‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 105 sur 263 · BOLLANDISTES · texte numérisé non relu

BOLLANDISTES

toute L'Europe. A ces trois grands hommes succédèrent d'autres collaborateurs moins illustres, mais dont quelques-uns ne manquèrent pas

de mérite : Janninek, Baerts, du Sollier, Pieu, Cuypers, Van den Bosch, Van de Velde, Limpeu, Stveker, Stiltinck, Suyskene, Périer, Clé, de Bye, Ghesquière, de Bue, Huben, Berthod. La persécution qui frappa au dix-huitième siècle Tordre des jésuites n'épargna pas les bollandistes. Le 20 septembre 1773 on leur donna lecture de la bulle de Clément XIV et des lettres patentes de Marie-Thérèse qui leur ordonnaient de se séparer, et l'un d'eux, Clé, fut même emprisonné pendant deux. ans. Toutefois en 1778 l'abbé de Caudenbey fut autorisé à recevoir les bollandistes à qui l'on intima l'ordre de terminer leur œuvre en dix ans et en dix volumes. Mais en 1780 le monastère de Caudenbey fut aussi supprimé, et les bollandistes furent ramenés à Bruxelles, au collège des jésuites. Joseph II vendit pour 23,000 florins le Musée des Saints à l'abbé de Tongerloo. et c'est là que parut encore en mai 1794 le cinquante-troisième volume de la collection, grâce au zèle de quatre prémontrés : Fonson, Yan Dyck, deGoor etStalz,queleP. de Bue avait réussi à enrôler pour l'œuvre. La Révolution vint arrêter leurs travaux; le () décembre 1791 les religieux de Tongerloo furent expulsés et le Musée eut été entièrement perdu si les fermiers de l'abbaye n'en avaient pieusement recueilli et conservé les débris. Sous Napoléon, il fut plusieurs fois question de rétablir les bollandistes et de reprendre leur œuvre. Le janséniste Camus, Monge, l'Institut s'en occupèrent, et Napoléon se montrait favorable; mais rien ne fut fait. En 1825, le roi Guillaume de Hollande racheta les restes du Musée des Saints dont les imprimés furent déposés à La Haye, et les manuscrits à Bruxelles. Après la création du royaume de Belgique, le ministère de M. Guizot ayant manifesté l'intention de faire continuer en France l'œuvre des bollandistes, le roi Léopold chargea en 1836 les jésuites de Belgique de reprendre l'entreprise inachevée. En 1845 le cinquante-quatrième volume parut, deux cents ans après l'apparition du premier. Le collège Saint-Michel de Bruxelles a depuis lors été le centre des bollandistes, et les Pères qui depuis 1836 ont travaillé au recueil sont les PP. Van der Mœre, Yan Hecke, Bossue, de Buch, Tinuebrœck. Soixante volumes ont paru. Ils sont publiés par la librairie catholique générale de Paris, qui a aussi réédité tous les anciens volumes. Les Acta Sanclorum contiennent non-seulement les textes principaux des vies «les saints et d'amples préfaces où sont discutées toutes les questions critiques que ces documents soulèvent, mais encore des dissertations étendues sur des points spéciaux de l'histoire ecclésiastique, telles que la Diatribe sur les trois Dugobert de Henschen , le Propylée diplomatique de Papebrœck, les traités sur les martyrologes, sur les patriarches d'Antioche et de Constantinople, etc. — Consultez pour ['histoire des bollandistes : De Prosecutione operis Bollandiani quod \ A. SS. ùucribitur, Namur, 1838, in-8° ; Donner, Zeitscltri/t fur Philosophie h. katholische Tln><>l<><jii\ 1836, livr. 17 et 20; Pitra, Etudes sur la collection des .{<■/,■< des Saints publies par les Bollandistes, Paris, 1850, in -8°. Gabriel Monod.

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BOLOGNE (ville et archevêché de). Bâtie, on ne sait par quels émigrants, non loin de la Gaule cisalpine, Bologne dut à sa position de recevoir une colonie romaine. Enlevée par Pépin et Charlemagne aux Lombards, elle profita des longues luttes entre les empereurs et les papes pour devenir indépendante. La liberté lui donna quelques moments de puissance au dehors, mais une anarchie perpétuelle au dedans. Après des discordes civiles qui remplirent les treizième et quatorzième siècles. Bologne se soumit au pape, mais le saint-siége fut longtemps incapable de la soustraire aux tyrans qui s'y disputaient le pouvoir. Jules II l'annexa définitivement, en 1506, aux Etats de l'Eglise. Cette ville est célèbre dans l'histoire ecclésiastique par son université fondée, dit-on, par Théodose le Jeune, vers 423, par sainte Catherine de Bologne et par les cinq papes qui y sont nés : Grégoire XIII, Honoré II, Luce II, Innocent IX et Grégoire XV. Elle a produit aussi l'illustre naturaliste Aldrovandus et nombre d'érudits. Saint-Dominique y est enterré dans l'église de son ordre. Clément VII couronna Charles- Quint à Bologne, en 1529. Le concile de Trente y fut transféré en 1547, par une délibération du il mars votée , à l'instigation de la cour de Rome, par 35 évoques et 3 généraux d'ordres. Charles-Quint s'opposait formellement à cette translation ; aussi fut-elle rejetée par un cardinal et 17 évoques qui restèrent à Trente sur l'ordre de l'ambassadeur impérial. Ce schisme d'un nouveau genre paralysa l'assemblée de Bologne, et il fallut différer le plus possible les sessions pour ne pas tomber dans un embarras ridicule. La première fut célébrée le 21 avril, uniquement pour la remettre au 2 juin, vu l'absence des Pères. Le 2 juin, on renouvela la même formalité, en fixant la session au 15 septembre.. Cette fois, on eut honte de la tenir, et dès le 14 les légats convoquèrent une congrégation qui prorogea indéfiniment la session annoncée. Elle n'eut lieu que sous Jules III, à Trente, le 1er mai 1551. Les deux sessions nominales de Bologne sont les IXe et Xe du concile et les dernières du pontificat de Paul III.

