BRIEUC — BRIGITTE
païens que des signes et des visions décidèrent à embrasser la foi chrétienne et à consacrer leur enfant au Seigneur. Ils reçurent tous le baptême des mains de l'illustre Germain d'Auxerre, venu en mission dans la Bretagne pour combattre l'hérésie pélagienne. Après avoir terminé ses études à Paris et reçu en 549 la prêtrise, Brieuc retourna dans son pays natal et se consacra avec succès à l'œuvre de l'évangélisation parmi ses compatriotes. Cédant plus tard à une vocation irrésistible, il débarqua dans notre Bretagne avec quatre-vingts religieux, et bâtit un monastère au lieu dit « la Vallée Double », que lui avait cédé Rignal, après avoir défriché le sol couvert d'arbres séculaires et transformé ces lieux solitaires en des campagnes couvertes de moissons. Il mourut en 614 et fut enseveli dans son monastère, autour duquel se groupèrent quelques habitations, point de départ de la ville de Saint- Brieuc, dont l'évêchéfut créé en 844. En 860 le corps du saint fut transporté à Angers, lors des invasions normandes. L'inscription retrouvée sur sa châsse en 1222 le qualifie d'évêque, mais il est probable qu'il en avait simplement le titre sans résidence fixe. — Voir : Chanoine La De visou, Vie de S. B., 1627; Legrand, Vies des Saints de Bretagne (très-crédule), in-fol., Nantes, 1637; Dom Taillandier, Hist. de Bretagne, Paris, 1756, II, LX VIII ; Gallia Christ., XIV,
BRIGITTE, la sainte Marie d'Irlande, née en 467, tille d'un barde de la province cleLemster, baptisée à l'âge de quatorze ans par F un des disciples de saint Patrick, refusa de rentrer dans sa famille et se retira dans une épaisse forêt de chênes, sanctuaire vénéré des druides. Elle s'y construisit une cellule et groupa autour d'elle de nombreuses novices attirées par sa piété et par ses miracles. Son monastère Kildare, ou la Cellule du Chêne, a donné peu à peu naissance à la ville de ce nom. De nombreux couvents adoptèrent la règle qu'elle avait rédigée. Elle mourut en 525 et fut bientôt canonisée. Son nom fut donné à des milliers d'églises du continent par les missionnaires de sa patrie. Invoquée à l'égal de la Vierge, les nonnes de Kildare entretinrent, en mémoire d'elle, un feu perpétuel que le clergé fit éteindre en 1222 pour couper court à des superstitions grossières. Ses miracles sont aussi fabuleux que ses visions sont étranges, toutes pénétrées qu'elles sont des souvenirs du druidisme. Patronne de l'Irlande, elle a été jusqu'à nos jours l'objet d'un culte national (Todd, Book of hymns of the anc. ch. oflr., 1855). Todd a traduit plusieurs des hymnes composées en son honneur. — Voir : AA. SS., feb., 1, 99-183 ; Montalembert, Les Moines d'Occident, II, 418.
BRIGITTE, née vers 1302, appartenait par sa famille à la race royale de Suède. Elle manifesta de bonne heure sa passion pour la vie monastique, qu'elle continua en partie après son mariage avec Wulpho de Néricie, et entra avec lui dans le tiers-ordre de Saint-François. De leurs huit enfants, l'aînée, Catherine, eut, elle aussi, l'honneur delà canonisation. Adonnés à une piété vivante et pratique, les deux époux se consacrèrent au service des pauvres, pour lesquels ils lirent construire voi hôpital dans leur patrie; puis ils résolurent d'entreprendre un
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pèlerinage à Saint-Jacques-de-Gompostelie. Wulpho, tombé malade au début du voyage, retourna en Suède et entra, avec le consentement de sa femme, dans un couvent de l'ordre de Giteaux, où il mourut en
1344, avant d avoir prononcé ses vœux. Sa veuve s'abandonna dès lors aux pratiques de l'ascétisme le plus rigoureux et fonda à Wadstena, dans le diocèse de Sinkoeping, un couvent pour soixante religieuses, qui fut Le point de dépari de Tordre de Sainte-Brigitte ou de Saint- Sauveur. Cet ordre, confirmé par Urbain VI en 1370, comprend des moines et des religieuses sous la direction de rabbesse, qui représente la Sainte Vierge, dont il a pour mission spéciale de propager le culte. Cet ordre, très-répandu dans le Nord de l'Europe, a jeté quelques rameaux dans le Sud et a donné OEcolampade à la Réforme. En 1346, Brigitte se rendit à Rome, où elle fonda une maison de refuge pour les étudiants et les pèlerins de son pays, et y mourut en 1373, après avoir accompli un pèlerinage à Jérusalem. Elle fut canonisée parBonifacelX, dès le 7 octobre 1393, malgré la vive opposition de Gerson. Ses visions, qu'elle dicta à ses deux confesseurs, inspirées par l'attachement le plus rigide à la hiérarchie catholique, proclament la Conception immaculée de la Vierge et mettent dans la bouche de Jésus-Christ les menaces les plus sévères contre les ennemis du célibat des prêtres et de la hiérarchie romaine. Les catholiques eux-mêmes y reconnaissent l'influence de ses directeurs spirituels. — Voir : AA. S S., oct., IV, 378 ss.; Binet, Vie adm. de S. È., Lille, 1624, 8° ; Chaldénius, Dt'sp. do-
rrr. S. //.. Witt., 171o, 4°. A. Paumier.
