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sien l'appela en 1817 à exercer les fonctions pastorales dans la Prusse rhénane. A l'exemple des jansénistes, Boos s'éleva avec force contre les œuvres méritoires, le jeûne, les pèlerinages, les aumônes, la confession auriculaire, insistant sur la doctrine de la grâce toute gratuite acquise à l'homme par le sang du Christ. Sa piété simple, pratique, empreinte d'une rare cordialité, gagnait les cœurs. Bien qu'il demeurât attaché à l'Eglise catholique, le puissant prédicateur de la « justice qui vient par la foi » entretenait des relations de sympathie avec beaucoup de protestants. — Voyez : J. Gossner, M. Boos, 1831; Bodemann, M. Boos nach seinem Leben, Wirken u. Leiden, Bielef., 1854.
B00Z [B o a z, Bïo'Ç) , riche cultivateur de Bethléhem, du temps des Juges, qui, en vertu de l'a loi du lévirat, épousa Ruth, sa parente (Ruth II, 1 ; IV, 13), et devint ainsi l'ancêtre de David (Matth. 1, 5). — C'était aussi le nom que portait la colonne de bronze qui se dressait à gauche de l'entrée du parvis du temple de Salomon, tandis que celle de droite s'appelait Jachin. Elles se distinguaient par la riche décoration de leurs chapiteaux où des fleurs de lis ou de lotus se combinaient artistement avec des guirlandes de grenades (1 Rois VII, 15-22; Jérémie LU, 21 ss.; Josèphe, Anh'q., VIII, 5, 3).
BOQUIN (Jean), originaire de la Guyenne, religieux de l'ordre des carmes, étudia la théologie à l'université de Bourges, où en 1539 il fut reçu docteur. Après avoir embrassé le protestantisme, il quitta la France en 1541, se rendit à Bàle et à Wittemberg, revint à Bourges, rentra dans son couvent, et essaya sous des dehors catholiques de répandre les principes de la Réforme. Menacé de poursuites, il vint en avril 1555 à Strasbourg, avec le jurisconsulte François Baudouin. On venait de déposer Jean Garnier, le pasteur delà communauté française; le magistrat songea à donner la place à Boquin; mais les réfugiés, sachant qu'à Bourges il avait repris le froc, s'y opposèrent. Le 27 mai il donna une explication publique de sa conduite; comme la communauté n'en fut point satisfaite, il fut écarté, et le 12 août on choisit comme pasteur Pierre Alexandre. Le 15 février 1557 Boquin obtint une chaire de théologie à Heidelberg; il l'occupa jusqu'en 1564 où, ayant refusé d'adhérer au dogme luthérien de l'ubiquité, il fut destitué, il trouva une autre chaire à Lausanne; c'est là qu'il mourut en 1582. Voyez la liste de ses ouvrages, qui pour la plupart sont consacrés à la controverse avec les luthériens et les catholiques, dans La Fiance protestante, t. II, p. 401.
BORA (Catherine de) [1499-1 552], l'épouse de Luther. Elle descendait d'une famille noble mais pauvre du comté de Misnie. A l'âge de dix ans, elle entra au couvent de Nimptsch, près Grimma, où se trouvait déjà une de ses tantes. Sous l'influence des idées de la Réforme et n'ayant pu obtenir que sa famille l'arrachât à la vie claustrale, elle s'enfuit, le 5 avril 1523, avec huit autres nonnes, aidée par un citoyen considéré de Torgau, Deux jours après les fugitives se présentèrent chez Luther, qui les plaça dans des familles honorables et lit une collecte pour subvenir à leurs besoins. Catherine avait été reçue dans la maison de Philippe Reichenbach, secrétaire de la mairie et plus £ard
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bourgmestre de Wittemberg. Demandée eii mariage par le docteur Glatz, pasteur à Orlamûnde, après avoir eu une inclination malheureuse pour le jeune patricien Jérôme Baumgaertner, de Nuremberg, elle déclara dans un mouvement de franchise et de fierté à Àmsdorf qu'elle ne consentirait à épouser que lui ou Luther. Cette démarche détermina la résolution que ce dernier avait depuis longtemps mûrie e! fixa son choix. Il l'exécuta avec une rapidité que les circonstances du temps expliquent et justifient. Le mariage eut lieu, le 13 juin 1525, dans la maison de Luther, en présence de quelques amis parmi lesquels Bugenhagen, Jouas, Lucas Cranach et sa femme. On trouve des détails sur cette cérémonie dans une lettre de Jouas à Spalatin du 14 juin et dans une autre de Mélanchthon à Camerarius du 21 juillet. « Dieu voulut que j'eusse pitié de cette abandonnée, » écrit de son côté Luther. Il n'eut qu'à s'applaudir de son choix. Catherine était une femme « pieuse, fidèle, complaisante, soumise, » dans la joie comme au milieu des deuils. Ménagère soigneuse et économe,;elle présida à la maison hospitalière de Luther, et lui donna six enfants dont deux leur fuient enlevés de bonne heure. Celle que, dans ses lettres, il appelait en plaisantant Dominus Ketha, était digne, par sa ferme raison et sa foi sereine, de s'associer à l'œuvre du réformateur. 11 l'estimait plus, disait-il, que «le royaume de France et la domination vénitienne. » Il est inutile de relever les calomnies dont elle a été l'objet. Les auteurs catholiques la dépeignent comme ayant été «admirablement belle». Les portraitsque nous possédons d'elle ne laissent pas cette impression. Catherine de Bora survécut sept années àLuther, enproieàdes soucis d'argent et a toutes sortes d'épreuves amenées par la guerre de Smalkalde et ses conséquences. Elle mourut à Torgau, des suitesd'une chute de voiture, fuyant la peste qui avait éclaté à Wittemberg. — Voyez surtout Hofmann, Kath. von. Bora v. h. M. Luther, Leipz., 1845; J. Kœstlin, M. Luther. Elberf., 1875, I, p. 7()i ss. et passim.
BORBORITES (Borôo? Ht<e, Borboriani, (te (âcpSspoç, boue, fange, parce qu'ils se barbouillaient le visage et le corps d'ordures), secte gnostique du second siècle dont les membres étaient accusés de commettre, dans leur fureur antinomiste, toutes sortes de débauches et de crimes. Ils possédaient des livres saints particuliers (Evangile d'Eve, de Noria, femme de Noé, Révélation d'Adam, de Seth, etc.) qu'ils plaçaient sur le même rang que l'Ancien et le Nouveau Testament. Ils admettaient huit cieux régis chacun par un souverain; le septième est gouverné par /Vbaoth, le dieu des juifs ; Barbelo, la mère des vivants, qui est la même que le Dieu suprèmeet le Christ, règne sur le huitième. L'âme humaine, débarrassée du corps, traverse les sept cieux jusqu'à ce qu'elle trouve le repos auprès de Barbelo. Les récits d'Epiphane ( Haeres., X) et 26 i et d'Augustin i ffaeres., 5) renferment des exagérations manif estes.
BORDAS-DEMOULIN. né à Montagnac (Dordogne) en 1798, mort à Paris eu 1859, est le chef d'un groupe de catholiques libéraux qui élevèrent une protestation énergique mais impuissante contre les récents progrès de l'ultramontanisme. L'Académie des sciences morales cou-