‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 124 sur 263 · BOSTON · texte numérisé non relu

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son clergé dans le pays même, el ses églises jouirent du ministère de pasteurs éminents, tels que John Mayo, [ncrease Mather et Cotton Mather, gradués du collège d'Harvard, dans le voisinage de Boston, collège qui devait devenir la plus grande école de hautes études de P Amérique. Vers Tannée 1700, quatre églises congrégationalistes avaient été fondées, l'église de Chauncy-Place, celle de Old-North, celle de Old- South et celle de Bratt le- Street; il existait de plus une église baptiste 1665) et une église épiscopale, dite chapelle du roi. fàng's-Chapel (1686), soit en tout six églises pour une population d'environ 7.000 habitants. Un siècle plus tard, en 1800, la population n'était encore que de 25,000 habitants et le nombre des lieux de culte s'était élevé à dix-sept, ainsi répartis : neuf congrégationalistes, deux épiscopaux. deux baptistes, un méthodiste, un universaliste, un catholique et un unitaire. Cette église unitaire n'était autre que la plus ancienne église épiscopale de la Nouvelle-Angleterre {King" s-C hapel) , qui, la première, avait adopté les vues ariennes et sociniennes. Ces vues avaient l'ait silencieusement leur chemin depuis plus d'un demi-siècle au sein des églises congrégationalistes elles-mêmes, qui, à l'exception d'une seule {The OH- South), se rattachèrent ouvertement, quinze ans plus tard, à l'unitarisme. A ce moment, vers 1815, Boston comptait donc dix églises plus ou moins rationalistes et seulement six évangéliques; le catholicisme en avait une seule. Aujourd'hui (1870) les forces respectives des diverses églises sont bien changées. Les églises évangéliques sont au nombre de soixante-huit qui se répartissent ainsi : seize méthodistes, quinze baptistes, douze épiscopales, douze congrégationalistes orthodoxes, huit presbytériennes, deux baptistes dites Frec- 117/7, deux luthériennes et une réformée allemande. Les églises libérales sont au nombre de vingt-quatre dont dix-neuf sont unitaires, quatre universalistes, une chrétienne. Les catholiques romains possèdent dix-huit ou vingt églises, destinées surtout à répondre aux besoins d'environ 00.000 Irlandais qui habitent Boston. Les juifs ont quatre synagogues. Les communiants des diverses églises évangéliques sont au nombre d'environ 23,000. Chacune des plus importantes fractions du protestantisme a sous ses soins une œuvre de mission intérieure et d'évangélisation urbaine. Les congrégationalistes, les unitaires et les universalistes ont à Boston des agences de publications religieuses; les méthodistes, les baptistes et les catholiques y possèdent des dépôts importants de leurs publications. Les journaux et revues publiés à Boston et traitant de matières religieuses ont une circulation totale d'environ 350,000 exemplaires. Les plus importants sont le Congrcgationalist, le Watchman (baptiste), le Zions Herald (méthodiste) et le Pilol (catholique). L'Union chrétienne de jeunes gens (Young Men's ( hristian issociation), fondée en 1851, est une institution de premier ordre, avec plus de 1,000 membres et une bibliothèque circulante de 5,000 volumes. Elle reçoit dans une seule année environ (UXK) demandes de places ; elle a tous les jours des services religieux dans ses vastes locaux; ses membres président de nombreuses réunions d'évangélisation, des classes bibliques, des cours publics, des meetings

