BOUILLON — BOUKHARIE
combattre le parti espagnol, puis il travaille contre Concini et se voit réduit à quitter la cour. 11 trouble l'Assemblée de Saumur par ses menées et y joue le rôle d'un intrigant et d'un vulgaire ambitieux : après s'être fait plus qu'il ne convenait l'agent de la reine régente par haine de Rohan, et avoir compromis les intérêts de ses coreligionnaires, il s'avise bien tardivement de reprendre en main la cause des Eglises et essaie de conclure une alliance avec Mansfeld, le célèbre chef de mercenaires. Il ne réussit pas dans sa négociation et meurt peu après, en 1623, à Sedan. Bouillon, grand capitaine, politique remuant et inquiet, « plus ami de son bien que de toute autre chose », ne mérite guère de figurer à côté des illustres chefs des huguenots: il n'avait ni leur foi profonde ni leur patriotisme. Il a rendu des services incontestables à ses domaines, qu'il a administrés avec beaucoup d'intelligence. Sedan lui doit sa prospérité industrielle et commerciale et l'honneur d'avoir été pendant de longues années un des foyers du protestantisme français ; il y fonda en 1601 l'université qu'il dota d'une belle bibliothèque. — Consulter la Biographie de Bouillon, par Marsollier, La France protestante et les Mémoires de Bouillon, qui s'arrêtent en 1586. G. Léser.
BOUKHARIE (Statistique religieuse). La Petite Boukharie forme une province de l'empire chinois, Thian-Chan-Nandou, ou le Turkestan chinois. Nous n'avons à nous occuper ici que de la Grande Boukharie ou Khanat deBoukhara, l'ancienne Sogdiane. Ce grand pays de l'Asie centrale est encore assez incomplètement connu. La population est peu considérable proportionnellement à l'étendue de la contrée, mais cependant très-nombreuse si on la compare au reste de l'Asie centrale. Entre les évaluations très-diverses qui en ont été faites, celle de Behm et Wagner nous paraît la plus probable. Ils attribuent à la Boukharie 2,286,000 habitants sur une superficie de 217,500 kilomètres carrés. La grande majorité de cette population est aborigène et porte le nom de Tadjiks. Les Ouzbeks sont des conquérants établis depuis le commencement du seizième siècle. Le gouvernement appartient à un khan qui a changé son nom en celui d'Emir-al-Moumenim ou Prince des croyants. Son pouvoir, absolu en théorie, est en réalité très-dépendant des mollahs ou prêtres mahométans. C'est que la Boukharie est en effet un des centres religieux de l'islamisme. Sauf quelques milliers de juifs établis dans les villes, et quelques païens venus du pays de Dervazeh, tous les habitants se rattachent au mahométisme sous sa forme sunnite. Boukhara, la capitale, est la ville sainte de l'Asie centrale, le centre de la théologie musulmane d'une vaste région. Des voyageurs optimistes ont appelé Boukhara l'Athènes de l'Asie. A en croire les témoins les plus récents, ce bel éloge est loin d'être justifié. Ce que le voyageur Clavijo appelait l'université de Boukhara se compose de 360 mosquées et d'autant de médressés ou collèges (d'autres disent 60 seulement) où des mollahs font réciter le Coran et quelques poésies sacrées à 10,000 élèves venus de toute l'Asie mahométane. Quant à quelque chose qui rappelât même de loin ce que nous appelons science, on le chercherait en vain dans les médressés de Boukhara.
BOUKIIAUIE — BOULOGNE ;38:î
—Bibliographie : Behm undWagner, Die Bevùlkerung der Erde, III, 1875; r. Hanemann, Karte von Mùtelasien, 1872; E. Larnansky, Bulletin de la Société de Géographie, Y" série, t. XV. B. Vatjcheb.
BOULAINVILLIERS-ll^iiri, comte (Ici. né le 11 octobre 1658, à Saint- Saire en Normandie, mort le ^:> janvier 17±2, est surtout connu par L'ardeur avec Laquelle il détendit dans de nombreux écrits historiques Le système féodal dans Lequel il voyait L'idéal d'une société libre. C'est >ans doute son admiration pour la vie chevaleresque qui le poussa à écrire une Vie de Mahomet avec des réflexions sur la religion mahométane et 1rs coutumes des Musulmans, Londres et Amsterdam, 1730, in-H"r Ouvrage sans valeur scientifique et tout à fait oublié aujourd'hui. 11 s'occupa aussi de philosophie et même de sciences occultes. Il a lasse en manuscrit plusieurs volumes d'astrologie; il traduisit le Traité des trois imposteurs (trad. publiée en 1775, in-8°), prit part à la Réfutation de Spinosa, par Fénelon et Lami (publ. en 1731), et écrivit lui-même un examen des doctrines de Spinosa, sous le titre d'Essai de métaphysique, dans les principes de B. de Spinosa (1731). Boulainvilliers était un esprit vigoureux, hardi et original, mais il manquait de solidité dans ses jugements et dans son érudition.
BOULANGER (Nicolas-Antoine), né à Paris en 1722, ingénieur des ponts et chaussées, croyait avoir trouvé dans les révolutions du globe et dans les phénomènes astronomiques l'explication des plus anciennes traditions de l'humanité. Après sa mort parut sous son nom un ouvrage intitulé Recherches sur le despotisme oriental (Genève, 1761), où l'on démontrait que la terreur inspirée par le déluge donna naissance à la superstition, au despotisme, à la théocratie. En 1760 ce livre fut reproduit dans un ouvrage plus étendu : L'antiquité dévoilée par ses usages, ou examen crit lique des principales opinions, cérémonies et institutions relig. et pol. des di/f. peuples de la terre (3 vol. in-12). Quelques descriptions poétiques et la sympathie que les esprits forts portaient à tout ce qui attaquait la religion procurèrent un grand succès à cet écrit, qui manque dénotions exactes soit pour les sciences naturelles, soit pour l'histoire et la philologie. Le même symbolisme astronomique se retrouve dans une Dissertation sur EUe et Enoch; dans une autre sur saint Pierre, l'apôtre est Janus, l'emblème du commencement de l'année. Ces diverses œuvres ayant été publiées par d'Holbach, on ne sait jusqu'à quel point L'éditeur s'y est substitué à l'auteur. Mais on considère comme apocryphe Ze Christianisme dévoilé, qui parut sous le nom de Boulanger et fut composé par d'Holbach ou Damila ville (édit. compl., 1792,8 vol. in-8°); YAntiq. dévoilée fut traduite en allemand (1767). — Voyez: de Baranter art. Boulanger dans i>Yo</?\ unie, de Michaud; Guérard, France lût.
BOULOGNE. Voyez Thérouanne.
BOULOGNE (Etienne-Antoine), né à Avignon en 1747. Il dut à ses succès précoces Les bienfaiteurs qui lui fournirent le moyen de faire ses études, et à son talent pour la chaire Ja protection de l'abbé Poulie qui Tciigagea à se rendre à Paris. Un Eloge du Dauphin, père de Louis XVI, qui lui valut un prix de 2,400 livres, consacra la réputation que son éloquence lui créait peu à peu; mais il s'attira, on ne