BRÉVIAIRE
ou rigoureuses qui furent développées par L'établissement des institutions monastiques. Chaque clerc, chaque moine fut obligé à une
lecture, el bientôt à une récitation de portions considérables de l'Ecriture sainte et des Pères. Cet ensemble de leçons {lectiones) constitua un office très-long dont la lecture, même rapide, prenait beaucoup de temps. C'est ce qu'on appelait le cours des offices (cursus); les Grecs le désignent encore ainsi. Chez eux, la récitation qu'on en doit faire exige quatre heures chaque jour. L'abréviation de Grégoire VU fut donc reçue favorablement, et adoptée par la plupart des clercs, quoiqu'elle n'eût été primitivement destinée qu'à la cour romaine. Toutefois, le Bréviaire romain d'aujourd'hui n'est pas l'ancien Bréviaire de Rome, mais un recueil d'oflices mis en usage par des cordeliers, dans la maison du pape. Ce recueil fut adopté par Sixte IV, et corrigé successivement par Pie V, Clément VIII et Urbain V. — Le Bréviaire, renfermant les offices de toute Tannée, se divise en quatre parties, une pour chaque saison : pm's Hiemalis, pars Verna, pars sEstiva, pars Autumnahs, Il est entièrement en latin, sa traduction en langue vulgaire est interdite. Nicolas Le Tourneux en publia une traduction qui fut condamnée le 10 avril 1088 par l'archevêque de Harlay; la sentence de son officialité « condamne l'impression et la traduction en langue française du Bréviaire romain, comme étant une nouveauté faite contre les conciles, les délibérations des assemblées du clergé ou les ordonnances du diocèse de Paris, les édits et les ordonnances du roi, contre l'esprit et l'usage de l'Eglise » (Colonia, Biblioth. jans., t. I). L'office de chaque jour compose ce que l'on appelle les Heures canoniales, qui. sont au nombre de sept; les voici dans leur ordre : Matines (office de la nuit; de là le nom de Vigiltœ qui lui a été quelquefois donné, comme aussi officium nocturnum ; les Laudes sont une partie de cet office), Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres et Compiles. On les divise en Heures majeures et en Heures mineures ; les majeures sont la première, la sixième et la septième (Matines, Vêpres et Compiles) ; les mineures : la deuxième, la troisième, la quatrième et la sixième (Prime, Tierce, Sexte et None), Chacune de ces Heure a son office spécial composé de prières, de versets, de psaume j d'antiennes, d'hymnes, de portions de l'Ecriture sainte, de fragments d'homélies des Pères ou de vies de saints. Tout cela doit être lu dans un certain ordre prescrit par les Rubriques, ce qui constitue un travail aussi diflicile que fastidieux. La récitation de ces offices est d'une difficulté presque invincible pour celui qui n a pas été initié à ce que l'on pourrait appeler le mécanisme liturgique du Bréviaire. L'office de Matines, à lui seul, contient dix-huit psaumes auxquels on doit ajouter des antiennes, des versets, des répons et des prières en grand nombre. Les auteurs les plus autorisés en science liturgique nous disent gravement (pie les sept Heures canoniales ont été établies dans l'Eglise pour suivre l'exemple du saint roi David : « Sept fois le jour je te loue à cause des ordonnances de ta justice » (Ps. CX1X, 164). — Objet de critiques sévères, parfois mordantes, dans le sein même du catholicisme, le Bréviaire romain contient, cela est incontestable, de fades légendes