BOUCHER — BOUHOURS
à Saint- Denis en France, le dimenche %5 juillet 1593, sw;* le sujet de V Evangile du même jour : 1 ttendite a faim propketis, etc., par M Jean Boucher, docteur de théologie. » Il les publia aussitôt à Paris, avec approbation de docteurs et dédicace au cardinal de Plaisance, légat du pape, et les réédita à Douai l'année suivante. Ce livre fut brûlé par la main du bourreau, sur la place publique, après la reddition de Paris. Son auteur s'empressa de se réfugier chez les Espagnols. Philippe II, <pii avait donné à un autre apologiste de Jacques Clément, Bernard de Montgaillard dit le Petit Feuillant, l'abbaye d'Orval, donna au curé de Saint-Benoit un canonicat à Tournai. Il eut peu après l'imprudence de rentrer en France, et Henri IV laclémencede le relâcher. 11 Feu récompensa en publiant F « Apologie pou?- Jean Chaslel, Parisien, exécuté à mort, et pour 1rs Pères et escoliers de la Société de Jésus bannis du royaume de France, etc., par François de Vérone Constantin. » Ce libelle fut traduit en latin et imprimé à Lyon (1611, in-8") sous le titre de Jesuita sicarius. Boucher prononça à Tournai, le 26 octobre 1598, l'oraison funèbre de Philippe II, imprimée à Anvers (1600, in-8°). Cet honneur lui était bien dû. Il avait entrepris d'aller à Borne, espérant sans doute y être aussi bien reçu que l'avait été Montgaillard, tandis que le cardinal d'Ossat écrivait au pape une longue lettre où il le suppliait de le faire emprisonner. Une maladie qui le surprit en route le détourna de ce voyage. Boucher publia, sous divers pseudonymes, une foule de libelles sur ses sujets de prédilection. On a prétendu, mais à tort, qu'il avait changé de sentiments sur la fin de sa longue carrière. Il mourut à Tournai, presque centenaire, vers 1645. Peu d'hommes ont attiré sur eux de plus justes exécrations. De Thou Fappelle liomo vecors, et le terme n'est pas trop fort. — Voyez : de Thou, lib. 95, 87 et 112; Maimbourg, Hist. de la Ligue, liv. III, ann. 1589 ; Mézerai, Abr. chronol. , ann. 1591 ; et pour le catalogue détaillé de ses ouvrages les plus curieux, le Manuel de Brunet, Paris, 1860, 5e édit. P- Rouffet.
BOUDDHISME. Voyez Inde.
BOUHOURS (Dominique) [1628-1702]. Longtemps professeur dans les collèges de la Compagnie, puis précepteur des princes de Longueville et de Seignelay, iils de Colbert, ce jésuite traita tour à tour, avec une aisance égale, le profane et le sacré; mais il fut plutôt bel esprit que théologien. On l'accusa de servir « le monde et Dieu par semestre», et on lui prête des bons mots jusqu'à son lit de mort. Madame de Sévigné disait de lui « que l'esprit lui sortait de tous les côtés ». Moins soucieux des pensées que des mots, il s'attira le reproche d'empeser les Muses. I/école de Port-Royal, et surtout le grave Nicole, si étranger à ce défaut, le releva rudement chez Bouhours. Il n'en fut pas moins jusqu'au bout nn pi'écieux quasi ridicule, et jusque dans sa Traduction du Nouveau Testament, il fait parler, selon Richard Simon, les évangélistes à la Rabutin. Voltaire le met, dans son Temple dugoût, derrière Pascal et Bourdaloue, occupé à noter les incorrections qui leur échappent. Malgré les travers de son genre maniéré, Bouhours a rendu à la langue de véritables services par une foule d'ouvrages qui contribuèrent aux polémiques littéraires si fécondes du dix-septième siècle. Ses