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en faveur de la tempérance, etc. Ils ont rattaché aussi à leur association une caisse d'épargne pour les jeunes gens. Les églises libérales ont aussi leur Union de jeunes gens qui possède un fort beau local et poursuit un certain nombre d'oeuvres philanthropiques et religieuses. Les méthodistes ont récemment établi à Boston une grande université (Boston Universùy), divisée en facultés des lettres, des sciences, de théologie, de médecine et de droit, avec environ 600 étudiants. Les jésuites, de leur côté, ont fondé le Boston Collège, qui réunit environ 150 étudiants. C'est du reste par le développement de la culture intellectuelle que Boston a mérité de s'appeler l'Athènes des Etats-Unis. Elle possède un grand nombre d'institutions littéraires et scientifiques. L'instruction populaire y est donnée dans 380 écoles publiques, dirigées par un millier de maîtres et fréquentées par 30 ou 40,000 enfants. Les institutions de bienfaisance sont au nombre de soixante environ. Boston est le siège de Y American Board of Commissioners for Foreign Missions, la plus ancienne et la plus influente des sociétés américaines de missions, et qui est soutenue aujourd'hui presque exclusivement par lescongrégationalistes américains. — Nous sommes redevables de la plupart des renseignements statistiques qui précèdent au docteur Daniel Dorchester, de Malden (Mass.), et à M. Edward Abbott, de Boston. On peut consulter aussi les publications et annuaires des diverses églises, et les encyclopédies, particulièrement celle d'Appleton.

Matth. Lelièvke.

BOSTRA, ville du Hauran, située au sud-ouest du groupe de montagnes qui porte ce nom, à l'entrée du désert de Syrie. La forme sémitique était Boçra. Ce fait est établi par une inscription de Palmyre (de Vogiié, Syrie centr., fnsc. de Palmyre, n° 25), qui mentionne la légion de Bostra, legiôna di Boçra, d'accord avecPtolémée, chez lequel on lit : Bzg'ooc, Xeyiwv. La même orthographe se retrouve dans le Talmud (voy. Beland, Pal., II, p. 666), et c'est encore celle qui est usitée parmi les Arabes. Iln'y a donc entre Bostra et Botzrah (Boçra) qu'une simple transposition de sons, etle nom de la capitale du Hauran est identiquepourlesensaveclesnombreuxBeçer, Boçor, Boçra quisont mentionnés dans la Bible. Boçra signifie «Fort». Bostra est-elle identique soità l'une, soit à l'autre des localités de ce nom mentionnées dans la Bible? La question a été débattue et résolue dans tous les sens. L'auteur d'Esaïe LXI1I, 3, mentionne une ville deBoçràh, qu'il met en parallèle avecEdom. La même ville se trouve citée, dans le même rapport avec Edom, Jérémie XL1X, 13. Dans ces deux passages, Boçrah est donnée sinon comme la capitale, du moins comme une des villes principales de l'Idumée. Ni l'histoire postérieure, ni la géographie actuelle n'en ont conservé le nom, mais c'est à tort qu'on voudrait s'appuyer sur ce fait pour la chercher dans la capitale du Hauran. Le Hauran et l'Idumée sont, pour la géographie comme pour l'ethnographie, absolument différents: l'un se rattache à la Syrie du Nord, l'autre à l'Arabie ; jamais on n'a pu les confondre ; en tous cas, en admettant même que Boçrah n'était pas dans l'Idumée proprement dite, dans Esaïe LXI1I, il s'agit manifestement d'un conquérant venant du sud.

