‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 100 sur 263 · BŒHMER — BOGOMILES · texte numérisé non relu

BŒHMER — BOGOMILES

huit 1 17S7).' et un traité sur les Lois concernant les mariages à l'époque f/>' Charlemagne et de ses successeurs (1826).

BOGATZKY (Charles-Henri de) [1690-1774] est L'un des écrivains les plus populaires de l'école piétiste. D'une santé faible, d'un naturel doux et timide, bien qu'expansif et dévoré de l'ardeur du prosélytisme, contrarié dans sa vocation par un père mondain et irascible, Bogatzky avait vingt-six ans lorsque, enflammé par la prédication de Francke, il étudia la théologie à Halle. Sa vie intérieure s'était développée dans l'isolement et dans la prière. Il mena une existence assez errante, accueilli par des familles nobles et princières, dans lesquelles il remplissait les fonctions de directeur spirituel. En 1740, il se retiraà la maison des orphelins de Halle, dirigeant des réunions d'édification pour les étudiants et publiant ses nombreux écrits, qui occupent une place marquante dans la littérature ascétique de l'Allemagne protestante. Un souille de piété intime et vivante les anime : ils sont le fruit des expériences de l'auteur qui a su généralement les revêtir d'une expression exquise. La tendance piétiste s'y révèle avec sa force comme avec ses faiblesses. Le plus populaire des ouvrages de Bogatzky est un recueil de maximes pieuses, publié sous le titre : Das gùldene Schatzkœstlein dfir Kinder Gotles (1718), qui a eu plus de cinquante éditions; le plus étendu, les Betrachtungen ùber das ganze N. T., 1755-61, en 7 vol. Bogatzky a composé un grand nombre de cantiques qui ont trouvé place dans divers recueils et que l'auteur a réunis sous le titre de Uebung der Gottseligkeit in geistlichen Liedern, Halle, 1749. Une autobiographie de Bogatzky a été publiée par Knapp en 1801.

BOGOMILES. sectaires bulgares du douzième siècle. On fait remonter leur origine aux euchètes ou eutychites (ceux qui prient) du quatrième siècle. Tandis que les uns font dériver leur nom des deux mots slaves Gospodine pomilui (Seigneur, aie pitié de moi!), d'autres l'identifient avec celui de Théophile (ami de Dieu). Ils se tenaient cachés, principalement à Constantinople, parmi les moines qui peuplaient les nombreux couvents de la ville. Leur chef, le médecin Basile, ayant été convaincu d'hérésie, sous l'empereur Alexis Comnène, fut brûlé en l'an 1118. Leurs écrits furent l'objet de nombreuses réfutations; les synodes de Constantinople de 1140 et 1143 les condamnèrent à être brûlés, deux évêques accusés de bogomilisme furent destitués et plusieurs moines mis en prison. Mais la persécution ne parvint pas à extirper la secte qui se maintint en Bulgarie, particulièrement autour de Philippople. pendant tout le moyen âge. Le chroniqueur Geoffroy de Villehardouin dit qu'une partie. des habitants de cette ville étaient popolicani. La doctrine des bogomiles est un mélange d'idées manichéennes et mystiques : elle se rapproche d'une manière frappante de celle des cathares (voy. cet article). Ils niaient la Trinité et attribuaient à Dieu une tonne humaine. 11 engendra deux iils dont l'aîné, Satanaël, se révolta contre son père auquel il voulait ressembler, entraînant dans sa chute un certain nombre d'anges et formant le monde visible au moyen d'un principe enlevé au inonde divin, il séduisit Eve et engendra avec elle Caïn. L'appareil extérieur de la théo-

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