‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 145 sur 263 · BRIDEL — BRIE · texte numérisé non relu

BRIDEL — BRIE

modeste édifice qui l'abrite aujourd'hui. Bridel fonda aussi le Chrétien évangèlique (1858), revue très-appréciée qu'il dirigea jusqu'à sa mort. L'œuvre de î'évangélisation de l'Espagne faisait l'objet de ses préoccupations les plus vives, lorsqu'une maladie imprévue contractée à Nimes, où il représentait son Eglise auprès du synode des Eglises libres de France, le ravit en peu de jours à sa famille et à ses amis (1er novembre 1866). « Comme homme et comme chrétien, Bridel possédait à un haut degré l'élévation, la fermeté, la droiture, la franchise, la largeur d'esprit et de cœur et la libéralité. Mais ce qui forme peut-être le caractère le plus prononcé de sa personnalité, c'est l'activité. » Bridel n'a pasiaissé d'écrits importants; il faut signaler cependant ses Trois séances sur Paul Rabaut et les prot. franc, au dix-huitième siècle, 1859 (voir Chrétien évangèlique, 1866, p. 585-604).

Louis Ruffet.

BRIE (Eglises de la). La Brie était une petite province, qui faisait anciennement partie des gouvernements de Champagne et de l'Ile-de- France et avait pour capitale Meaux. Dès 1521 l'évêque de cette ville, Guillaume Briçonnet, prêchait ouvertement les doctrines luthériennes et appelait pour le seconder Le Fèvre (Fabri) d'Etapbs, docteur en Sorbonne, Faiel, régent au collège du Cardinal-Lemoine, et les docteurs Martial et Gérard Roussel (Ruffi). Les cordeliers de Meaux n'ayant pas tardé à persécuter les nouveaux apôtres, Martial, qui craignait plus les hommes que Dieu, dissuada Briçonnet de donner suite à ses projets de réforme et même se rétracta publiquement. Il mourut chanoine et pénitencier de Paris. Le Fèvre se retira à Blois, puis s'établit à Nérac, grâce à la faveur de la sœur de François Ier, la célèbre Marguerite de Navarre, qui sauva également Roussel d'une mort certaine. Quant à Farel, après avoir séjourné quelque temps à Paris, il retourna dans le Dauphiné, son pays natal. Les ouailles de l'évêque de Meaux, quoique sans instruction (ils étaient pour la plupart cardeurs de laine et drapiers), supportèrent courageusement la persécution et offrirent à Dieu comme les prémices des martyrs, selon la touchante parole de Bèze. L'un d'eux, Jean Leclerc, fut arrêté et flétri par la main du bourreau. Un an après il mourait martyr à Metz (1524). Le jeune Jacques Pavannes, qui avait été attiré à Meaux par l'évêque, fut brûlé vif à Paris (1525). Un ermite, qui habitait Livry, subit le même sort. La semence évangèlique n'en fructifia pas moins dans la capitale de la Brie. En 1546 les luthériens de Meaux (comme on les appelait proverbialement) dressèrent une Eglise à l'instar de celle de Strasbourg, que plusieurs d'entre eux allèrent visiter, et élurent pour pasteur Pierre Leclerc, cardeur de laine remarquablement versé dans les Ecritures. Une cruelle persécution suivit de près. Quatorze luthériens furent condamnés au. feu par le parlement de Paris (4 octobre 1546), et exécutés à Meaux, notamment le pasteur Leclerc. L'Eglise, ébranlée par ces supplices, se reconstitua en 1555 sous le ministère de La Chasse et prit de l'extension. En 1559 ce dernier fut remplacé par le breton Du Fossé, qui ne tarda pas à être pris et condamné à mort. Au dernier moment ses amis parvinrent à le faire évader. Meon, qui vint

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après lui, exerça d'abord ses fonctions en cachette, puis en public, à partir de Ledit de janvier 1562. — La Réforme s'était introduite dans plusieurs autres lieux de la Brie. Leclerc, en quittant Meaux, en 1521, la prêcha à Rozay. Loisy vit son Eglise se constituer. en 1561. Jérémie

Vallée, son pasteur, fut remplacé à cette époque par Jean Fournier, docteur de Sorbonne converti, dont les longues souffrances sont racontées par Bèze. Les églises de la Rrie souffrirent beaucoup des guerres de religion, notamment celle de Meaux (1502), mais elles se réorganisèrent après Ledit de Nantes et furent rattachées au colloque de Paris et à la province synodale de Llle-de-France, Brie, Picardie, Champagne et pays chartrain. C'est à Lissy-en-Brie que se tint en 1682 (ou 1083) le dernier synode de la province. Il offrit ceci de particulier qu'au commissaire catholique, chargé par le roi d'assister aux séances, fut adjoint un prêtre catholique, chanoine de l'église cathédrale d'Arras. Décimés par la révocation de Ledit de Nantes, les protestants de la Brie eurent des assemblées du désert en 1700. Inquiétés à ce sujet, ils s'adressèrent à Paul Rabaut, l'oracle du protestantisme à cette époque, qui leur donna, suivant son habitude, des directions pleines de prudence et de fermeté. En 1770, nouvelle et plus sérieuse persécution. Le pasteur Charmusy est arrêté en chaire à Nanteuil-les- Meaux et conduit en prison, où il meurt au bout de neuf jours. Son successeur Broca fut emprisonné de même àLagnyen juin 1774; mais on le relâcha en septembre. Les églises de la Brie avaient encore pour pasteurs à cette époque Briatte, Bellanger, Hervieux et Maurel. Après la loi de germinal an X, qui reconstitua les cultes, elles furent réunies aux églises du département de l'Aisne et formèrent le consistoire de Monneaux, bientôt partagé en deux : le consistoire de Meaux et celui de Saint-Quentin. — Bèze, Hist. ecclés.; Crespin, Hist. des martyrs; Rabaut le jeune, Annuaire ou réper t. ecclés.; Bulletin de la Soc.de Vhist. du prot. franc., 1853, p. 458. E. Arnaud.

BRIET (Philippe), de la Société de Jésus (1001-1008). Géographe et historien, le P. Briet entreprit une compilation exacte et méthodique avec des cartes remarquables, sous ce titre : Parallela geographiœ veteris et novec (Paris, 1048 et 49, 3 vol. in-4°). Ces trois volumes ne renferment que l'Europe. Le manuscrit de l'Asie et de l'Afrique n'a pas été publié; longtemps égaré après la suppression des jésuites, il a été acquis en 1811 par la Bibliothèque nationale. Briet donna encore le Theatrum geographicum Europœ veteris (1053, in-fol.). En histoire, il publia une Chronique universelle où il suit le système chronologique de son confrère et contemporain le P. Péteau, et une continuation de 1* ibrégé de l' histoire universelle du P. Turselin, qu'il mena de 1598 à 1661, ouvrage aussi élégant pour la latinité qu'inexact dans les laits. briet s"\ montre plus ultramontain que français. Il compléta aussi la Concordia chronologica du P. Labbe. Tous ces travaux historiques, ainsi que divers essais littéraires, font regretter qu'il ne se soit pas exclusivement consacré à la géographie.

BRIEUC (Saint) ou Brioc, né en Cornouailles, dans. les premières années du sixième siècle, appartenait à une famille puissante de n. 28

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