BRILL (Jacques) [1639-1700], mystique hollandais, auteur d'une quarantaine de traités populaires, recueillis et publiés en 1705 à Amsterdam, et traduits en allemand en 1706 à Leipzig. Destitué de sa cure en Z(dande à cause de ses tendances panthéistes, Brill vécut en donnant des leçons et en répandant sa doctrine par ses écrits. Il place les révélations de la lumière intérieure au-dessus de celles de la Bible, et demande que le sacrifice du Christ se renouvelle dans chaque chrétien, afin, de le rendre participant de la nature divine. Poiret fait de Brill un grand éloge dans sa Bibliotheca mysticorum selecta, 1708.
BRIQUEMAULT (François de Beauvais, seigneur de), un des chefs militaires les plus distingués du parti protestant durant les premières guerres de religion. Né en 1502, il s'était de bonne heure signalé dans la guerre d'Italie comme un des meilleurs capitaines et avait mérité d'être fait mestre de camp, gentilhomme ordinaire de la chambre >.i chevalier de Tordre du roi. Liéd'étroite amitié avecColigny, attaché à la cause du prince de Coudé, il se dévoua au triomphe des doctrines évaogéliques, sans qu'on pût l'accuser d'arrière-pensée et d'ambition: il allait leur sacrifier sa vie. Il n'hésita pas à se prononcer pour la première prise d'armes, et après avoir cédé à Houen le commandement à Montgommery, pour éviter un fâcheux conflit, il se rendit avec derrières, vidame de Chartres, auprès de la reine Elisabeth d'Angleterre, pour négocier l'important traité de llamptoncourl, puis il vint rejoindre Coligny en Normandie, ef peude jours plus tard il reprenait Dieppe sur les catholiques. Dans la troisième guerre civile, il rend
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encore les plus importants services, prêtant son appui à la reine Jeanne d'Albret pour gagner La Rochelle, mettant en déroute ravant-garde de l'ennemi avant la bataille de Jarnac et reprenant ensuite sur le duc d'Anjou la place de ce nom. 11 prit une notable part à l'affaire de La Roche-Abeille, au siège du château de Lusignan, bientôt après à la bataille de Moncontour, et il déploya dans la retraite une rare énergie. Après avoir échoué dans une tentative pour surprendre Bourges, il réussit à dégager le commandant de La Chapelle Augeron. En 1570, il répond à un appel de l'amiral et fait sa jonction avec lui à Saint-Etienne, puis, le 21 juin; enfonçant à Aruay-le-Duc le corps catholique qui
ui était opposé, il contribue fortement au gain de cette bataille qui amène le traité de paix. Aussi loyal que brave, Briquemault croyait en
a parole du roi, et il partagea, s'il n'augmenta même la fatale confiance de Coligny. Quand éclata la Saint-Barthélémy, il parvint à gagner, sous un déguisement, l'hôtel de l'ambassadeur d'Angleterre. Charles IX, sans respect pour l'inviolabilité de cet asile, l'en lit arracher et le livra au parlement avec son ami Cavagnes. S'il faut en croire deThou, qui, âgé de dix-neuf ans, assista au prononcé de l'arrêt dans la chapelle du Palais, Briquemault, septuagénaire, eut alors un instant de faiblesse ; mais les exhortations de Cavagnes, qui était, au contraire, plein de constance, lui eurent bientôt rendu sa fermeté première. Leur fin à tous deux fut héroïque autant qu'horrible. Traînés sur la claie par les rues et accablés d'ignobles traitements par une populace forcenée, ils furent pendus et étranglés. Leurs cadavres mêmes ne furent pas soustraits aux outrages. Pour comble d'ignominie, Charles IX, nous dit Brantôme, avait voulu repaitre ses yeux de cet affreux spectacle qui eut lieu aux flambeaux, comme une curée, et il y lit assister le roi de Navarre, qu'il obligea à prendre place ensuite à la collation qu'on avait préparée à l'Hôtel-de-Ville, comme pour une fêle. L'arrêt, qui est du 27 octobre 1572, confisquait en outre tous leurs biens et déclarait leur postérité infâme et déchue de tous droits. Mais l'épée des protestants déchira, en 157(5, cette odieuse sentence et força Henri III à réhabiliter la mémoire des victimes de 1572. Briquemault avait épousé, en 1534, Renée de Jaucourt, dont il eut trois fils et une fille. L'ainé, Jean, fournit une carrière militaire digne de son nom et périt en 1590.