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Le second des endroits avec lesquels on ait voulu identifier Bostra est la ville de refuge appelée Beçer, à Test du Jourdain et sur le territoire de Ruben (Dent. IV, \:\; Jos. XX, 8). L'identification remonte à Eusèbe et à saint .Jérôme; mais elle n'est pas possible, pour les mêmes raisons que la précédente. Le territoire de Ruben, tel que le donne le Livre des Juges, était pris sur Le pays de Moab, et séparé du Hauran par toute la largeur du désert. Autre est la question de savoir si Beçer îi'ot pas identique à Boçrah d'Esaïe LXIII. Jérémie XL VIII, 24, mentionne Boçrah parmi les villes de Moab, à la suite de Dibon, Nebo, Bethmaôn, Kerioth; il est difficile de ne pas reconnaître dans celte ville le Beçer du Deutéronome et du livre des Juges ; la situation est à peu près la même ; et, d'autre part, il n'est pas moins difficile de distinguer le Boçrah du chapitre XL VIII, de la ville de même nom citée au chapitre XLIX, et qui est manifestement identique avec celle d'Esaïe LXIII. On comprend que, pour un écrivain israélite, le sud du pays de Moab se soit confondu avec l'Idumée; la direction était la même. On ne doit pas se laisser arrêter par la différence d'orthographe; en effet, l'inscription de Mésa reproduit à peu de chose près La même énumération de villes que Jérémie XL VIII, et, dans leur nombre, au sud du pays de Moab, Boçrah qu'il écrit Beçer. Nous concluons donc qu'il y avait en tous cas deux villes du nom de Boçrah : l'une, la capitale du Hauran, la Bostra des auteurs grecs et romains; l'autre, une des villes principales du pays de Moab, le Beçer du livre des Juges et de l'inscription de Mésa; cette dernière était peut-être identique à la ville de Boçrah, citée Jérémie XLIX et Esaïe LXIII comme appartenant an pays d'Edom. Quel était le nom primitif de Bostra? M. Wetzstein (Hauran u. dm Trackonen, p. 108 ss.), s'appuyant sur une ancienne conjecture de Beland (Pal., 662), a soutenu que Bostra n'était autre que la ville de Beth-Astaroth, qui est également appelée Astaroth ou Astaroth-Karnaïm. Le nom actuel se serait formé par la corruption de Beth-Astaroth en Beesterah et en Bostra. La forme Beesterah existe, et elle est appliquée (Jos. XXI, 27; comp. 1 Chron. VII, 71) aune ville lévitique qui appartenait au territoire de la dèmi-tribu de Manassé, et qui était sans doute identique à Astaroth. Mais depuis que l'on a retrouvé la forme Boçra, cette explication n'est plus possible; le changement de Beesterah en Boçra est contraire à toutes les règles de la phonétique sémitique. M. Waddington (fnscr. grecques de $i/?*iey p. 'i-i(.l ss.) a parfaitement établi ce point. Il faut donc encore distinguer de Bostra l'ancienne ville de Beth-Astaroth ou Astaroth-Karnaïm; cette dernière était une ville antique, célèbre par le culte d'Astarté, dont elle avait pris le nom; elle ligure dans l'histoire de Kedor-Lahomer (Gen. XIV, 5) ei avant d'appartenir aux Hébreux, avait ét.5 la résidence d'0g,'roi de Basan. Eusèbe lui-même distingue nettement les deux endroits, et place Astaroth à six milles romains d'Edréi et à vingt-cinq de Bostra. Il faut la chercher sans doute dans un petit endroit, appelé aujourd'hui Tell-Asterefi, et qui est précisément à L'endroit où Eusèbe et saint Jérôme placent Astaroth. Bostra doit être une ville relativement moderne, c'est une ville de plaine; et

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elle fut sans doute bàlie, d'après M. Waddington, par les rois nabatéens (comp. Vogué, Inscr. nabatén., n" 4). — L'auteur profane le plus ancien qui en fasse mention est Gicéron (54 av. J.-C). Elle ne devint importante que sous Trajan qui l'embellit. Sous cet empereur et sous ses successeurs, elle parait sur les monnaies avec le nom •de Nova Trajana Bostra, puis de Nova Trajana Alexandriana colonia Bostra. A partir de Philippe, elle prend le titre de métropole. — Bostra fut le siège d'abord d'un évêclié, puis d'un archevêché dont le titulaire exerçait son autorité sur une vingtaine d'évêques (Wadd., IL). Parmi ses évoques, il convient de citer Bérylle, et un siècle plus tard, un apologiste, adversaire des manichéens, Titus, qui fut chassédeson siège par les persécutions de l'empereur Julien (voy. Manichéens) ; enhn, sous l'empereur Léon (457-474), Antipater, archevêque de Bostra et métropolitain d'Arabie, dont M. Waddington (IL, p. 462, n° 1914), croit avoir retrouvé à Bostra même une inscription. Au temps de l'évèque Titus, les chrétiens et les païens étaient en nombre égal dans la ville

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