BOSSUET — BOST
des remontrances à l'auteur, qui promit de faire des corrections et ne tint point sa promesse ; tous les exemplaires de cette édition furent saisis et brûlés. En 17(h> Richard Simon lit imprimer à Trévoux, une Version du Nouveau Testament où il attaquait L'inspiration des Livres saints, supprimait plusieurs passages, et dans ses commentaires penchait vers le pélagianisme. Bossuel prit de nouveau la plume pour réfuter celte version dans dciw Instructions pastorales, et après une correspondance très-animée avec le cardinal de Noailles, correspondance où perce l'inquiétude dans laquelle le jettent les hardiesses du critique, il obtint de Louis XIV la condamnation de sa version. Sans doute quelques-unes des remarques de Richard Simon ont été justifiées depuis par le progrès des études critiques; mais l'ensemble de son travail méritait la censure que Bossuet en a faite. Bossuet cmplova les dernières années de sa vie à mettre la dernière main à quelques-uns de ses ouvrages. Il montra une grande patience et un vif amour de la Parole de Dieu durant sa maladie. Son secrétaire lui parlant un jour de sa gloire, Bossuet le reprit vivement : « Cessez ces discours, et demandez pour moi pardon à Dieu de mes péchés. » Il mourut un samedi matin, à quatre heures, le 12 avril 1704. Son ami l'abbé de Saint-André, qui avait passé la nuit auprès de lui, lui ferma les yeux, en disant : « Mon Dieu, que de lumières éteintes, et quel tlambeau de moins en votre Eglise ! » Bossuet fut, en effet, la plus grande lumière de son siècle. L'Eglise catholique n'a pas eu depuis de prélat plus illustre ni plus dévouée sa prospérité. 11 eut une fécondité de pensée incomparable : il relevait et élargissait les sujets les plus rebattus par la protondeur de ses vues et la magnificence d'un style admirablement ferme et net, grand comme son génie et lier comme son àme. On ne peut lui refuser la droiture et la sincérité. Un juge qui n'est point suspect de complaisance, Sainte-Beuve, lui accorde aussi la bonté. Les seules réserves qu'on ait à joindre à ces éloges portent sur sa timidité en présence de Louis XIV, et sur le ton acerbe, presque méprisant, qu'il prit toujours en parlant de la Réforme. Par là il montra qu'il était homme, mais ces faiblesses ne nous empêcheront pas de dire qu'il fut un grand chrétien, un grand orateur et un grand écrivain, et que dans ces deux derniers domaines il s'est incontestablement élevé au premier rang. — Ouvrages à consulter : Histoire de Bossuet, par de Beausset; Etudes sur la vie 'le Bossuet, par A. Floquet, 3 vol. in-8°; Bossm t précepteur du Dauphin et évoque à la cour, 1 vol. in-8°, par le même; Etud?» critiques sur Bossuet, par E. Gandar; Sainte-Beuve, Causeries ; Ed. Sc.héveï, Etudes critiques de littérature; l'article de M. de Barante dans la Biographie universelle, etc., etc. J- Bastide.
BOST (Paul-Ami-Isaac- David) est né à Genève le 10 juin 1790. Son père, membre de la Société morave, l'envoya pour son éducation a Neuwied, où il passa quatre années. De retour à Genève, il suivit les cours du collège e! de l'académie, et fut consacré en 1814. Il embrassa de bonne heure les doctrines du réveil, dont il devint un des chefs, sans toutefois se ranger entièrement aux vues plus étroites de quelques-uns de ses amis. Comme il ne pouvait pas compter sur