BOLSEC (Jérôme-Hermès). En 1551 arriva de Ferrare à Genève un médecin nommé Bolsec, ancien carme, inquiété à Paris pour la hardiesse de sa prédication, réfugié en Italie, dans les Etats de Renée de France, devenu protestant, mais ayant dû quitter Ferrare à cause de son inconduite. A Genève il commit l'imprudence de s'attaquer ouvertement et même en plein temple au dogme de la prédestination et de l'élection calviniste, ce qui lui attira non-seulement les violentes remontrances, mais aussi l'animadversion de Calvin, très-peu tolérant sur ce chapitre. Mis en prison par ordre du Conseil, il fut, malgré les préavis de Zurich, de Berne et de Bàle, banni de la république et dut se retirer à Thonon (Savoie), qui dépendait alors de Berne. Calvin, député auprès du Conseil de Renie, obtint encore son expulsion. Bolsec revint à Paris et s'arrangea de manière à faire sa paix avec les ' Eglises réformées. Il rétracta ses erreurs au synode national d'Orléans (1562). On ne sait trop ce qu'il devint ensuite ; mais, peu de temps après, ouïe retrouve à Lausanne exerçant de nouveau la médecine, il en est encore chassé pour cause d'opinions malsaines, il séjourne quelque

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temps à Montbéliard. enfin il rentre en France el abjure le protestantisme. A Autun. du il ^'établit comme médecin, il se lia avec les chanoines du lieu et commença La série de ces diatribes systématiques contre la Réforme 61 les réformateurs. Il changea encore plusieurs lois de résidence: on levoif à Lyon en 1577, el il y est probablement mort en 1585. On a de lui : 1" Le Miroir de Vérité au roi ('hurles IX (1562, introuvable); 2" Histoire de la vie, mœurs, actes, doctrine et mort <l' demi Calvin, jadis grand-ministre de Genève (4582); 3° Histoire de la oie, mœurs, doctrine et dé por terriens de Th. de Bèze dit le Spectahle 1582); Ces biographies sont un tissu de calomnies qu'aucun historien sérieux., pas même le P. Maimbourg, n'a osé admettre et dont plus récemment M. Mignet a fait bonne justice. C'est là pourtant qu'il faut chercher la première mention de la légende, devenue depuis si chère aux écrivains passionnés de l'ultramonlanisme d'après laquelle Calvin aurait eu de mauvaises mœurs et, dans sa jeunesse, aurait été « lleurdelysé ». Sans doute Bolsec a été Tune des victimes de l'àpreté avec laquelle Calvin et Th. de Bèze défendaient leur dogme favori de la prédestination. Mais tout le reste de sa vie nous montre en lui un esprit inquiet, brouillon, peu scrupuleux, très-entiché de lui-môme et ne eraignanl pas, pour acheter de puissantes protections et satisfaire ses rancunes, de tremper sa plume dans le plus noir mensonge. — Voyez: La France protestante, art. Bolsec ; La Vie de Calvin, par Henry ; la même Vie, par Th. de Bèze. a. réville.

BONA (Jean), né à Mondovi en 1609, d'une branche des Bonne-Lesdigùières du Daùphiné. Il prit, dès 102o, l'habit de Citeaux à Pignerol, et en 1051 il fut élu général de son ordre. Après ses trois ans d'exercice. il déclina cet honneur, mais Fabio Chigi, son ami intime, devenu pape en 1655 sous le nom d'Alexandre VII, le força à l'accepter de nouveau. Cardinal en 1669, de la création de Clément IX, il était désigné par la voix publique pour lui succéder au saint-siége, mais le conclave de 1070 trompa l'attente universelle. Il mourut en 1074. Bona avait consacre'' sa vie à la science et à la théologie. Il entretenait avec les savants de l'Europe une correspondance qui a été recueillie par le P. Sala (Turin, 1755, 1 vol. in-8°). La meilleure des nombreuses éditions de ses œuvres es! celle du même P. Sala (Turin, 1747, 4 vol. in-tol.). L'ouvrage le plus érudit de Bona est son Rerum liturgicarum libri duo, traduit par l'abbé Lobry (Paris, 1850, 2vol. in-8°).Un autre écrit, Le Phénix qui renaît, ou rénovation de l'âme par la retraite et les exercices spirituels, ouvrage posthume du cardinal, a été traduit du latin par M. Julien Travers «Paris. 1858, in-8°). Mais ce qui a rendu Bona populaire, ce sonf ses Principia vit.v christianœ et sa Manuductio ad cœlum. Os deux traités, dignes, par leur onction et leur simplicité, d'être compares a Y Imitation de Jésus-Christ, ont eu plusieurs traductions françaises. Celles de Lambert pour le premier et du président Cousin pour le second onl été reproduites dans le Panthéon littéraire deBuehon (Paris, 1825, in-8°). Ce sérail rendre un véritable service que d'adapter, comme on la fait pour Y I Tmitation, à tontes les communions, au moins les Principes de la vie chrétienne.

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