fonder, sur autorisation et lettres patentes de François Ier. Ouvert en 1540, cet établissement ne tarda pas à fleurir ; mais de déplorables querelles avec Guillaume Bigot, que Baduel avait appelé pour enseigner la philosophie à

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côté de lui. et qui était l'adversaire déclaré des études littéraires, troublèrent l'ordre du collège et le repos de Baduel. Il chercha en vain la tranquillité dans les écoles de Carpentras (1544) et de Montpellier (1546) où il enseigna quelque temps. Revenu à Nimés, mais dénoncé comme luthérien, pressé (railleurs par sa conscience de professer le nouveau culte auquel il adhérait intérieurement, il quitta Nimes vers la fin de 1550, séjourna quelques mois à Lyon, où il encouragea comme pasteur le zèle des protestants secrets de cette ville, et trouva enfin à Genève (lool) la pleine liberté de conscience à laquelle il aspirait depuis si longtemps. 11 y collabora aux grands ouvrages de Crespin et de Robert Estienne, fut reçu bourgeois de la ville en 1556, nommé pasteur à Russin la même année, et un peu plus tard à Vandceuvres. Il fut enfin appelé à l'Académie de Genève en 1560 et y professa la philosophie et les mathématiques jusqu'à sa mort, arrivée en 1561. Lettré éminent, chrétien conséquent, il avait toujours subordonné ses intérêts personnels à ceux des études, et l'intérêt des études à celui de sa foi. — Baduel a laissé plusieurs écrits parmi lesquels nous citerons : une Lettre à Sadolet sur la marche à suivre dans r éducation de la jeunesse ; un Traité sur le mariage des gens de lettres, où il combat le préjugé qui vouait les professeurs au célibat ; des Annotations sur quelques discours de Cicéron; divers Biscornus scolaires ou de circonstances; des Traductions en latin de traités d'Isocrate et de sermons de Calvin ; enfin des Lettres, inédites, dont une copie se trouve à la bibliothèque de la ville d'Avignon. Tous ces ouvrages sont écrits en un latin très-pur et modelé sur celui de Cicéron. M.. j. gaufrés.

BAHRDT (Charles-Frédéric) [1741-1793] est le représentant le plus avancé du rationalisme vulgaire, et l'un des types les plus laids de la théologie allemande à la lin du dernier siècle. Elevé dans la savante école de Schulpforta, où il se distingua par ses talents non moins que par sa légèreté, Bahrdt fit ses études en théologie à Leipzig, sous la diiv. t ion de Crusius, dont il adopta Y orthodoxie confuse et bizarre. Nommé professeur à l'université d'Erfurt, il jeta le masque dont il avait jusque-là couvert ses hérésies, et enseigna le rationalisme le plus superficiel. A la platitude de la doctrine, Bahrdt ajouta le cynisme de la conduite. Obligé de quitter l'Allemagne, en présence de la réprobation universelle dont il était l'objet, il passa quelque temps en qualité de pédagogue au gymnase de Marschlintz, dans le canton des Grisons; puis, ayant eu rautorisation de revenir dans son pays natal, il fonda près de Yïni mis. d'après les principes de Basedow, un établissement d'éducation auquel il donna le nom prétentieux de pkilanthropinum. Plus tard, nous !.■ trouvons établi à Halle, sous la protection du ministre prussien Zedlitz, favorable aux nouvelles doctrines, vivant du produit de souscriptions recueillies à Berlin et de l'exploitation d'une auberge fréquentée par lc> étudiants que Bahrdt façonnait à ses idées. Bahrdt se vit, à la lin de sis jours, impliqué dans des poursuites pour affiliation à une iété secrète, <'t fut condamné à un an de prison pour "un pamphlet qu'il avait publié contre le gouvernement à l'occasion de l'édit de reliii de 1787. Dans son Autobiographie (Berlin, 1790, \ vol.;, Bahrdt

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indique les titres de 126 ouvrages dont il est Fauteur. Nous citerons dans le nombre ses Neuesle Offenbarungen Gottes in Briefen u. Erzœhlungen, Riga, 1772, 4 vol., sorte de paraphrase du Nouveau Testament, remplie des opinions et des conjectures les plus étranges; ses Briefe iiber die Bibel im Volkston, 1783-1791, 12 vol., et son Ausfûhrung des Plans u. Ztvecks Jesu in Bine f en, 1784. Pour expliquer naturellement l'origine du christianisme, Bahrdt imagine un roman trèscompliqué sur le développement de la jeunesse du Christ, dressé par une société secrète à son rôle messianique et pourvu par elle de connaissances médicales et de remèdes inconnus jusqu'alors. On peut dire que tout F effort de Bahrdt consistait à traduire les idées chrétiennes dans un rationalisme affranchi de tout sérieux et de toute retenue. Le succès que ces ouvrages ont eu auprès d'une grande partie* du public éclairé de F Allemagne est F un des plus tristes symptômes de l'affaiblissement du sentiment religieux à la fin du dernier siècle. — Voyez : Tholuck dans ses Vermischte Schriften, II, p. 110 ss., et Prutz, K. Fr. Bahrdt, Bcitràge zur Geschichte seiner Zeit u. seines Lebens, dans Raumer, Histor. Taschenbuch, 1850.

BAIER (Jean-Guillaume) [1647-1695], savant théologien luthérien qui professa à Iéna et à Halle. Par sa tendance il se rattache à l'école qui forme la transition entre l'orthodoxie stricte et le piétisme dont Baier subit fortement l'influence. Dans la christologie, il rejeta la doctrine de l'ubiquité; dans la théorie du sacrement, il nia la présence d'une materia cœlestis comme élément constitutif ; il demanda que Fexorcisme, lors du baptême, fut considéré comme un àdta<popov, et distingua, dans le recueil canonique du Nouveau Testament, des libri primi et secundi ordinis. La science de Baier avait un caractère véritablement encyclopédique. C'est ce que prouve son vaste Compendium theologiœ positivœ, homileticœ, historicœ, moralis et exegeticœ (1673- 1694), qui embrasse toutes les branches de la théologie. Baier, suivant l'impulsion donnée par Calixte, traita avec prédilection la symbolique et chercha avec une ardeur infatigable les moyens de réconcilier les catholiques et les protestants, comme aussi d'unir en un même faisceau les diverses branches du protestantisme. De ces efforts sont nés ses deux ouvrages : Cullatio doctrinœ pontificiorum et protestantium, 1692, et Collatio doctrine quaker orum et protest antium, 1694.

BAINS chez les Hébreux. La chaleuret la poussière propres aux pays de F Orient nécessitent F usage fréquent des bains, reconnu d'ailleurs comme indispensable pour se préserver contre les maladies de la peau. Chez les Hébreux, les bains étaient prescrits comme un devoir élémentaire (Néh. IV, 23), et même, dans certains cas, ordonnés. par la loi et placés sous la sanction de Dieu (Lév. IV, 8 ss.; XV, 5, 18; XVII, 16; XX, 6; Nomb. XIX, 19; Deut. XXIII, 11). On ne se baignait pas seulement dans les rivières (Lév. XV, 13; 2 Rois V, 10), mais aussi dans les maisons, qui avaient parfois un bassin spécial disposé à cet effet (2, Sam. XI, 2; Suzanne XV; cf. Josèphe, Antiq., XIV, 15, 13). Plus tard, les villes de la Palestine empruntèrent aux Grecs et aux Romains Fusage des bains publics (Jos., Jintiq., XIX, 7, 5). Les historiens postérieurs à l'exil

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