‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 127 sur 263 · BOUHOURS — BOUILLON · texte numérisé non relu

BOUHOURS — BOUILLON

Doutes sur la langue française (1074, in-12) sont un de ses meilleurs écrits. Sa Manière de bien penser dans les ouvrages de l'esprit (Paris, 1687, in-4°)eut un succès considérable et mérité. Notons enfin ses Vies de saint Ignace (Paris, 1(579, in-4° et in-12) et de saint François-Xavier (1682). 11 y compare le premier à César et le second à Alexandre, parallèle qui se transformerait aisément en une amère satire des deux héros, mais qui répond aussi bien au goût du biographe qu'à l'esprit de son ordre. — Voir l'éloge du P. Bouliours dans les Mémoires de Irovoux, d'août, dans le Mercure historique, d'octobre, et surtout dans le Journal des Savants, du 24 juillet 1702.

BOUILLON (Godefroi de), fils aine du comte Eustache de Boulogne, naquit à Boulogne vers 1058; il fut adopté par son oncle maternel, Godefroi le Bossu, duc de Basse-Lorraine. A la mort de ce dernier, Henri IV investit Godefroi de la marche d'Anvers (1076) ; il ne lui accorda qu'en 1093, après la révolte de Conrad, le duché de Basse- Lorraine en récompense des services que Godefroi avait rendus à la cause impériale en Allemagne et en Italie. Godefroi fut un des premiers chevaliers de la France du Nord à prendre la croix; pour pouvoir figurer dans la guerre sainte avec une puissante armée, il vendit une partie de ses terres, il engagea son château de Bouillon pour 1,300 marcs d'argent et une livre d'or. Ses frères Eustache et Baudoin, son neveu Baudoin de Rames, un grand nombre de vassaux et d'hommes d'armes répondirent à son appel. Godefroi, par ses talents militaires, par sa piété et son courage, devint le chef de la première croisade; il introduisit quelque ordre clans les bandes indisciplinées des chrétiens et contribua plus que personne aux premiers succès des Occidentaux; dès qu'il eut reçu de ses compagnons d'armes le commandement suprême avec le titre d'avoué du Saint-Sépulcre, Godefroi chercha les moyens d'assurer sa conquête et de fonder en Palestine un Etat féodal et militaire, seul capable, pensait-il, de tenir tête aux Seldjoucides et aux Fatimites ; à cet effet il réunit « les princes, les barons et les plus sages hommes qu'il pooit avoer », et fait rédiger par cette assemblée les Lettres du Sépulcre. Ces lettres, qui sont le code et la constitution du nouvel Etat, fixent les droits et les obligations de tous les habitants ; elles instituent la haute-cour pour la noblesse, la cour des bourgeois, la cour des reis pour les Syriens, la cour d'Eglise ; elles accordent au chef-seigneur — c'est le nom que portait Godefroi — le droit d'exiger l'hommage-lige direct de tous les barons. En même temps qu'elle donna des lois, l'assemblée répartit les terres de l'Etat de Jérusalem et les divisa en 300 lots nobles ou fiefs. Godefroi eut fort à faire de modérer les prétentions de l'Eglise et particulièrement du patriarche Daïmbert; il n'y réussit qu'à force de souplesse et de prudence. Il accorde au représentant du saint-siége des droits honorifiques, il se soumet à d'humiliantes cérémonies, mais en somme l'Etat de Jérusalem — Godefroi n'a pas pris le titre de roi de peur de blesser le clergé — resta laïque et féodal. Au milieu de ses travaux de législateur et d'administrateur, Godefroi fut obligé de prendre les armes pour repousser l'invasion de 200,000 Fatimites : avec 15,000 hommes

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