‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 125 sur 263 · PH. BEE'^ER · texte numérisé non relu

PH. BEE'^ER

BOUCARD (François ou Jacques de), grand-maitre de l'artillerie des protestants, particulièrement aimé de Coligny. De Lanoue, dans ses Aî&moires, dit de Boucard « qu'il estoit un des plus braves gentilshommes du royaume, et qui avait du feu et du plomb en la teste ». Il prit une part active aux trois premières guerres de religion. Après la bataille de Jarnac, il tomba malade, et mourut en mai 1569.

BOUCHER (Jean), né à Paris vers 1550. Après une longue suite de succès dans l'enseignement, à Reims où il complimenta Henri III à son sacre en 1575, et à Paris où il fut successivement recteur de l'université, prieur et docteur de Sorbonne, Boucher, nommé curé de Saint- Benoit, sollicita en vain plusieurs évêchés et chercha dans la politique la plus fanatique une satisfaction à ses rancunes. Henri III, qu'il ne cessait de poursuivre de ses invectives, eut la sottise de lui rendre publiquement ses insultes, sans les faire suivre d'autre effet. Les ligueurs tinrent chez lui leur première assemblée. Le 2 septembre 1587, il fit sonner le tocsin à son église pour exciter un soulèvement. Le jour de l'assassinat de Henri III, qui était la fête de Saint-Pierre-aux-Liens (1er août 1589), il dit en chaire à ses auditeurs que, « comme Dieu avoit délivré cet apostre des mains d'Hérode, on devoit espérer qu'il leur feroit une pareille gràce3 » et il exalta comme un acte de grand* mérite l'assassinat d'un roi hérétique ou fauteur d'hérétiques. Il avait composé contre Henri III un atroce libelle intitulé De justaHenrici III abdication p e Francorum regno, et il eut l'impudeur de le publier après la mort de ce prince (Paris, 1589,in-8°). Le libraire de la Ligue à Lyon en donna, en 1591, la troisième édition, dansée but, avoué dans la préface, de susciter un assassin contre Henri IV. Boucher célébra ensuite le crime de Jacques Clément dans un pamphlet rempli de textes de l'Ecriture. 11 osa dire des assassins du président Brisson qu'ils étaient des martyrs de Jésus-Christ. L'abjuration de Henri IV mit le comble à sa fureur. Il l'exhala dans neuf sermons : « De ta simulée conversion et nullité de la prétendue absolution de Henry de Bourbon, prince de Béarn,

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