‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 107 sur 263 · BONALD — BONAVENTURE · texte numérisé non relu

BONALD — BONAVENTURE

idées transmises. Les formes politiques, les maximes religieuses, morales.

déjà en vigueur, les vieilles traditions, sont la vérité même et L'homme ne doit rien chercher au-delà. 11 s'agit au fond, pour de Bonald comme pour de Maistre, de nier la puissance et l'indépendance de La raison. Leur théorie <ln langage, c'est la forme qu'ils ont donnée l'un et l'autre à la question de L'origine des idées. Cette maxime: L'homme pense sa parole avant de parler sa pensée, est donc la base de la philosophie de M. de Bonald. On peut dire également que toute sa politique est renfermée dans ce principe : trois idées générales, cause, moyen, effet, embrassent l'ordre universel des êtres et de leurs rapports. Il explique tout ainsi, appliquant à tout son principe : à la Trinité divine; aux mystères de la foi catholique, trinité, incarnation, rédemption; à la société politique, le pouvoir, le ministre, le sujet; à la société domestique, le père, la mère, l'enfant,. Dieu, qui a voulu qif U y eût partout une cause, un moyen et un effet, veut quo chaque terme conserve sa fonction propre. Donner quelque puissance au médiateur ou à l'effet, c'est désobéir à la volonté de Dieu pour suivre la raison et la loi naturelle. Le despotisme doit donc rester établi partout, comme révélé par Dieu, dans la religion, dans la société politique et dans la famille. Les discours politiques de M. de Bonald et ses grands ouvrages : la Théorie du pouvoir politique et reliyieu.v, la Législation primitive, les Recherches philosophiques sur les premiers objets des connaissances morales, tous compris dans l'édition de ses œuvres complètes (Paris, 1817-1821), 10 volumes), présentent l'application aux sujets les plus divers, de ces principes, en même temps que de la théorie du langage. Ainsi, tandis que la plupart de ses contemporains, dans L'école sensualiste, s'efforçaient de renouer la chaîne qui les rattachait à Condillac et kY Encyclopédie, M. de Bonald vouluteonstituer la société civile sur la base de la religion et d'une révélation contraire à la raison. L'école théologique à laquelle d appartenait n'a rien fait qui fût destiné à durer, il crut lui-même, haïssant la Révolution et l'esprit moderne, n'arriver qu'aux conséquences fatales de ses théories, tandis qu'en réalité ses principes n'étaient au contraire que des moyens de satisfaire et de légitimer ses sentiments. — Voyez Damiron, Essai sur l'hist. de la philosophie en France, 2 vol. in-8°, Paris, 1828; Académie française, Collée t. des discours, séance du 15 juillet 1841 ; Marie-Joseph Chénier, Tableau de la littérature ; Maine de Biran, Œuvres inédites, publiées par Na ville, Examen critique des opinions de M. de Bonald, Paris. 18.M). in-8°. J. Arboux.

BONAVENTURE. Jean de Fidenza, tel était son nom véritable, naquit en 1221 à Bagnarça, en Toscane. A l'âge de vingt-et-un ans il entra dans Tordre des franciscains , dont il devint une des gloires les plus pures. Après avoir achève'' ses études à Paris, il resta dans cette ville; il y enseigna la philosophie et la théologie chez les frères mineurs, pendant que Thomas d'Aquin professait les mêmes parties chez les dominicains. Les deux docteurs avaient une réputation égale, et tout en appartenant a des ordres rivaux et en suivant dans, leur enseignement des méthodes différentes, ils étaient unis par une amitié qu'aucun

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