BRESSE - BRETAGNE
tenu à la France), une Eglise fut régulièrement établie à Pont-de-Veyle, puis à Bourg et Fossiat, à la Reyssouze, près Pont-de-Vaux, à Bagé-la- Ville, Chevreux, etc. Il y avait aussi des protestants à Saint-Andréd'Huiriat, Mepillat, Grottet, Saint-Jean, Biziat, Laiz, etc. Les Eglises delà Bresse, rattachées au colloque de Lyon et à la province synodale de- Bourgogne, furent persécutées de bonne heure après la promulgation de Fédit de Nantes. Les réformés de Bourg ne purent obtenir de faire reconstruire leur temple qui avait été incendié en 1609 par des gens malintentionnés. En 1657 le temple de Pont-de-Veyle fut donné aux catholiques. Les réformés de ce lieuse rendirent alors au prêche deMàcon situé à trois ou quatre lieues de là, mais on le leur défendit bientôt, et ils durent aller à la Reyssouze, distant de six lieues de Pont-de-Veyle.. Le temple de cette dernière localité subsista jusqu'en 1685. Il avait étébâti en 1606. La révocation de Fédit de Nantes occasionna Fémigration du tiers des réformés de la Bresse, lesquels s'établirent pour la plupart dans le Brandebourg. Ceux qui demeurèrent dans le pays disparurent peu à peu. Aujourd'hui on compte quelques protestants disséminés à Bourg, Trévoux, Nantua, etc., rattachés à Féglise deFerney et au consistoire de Lyon. — Edm. Ghevrier, Le Protest, dans le Maçonnais et la Bresse aux seizième et dix-septième siècles. & Arnaud.
BRETAGNE (Eglises de). Le premier luthérien breton dont le nom soit parvenu jusqu'à nos jours, est Nicolas Valeton, receveur de Nantesr qui fut poursuivi pour crime d'hérésie. On avait trouvé chez lui des livres de lanouvelle religion, et il n'en fallut pas davantage pour qu'on le condamnât au feu (1535.) En 1555 le conseiller au parlement Charles Ferré, sieur de La Garraye, et son frère Jean, sieur de Canquoy, furent également poursuivis, mais ils purent l'un et l'autre échapper au jugement par la fuite. A cette époque les luthériens tenaient de nombreuses assemblées secrètes dans divers quartiers de la province, notamment à Rennes et à Nantes. La venue de François de Chàtillon, sieur d'Andelot, frère de l'amiral Goligny, qui s'était converti aux idées évangéliques pendant sa captivité à Milan, donna un nouvel essor à l'œuvre de la Réformation. Accompagné de deux ministres, Jean-Gaspard Cormel dit Fleury et Pierre Loiseleur, seigneur de Villiers, il lit prêcher à portes ouvertes à Nantes, à Blain, dans le château dTsabeau de Navarre, douairière de Rohan, à La Bretesche,à La Roche-Bernard, au Groisic. Après son départ pour Paris, les catholiques tentèrent d'assassiner Loiseleur, qui dut s'enfermer au château de Gareil chez le sieur de Boulac, son protecteur. Ses partisans étant allés l'y entendre, le clergé du Croisic en conçut une grande irritation et tit venir l'évêque, qui, loin de les calmer, excita au contraire une sédition où faillirent périr tous les réformés. La cour blâma ces violences et l'évêque désappointé se [démit de ses fonctions. A cette époque, et vraisemblablement par les soins de Loiseleur, furent fondées les Eglises de Piriac ei de..Guérande.[Celles de Rennes et de Vitré paraissent plus anciennes. L'annéejsui vante (1559), trois pasteurs nou veaux vinrent s'établir en Bretagne : Dufossé (Pierre Legenclre), Jean Bonneau et Mathurin Lhoumeu1 du Goudray (dit Du vivier et Dugravier). Ils furent rejoints
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peu après par Le Baleur, dit Dubois, et Jean Louveau, sieur de la Porte. Ces pasteurs et d'autres encore consolidèrent L'oeuvre, mais non sans souffrir, eux e1 leurs sectateurs, notamment à Rennes >t à Nantes, où le clergé excita diverses séditions contre eux. Ils purent néanmoins tenir, le 10 septembre 1561, leur premier synode provincial à Chàteaubriant, OÙ se rencontrèrent six pasteurs et trois anciens, représentant autant d'Eglises. Les protestants de Bretagne ne souffrirent qu'indirectement des guerres de religion, la province avant eu le privilège de demeurer en dehors de la marche des armées pendant cette époque troublée. Il n'en fut pas de même sous la Ligue. La Bretagne devint le théâtre de luttes sanglantes. Beaucoup de réformés sévirent obligés de fuir, et ceux qui restèrent dans le pays eurent à subir toutes sortes de mauvais traitements, surtout à Nantes. Plusieurs Eglises furent privées de pasteurs et saccagées. L'édit de Nantes leur permit de se réorganiser. On en comptait une quinzaine environ et elles formèrent une province synodale, sans colloque. Déjà avant la révocation, le Conseil d'Etat condamna plusieurs d'entre elles à disparaître. Le pasteur le plus distingué des Eglises bretonnes au dijx-septième siècle fut le savant Matthieu de Larroque, ministre à Vitré de 1643 à 1070. Les ports nombreux de la Bretagne et la proximité de l'Angleterre favorisèrent la fuite d'un grand nombre de protestants après la révocation de redit de Nantes, et la plupart des Eglises disparurent. Les réformés qui ne s'expatrièrent point endurèrent diverses violences, surtout à Nantes, mais ils n'eurent pas à souffrir des dragonnades. La présence à Nantes de nombreux négociants protestants étrangers obligeait l'autorité à garder des ménagements dans l'intérêt du commerce français. Les protestants du pays en bénéficièrent par contre-coup. Ainsi dès 1739 un cimetière leur fut concédé. Il faut dire que les réformés bretons s'interdirent les assemblées du Désert. L'autorité fut satisfaite, mais le protestantisme y perdit considérablement, car le culte public est une des sauvegardes de la foi. On signale, il est vrai, un prédicant dans le diocèse de Dol en 17r(). mais il se bornait à « dogmatiser » et à distribuer « des livres contraires à la religion catholique », dit une pièce du temps. En 1770 un registre fut ouvert à Nantes pour servir à l'inscription des baptêmes des enfants des étrangers professant la religion chrétienne réformée. Ilest signé parles aumôniers des régiments suisses en garnison à Nantes. Six ans après, un pasteur français, nommé Jacques Barre, put s'établir et remplir ses fonctions dans la ville sans opposition. La loi de germinal an X institua un seul consistoire pour toute la Bretagne, encore comprenait-il les protestants de la Vendée. Aujourd'hui ce département a son consistoire à Puzangues, et la Bretagne en possède deux à Nantes et Brest. — Philippe Lenoir, sieur de Crevain, Hist.eccUs. de Bretagne\ Vaurigaud, Essai su?' VHist. des Eglises réf. de Bretagne, 3 vol.
