‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 108 sur 263 · BONAVENTURE · texte numérisé non relu

BONAVENTURE

dissentiment ne vint troubler. En 1250 Bonaventure fut élu général des franciscains. Lorsque, dans les conllits entre l'université et les ordres mendiants , Guillaume de Saint-Amour attaqua ces derniers dans son traité De pénculis novissimorum temporum, Bonaventure prit leur défense en même temps que Thomas d'Aquin ; il écrivit contre Guillaume un opuscule De paupertate Chrisli et un Liber apologeiicus in eos qui ordini fratrum minorum adversantur. Mais il savait aussi que ce n'était pas sans cause qu'on se plaignait des moines. Par une lettre circulaire, adressée le 23 avril 1257 à tous les supérieurs des franciscains, il les rend attentifs à la cupidité, à la paresse, à l'amour du vagabondage, à la dissipation, au. faste auxquels se livraient trop fréquemment les frères ; il demande le retour à l'observation de la règle. Dans une autre lettre il réprimande ses moines à cause de leurs empiétements sur les droits des curés et de leur habitude d'obséder les mourants pour obtenir des legs. En 1273 le pape Grégoire X lui conféra l'évéché d'Albano, peu après il le nomma cardinal. Envoyé comme légat au concile de Lyon, il mourut en cette ville le 15 juillet 1274 ; on lui lit des funérailles magnifiques. En 1482 Sixte IV prononça sa canonisation ; en 1587 Sixte-Quint le mit, comme sixième en rang, au nombre des plus grands docteurs de l'Eglise. Le dominicain Thomas d'Aquin ayant été qualifié de Docteur angélique, le franciscain Bonaventure fut appelé Docteur séraphique. Ses œuvres forment sept volumes in-folio (Rome, 1586; Mayence, 1009) ; dans ces deux éditions elles se composent de 88 ouvrages, dont plusieurs ne sont pas authentiques. Aujourd'hui l'ordre de Saint-François en publie, avec un soin qui l'honore, une édition nouvelle à Venise. Plusieurs des traités ont été publiés séparément à différentes époques. — Comme philosophe, Bonaventure professe le réalisme des écoles de son temps; mais il n'est pas sans avoir quelques opinions originales, sur la matière qui ne peut pas être -considérée comme séparée de la forme, sur l'individuation, laquelle résulte de l'union de la forme et de la matière, etc. Dans sa théologie, également empreinte de réalisme , il se rattache à saint Augustin, à Pseudo-Denis, et plus immédiatement à l'école de Saint- Victor; mais là aussi il fait preuve de réflexion personnelle. Il a laissé un Commentaire sur les quatre liores des Sentences et une Summa theologiœ ; ces ouvrages révèlent moins de sagacité que ceux de Thomas d'Aquin, mais plus d'intimité religieuse ; Bonaventure s'efforce d'éviter les subtilités, les arguties, lesquœstiones cariosœ, et d'animer l'enseignement delà scolastique par le souffle de la piété. Son Centiloquium, pour les commençants, et son Breviioquium , pour les théologiens plus avancés, sont des manuels dogmatiques d'une précision et d'une sobriété comme il n'y en a pas d'autres au moyen âge. La théologie, selon lui, est spéculative par son objet , mais pratique par son but ; elle est une scientia a-ffectica. L'homme est séparé de Dieu par la chute; pour revenir à lui, il doit franchir quatre degrés ; au premier il est éclairé par la lumière extérieure, d'où nous viennent les arts mécaniques; au second par la lumière inférieure, celle des sens, qui nous procure les notions expérimentales; au troisième par la lumière intérieure, celle de la raison qui,

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