BONAVENTURE — BONGARS
par le moyeu de La réflexion, élève l'âme jusqu'aux choses Intelligibles; au quatrième enfin par la Lumière supérieure, qui ne vient que de La grâce ci qui seule nous révèle les vérités qui sanctifient. La raison naturelle parvient ainsi, en commençant par L'observation empirique et en s'élevant de plus en plus par Le raisonnement, jusqu'aux Limites extrêmes de la nature créée, mais pour atteindre aux réalités surnaturelles, elle n'a d'autre guide que la foi; c'est ainsi que les sciences sont ramenées à la théologie, qui est leur couronnement. Tel est le contenu Irès-remarquable <lu traité intitulé Reductio artiiun ad thcologt'am. Il y a donc, d'après Bonaventure, deux domaines, celui de la philosophie et celui de la foi; la philosophie ne donne pas de certitude, la foi seule peut nous la procurer. Si Bonaventure ne parlait que de certitude en matière spéculative, nous n'aurions pas d'objection à faire: mais il va si loin que, môme quand il s'agit d'une question de l'ordre naturel, une assertion secundwn pietatem lui semble plus certaine que celle qui serait donnée au nom de la science. Les principaux de ses ouvrages mystiques sont V Itinerariurn mentis ad Deum et le traité D< septem gradibus contemplatignis. 11 y décrit, en reproduisant les doctrine de Richard de Saint-Victor, le chemin qu'il faut suivre pour connaître ou plutôt pour contempler Dieu dansla puretéde son essence; <e chemin part de l'observation du monde sensible pour arriver, à travers L'étude psychologique des différents états de l'àme, à l'intelli uencr suprême où, délivrés de toute image et de toute notion, nous sortons de nous-mêmes pour ne plus voir que Dieu, pour le posséder dans l'extase dune sainte et tranquille contemplation. Bonaventure n'est pas devenu fondateur (J'école comme Thomas d'Aquin ; l'école franciscaine, opposée à celle des thomistes, ne procède pas de lui, mais de Duns Scot. Cependant il a exercé une grande influence ; il a eu de son temps quelques disciples distingués, et un siècle après sa mort il a eu pour continuateur le chancelier Gerson, qui dans divers endroits de ses écrits lui a rendu un hommage auquel on peut souscrire encore aujourd'hui. — Voyez Wadding, Annales Minorant, t. Il; /Us/, litt. de la France, t. XIX, p. 206 ss.; Hauréau, De la philo*. scolast., t. II, p. 218 et suiv.; de Margerie, Essai sur la philosophie de saint Bonaventure^ Paris, 18"io; Hollenberg, 'Bonaventura als Dogmati- /><■/■. dans les Studien une Kriliken, 1868. Ch. Schmidt.
BONGARS (Jacques) naquit en 1554 à Orléans. Il étudia à Strasbourg en 1571, et à Bourges, sous Cujas, en 157(5. Son goût prononcé pour les travaux de haute critique littéraire et les succès qu'il obtint par diverses publication», estimées encore aujourd'hui, ne le détournèrent point de sa vocation principale, le maniement des affaires d'Etat. Entré dans la carrière diplomatique au moment où les vues larges et tolérantes de Henri IV la rendaient accessible aux protestants, il la quitta-, après un long exercice, alors qu'elle fut brutalement fermée, au grand détriment de La France, par l'intolérance dV un nouveau monarque, qui n"eut que de trop serviles imitateurs. Négociateur non moins habile que loyal, Bongars servit son souverain et sa patrie,. pendant trente années consécutives, avec nu entier dévouement, en qualité soit de rési-