E. Arnaud.
BRETONS (Le christianisme chez les). Voyez Culdèens.
BRETSCHNEIDER (Charles-Gottlieb) [1776-1848], surintendant général à Gotha depuis L816, dirigea, pendant plus de trente ans, l'Eglise de ce duché dans le sens d'un rationalisme modéré. Esprit clair, ferme,
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sobre, ennemi de tous les extrêmes, il se montra surtout hostile aux essais de reconstruction spéculative du christianisme qu'il voyait s'ac-. complir sous ses yeux. Doué d'une pénétration particulière pour voir leur faiblesse, il accusait ceux qui prétendaient réconcilier la foi du passé avec la pensée moderne, de vouloir jeter de la poudre aux yeux et d'être des charlatans (Ueb. die Grundansichten der theol. Système in denLehrb. v. Schleiermacher, Marheinekc u. Hase, Leipz., 1828). Grâce au sens historique que Bretschneider possédait à un haut degré, il avait un instinct profond de la différence des formes dogmatiques que les diverses époques ont produites. Aussi dans ses ouvrages, écrits avec une application et un soin des plus consciencieux, a-t-il réuni tous les matériaux nécessaires à l'intelligence des dogmes chrétiens, sans essayer lui-même de les réunir en un système (Handb. der Dogmat. de?1 eu. lut/ter. Kirche, Leipz., 1814-18, 2 vol., et surtout System. Entwicklung aller in der Dogmat. vorlcommenden Begriffe, etc., Leipz., 1805; 3eédit., 1841). Bretschneider s'est aussi occupé de travaux exégétiques : il a publié un dictionnaire et un essai sur la dogmatique et la morale des livres apocryphes de l'Ancien Testament (1805), un dictionnaire très-estimé du Nouveau Testament (Lexicon manuale grœcolatinum in libros N. T., Lips., 1824), un traité sur l'évangile et les épîtres de saint Jean (Probabilia de evangelii et epistolarum Joli. Apoèt. indole et origine, Lips., 1820), dans lequel il élève, l'un des premiers, des doutes sérieux sur l'authenticité du quatrième évangile. Il a également publié une édition des œuvres de Mélanchthon (Ph. Mel. Opp. quse supersunt omnia, vol. J-XV, Hal., 1834-48), ainsi que de quelques œuvres inédites de Calvin et de 'Th. de Bèze (Lips., 1835), plusieurs recueils de sermons et de nombreux articles dans la Gazette ecclésiastique de Darmstadt dont il a été l'un des fondateurs. Son autobiographie, publiée après sa mort (Ans meinem Leben, Gotha, 1851), est un document d'un haut intérêt pour la connaissance des luttes auxquelles Bretschneider s'est trouvé mêlé.
BRÉVIAIRE (Breviarium), livre d'Eglise renfermant les oflices que doivent lire ou plutôt réciter les prêtres, les religieux et les moines des différents ordres. On n'est pas d'accord sur l'origine du nom Breviarium; selon les uns, il n'a été donné que pour indiquer en général Y abrégé des prières, des lectures et des hymnes de l'Eglise; selon les autres, il aurait une étymologie historique et déterminée remontant à l'époque de Grégoire VII. Ce pape, nous disent-ils, « accablé lui et sa cour d'.une immense quantité d'affaires, jugea à propos d'abréger pour l'usage de sa maison le très-long office qui, jusqu'à ce jour, avait été chanté ou récité; et naturellement cet abrégé, cette abréviation prit le nom de breviarium curix romanse » (Guillois, Explic. du Catéch., t. IV, p. 32; J.-B.-E. Pascal, Origines et raison de la Litur g. caih:, art. Bréu., Supplém. au Dict. de Moréri). A mesure que l'Eglise entra d'ans la déviation des principes évangéliques qui avaient fait la gloire de ses premiers jours, la démarcation entre clercs et laïques devint toujours plus accentuée, et, ce qui fut considéré comme formant le corps du clergé, fut astreint à des observances plus ou moins strictes