BOUILLON
il coupa L'armée des infidèles à Ascalon et assura pour quelque temps le repos de la Palestine. Godefroi mourut le 15 juillet 1100, laissant à des successeurs incapables le soin de continuer son œuvre. De tous les héros des croisades, Godefroi est, avec Louis JX, le plus grand; il a réalisé l'idéal du guerrier et du souverain chrétien. « J'ai les mains fortes, disait-il à ceux qui le félicitaient après Ascalon, parce qu'elles sont pures » (Albert d'Aix, lib. VI). — A consulter : historiens des croisades, Michaud, Wilken ; Fr. Monnier, Godefroi de Bouillon et lis Assises de Jérusalem, Paris, 1874. G-. Léser.
BOUILLON (Henri de). La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, de Gastillon et de Lanquais, naquit en Auvergne le 28 septembre 1555. Elevé à la cour de France, il s'attacha d'abord au duc d'Alençon et fut mêlé aux intrigues des Politiques et à la conjuration de La Mole. A la suite d'une maladie qui Pavait « attiré à penser sérieusement à son « àme et à l'autre vie », il se convertit et introduisit la Réforme dans ses domaines (1575 à 1570). Au synode national de Sainte-Foy il représente le roi de Navarre (1578) et il acquiert dans la guerre contre les ligueurs du Midi la réputation d'un chef habile et heureux. Prisonnier en Flandre où il s'était rendu à la suite du duc d'Anjou, il ne recouvre sa liberté qu'au prix d'une forte rançon; de retour en France, il reprend son service auprès du roi de Navarre et assiste à la bataille de Contras. Chargé de missions diplomatiques en Angleterre, en Hollande et en Allemagne, il réussit à gagner des alliés à Henri IV et à lui amener des renforts. Ce fut à cette époque (1591) qu'il épousa Charlotte de La Marck, héritière de Sedan, Raucourt et Jametz, et devint duc de Bouillon; Charlotte étant morte dès 1594, sans laisser d'enfants, il dut à la bienveillance du roi de pouvoir recueillir presque tout entière la succession de sa femme. En 1595 Bouillon épouse Elisabeth de Nassau, iille de Guillaume le Taciturne. Quoique comblé d'honneurs et de faveurs par Henri IV, qui venait de le nommer maréchal de France, il était mécontent; il entra, parait-il, en relation avec Biron, sans approuver toutefois ses projets de trahison. Le roi l'invite à venir se justifier; Bouillon se rend à Castres et demande à être jugé par la Chambre de l'Edit. Henri IV fait défense à la Chambre d'accueillir cette requête justifiée par l'article 34 de l'édit de Nantes. Bouillon se retire à Genève, puis à Heidelberg, publie sa justification, écrit au roi les lettres les plus soumises et les plus respectueuses. Mais rien n'y fait: Henri IV, poussé par Sully, veut réduire à merci le trop puissant et trop remuant duc qui rêvait peut-être, depuis la conversion du roi, de prendre la direction du parti protestant, et le voyant abandonné des Eglises et des princes allemands, ses anciens protecteurs, il l'oblige à signer le traité du 2 avril 1606, par lequel Bouillon s'engage : à servir le roi et ses successeurs... et à recevoir dans Sedan et les autres places de sa souveraineté le roi ou ceux qu'il désignait par lettres-patentes. Le roi met garnison dans Sedan, mais dès 1608, n'ayant plus à craindre le duc humilié et délaissé, il lui restitue cette place. Après la mort d'Henri IV, Bouillon siège au conseil de régence; il l'ait alliance avec Condé et Concini pour se venger de Sully et pour