U BALBEK — BALDE
un escalier coudé. Il est conservé presque en entier. Les colonnades, les murs, les sculptures intérieures n'ont presque pas souffert. L'élévation en est encore assez grande et le style élégant, mais il est un peu surchargé et sent la décadence. Les masses de pierre mises en œuvre dans ces temples sont en général plus considérables que dans les édifices romains, et dénotent encore les habitudes de l'architecture orientale. Certaines parties doivent remonter à l'époque phénicienne. On est assez peu d'accord sur l'attribution de ces temples soit à un dieu, soit à un autre; en général, on appelle le petit temple le temple du Soleil, et le grand, le temple de Jupiter Heliopolitanus. D'après M. de Saulcy (Ac. des Insc, 19 janvier 1877), il faudrait renverser ces appellations; elles n'ont, du reste, d'importance pour nous qu'autant qu'elles peuvent servir à nous éclairer sur l'ancienne religion de Balbek ; mais ce dernier point est encore très-obscur. Nous savons par des inscriptions que le grand dieu d'Héliopolis s'appelait Zeus-Balanios. M. de Saulcy corrige ce nom en Baal-Hélios, « le Baal-Soleil; » M. Renan préfère y voir le nom deBaal-Oni, « le Baal d'On. » C'est sans doute une représentation de ce dieu que porte un bas-relief dédié au Jupiter Opt. Max. Heliopolitanus, qu'on a retrouvé dans la fontaine de Nimes (Lenormant, Gaz. archéol., 1876, fasc. 4)„ D'après Macrobe, le culte qu'on lui rendait était purement sémitique; mais ses origines n'étaient pas sans quelque attache avec l'Egypte (voyez plus haut). Certains passages des auteurs anciens qu'il est difficile de mettre d'accord feraient même croire qu'on adorait à Balbek, avant l'arrivée des Romains, deux divinités distinctes , auxquelles répondirent dans la suite les deux temples élevés par les empereurs. M. de Saulcy n'admet pas cette manière de voir. D'après ce savant, le grand temple avait été bâti par Antonin le Pieux, sans doute sur l'emplacement de l'ancien. Le plus petit fut construit par Septime Sévère (193-197) et muni d'un escalier coudé et d'une enceinte par Philippe l'Arabe ; le grand vestibule et le temenos furent commencés par Caracalla, et terminés probablement par Philippe. Durant les premiers siècles de l'ère chrétienne, Balbek fut le théâtre de plusieurs persécutions ; Théodose renversa le grand temple et éleva en sa place une basilique (375-379). Dès lors il y eut des évéques d'Héliopolis (jusqu'en 458; par la suite le siège épiscopal fut transporté à Zahleh). Ils comptaient parmi les évoques de Phénicie; néanmoins le souvenir de l'ancien culte est resté vivant jusqu'à la prise de Balbek par les Arabes sous Abou-Obeida. — Les ruines de Balbek ont été explorées et décrites par un grand nombre de voyageurs à partir du dix-septième siècle ; celui qui voudra s'en faire une idée devra consulter principalement Wood : Les ruines de Balbek, autrement dite Héliopolis, dans la Cœlesyrie, Londres, 1757, grand in-fol., et la restitution qui en a été faite tout récemment à l'Ecole des Beaux- Arts par M. Joyau, architecte pensionnaire de l'Ecole de Rome.
Ph. Berger.
BALDE (Jacques), jésuite, professeur, prédicateur et poëte, né à Ensisheim en 1003, mort à Neubourg en 1668. Si la versification est l'essence de la poésie, Balde, selon le surnom qu'on lui donna de son