Ch. Eead.
BRITANNIQUES (Iles). Le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande avait, au recensement de 1871, une population de 31,845,379 habitants. La statistique religieuse ne peut considérer ce pays comme une unité. Ses différentes parties ont pour cela une organisation religieuse trop différente. 11 faut donc passer successivement en revue les trois royaumes que comprennent les Iles Britanniques. — A. Angleterre et Galles. Population totale : 22,712,266 âmes. Un grand nombre de dénominations religieuses se partagent l'Angleterre. Mais on ne saurait donner le chiffre exact des adhérents de chacune. Les recensements officiels ne contiennent pas de renseignements à ce sujet et se contentent de relever le nombre de places contenues dans les édifices religieux de chaque culte. Nous allons passer en revue les principaux
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groupes ecclésiastiques delà contrée. — 1. Eglise anglicane. \<>us n'avons à nous en préoccuper ici qu'au point de vue toutextérieur de la statistique. Les évaluations autorisées donnent à l'Eglise anglicane 17,781,000 membres en Angleterre et dans le pays de Galles. D'autres réduisent ce nombre à celui, plus probable, de 12,700,000. Cette Eglise est, au sens le plus strict du mot, une Eglise d'Etat. Le souverain en est le chef suprême, el les autorités ecclésiastiques tiennent de lui leur pouvoir. Il nomme directement les évêques d'un certain nombre de sièges; pour les autres, une lettre royale remet au doyen et au chapitre le soin de l'élection, mais désigne en même temps la personne qui doit être élue. La couronne a ('gaiement le patronage d'un très-grand nombre de doyennés et de cures. La hiérarchie se compose de 2 archevêques et de 27 évêques. Voici la liste des diocèses: 1. Archevêché de Cantorbéry : évêchés suffragants : 1° Londres, 2' Winchester, 3" Llandatt", 4-1 Norwich, 5° Bangor, 6° Worcester, 7° Gloucester et Bristol, 8" Liclrîield, 9° Hereford, 10' Pcterborough, 11° Lincoln, 12° Salisbury, 13° Bath et Wells, 14° Exeter, 15° Oxford, 16° Chichester, 17° Saïnt-Asaph, 18° Ely, 19° Saint-David, 20' Kochester, 21° ïruro (ce dernier diocèse, créé en 1871) par démembrement du diocèse d' Exeter, n'est pas encore organisé). 2. Archevêché d'York : évéchés suffragants : 1° Uurham, 2" Ripon, 3° Chester, 4° Carlisle, 5° Manchester, (3° Sodor et Man. Les titulaires de presque tous ces sièges sont de droit membres de la Chambre des lords. Ces diocèses sont très-inégaux en étendue et en population. Tandis que l'évêque de Londres a sous sa juridiction près de 3,000,000 d'àmes, celui de Sodor et Man en a à peine 50,000. Chaque prélat a pour l'assister dans le gouvernement de son diocèse un chapitre composé d'un doyen, de quatre à six chanoines titulaires, et d'un nombre variable d'ecclésiastiques, chanoines honoraires, chapelains, etc. Les diocèses se divisent en archidiaconés, ceux-ci en doyennés, formés eux-mêmes de plusieurs paroisses, dont les pasteurs ont les titres de recteurs, de vicaires, de curés perpétuels ou de curés. Le clergé compte 71 archidiacres, 715 doyens et environ 15,000 pasteurs en fonctions dans 10,000 lieux de culte renfermant 6,000,000 de sièges. Le droit de nomination appartient à des patrons qui désignent la personne à qui doit être donné le bénéfice. La couronne, le prince de (ialles, le lord chancelier, îe chancelier du duché de Lancastre, les archevêques et évêques, les doyens et les chapitres, les archidiacres, les universités sont patrons d'un très-grand nombre de cures; dans d'autres le même droit appartient à des particuliers; on évalue le nombre de ceux qui jouissent de ce droit dans une ou plusieurs paroisses à 3,850. L'Eglise peut être réunie en concile ou convocation dans chacun.' des deux provinces ecclésiastiques; mais les décisionsde ces convocations ne sont valables qu'après avoir reçu l'approbation du souverain. L'Eglise anglicane, ayant pris la succession de l'Eglise catholique en Angleterre, en a retenu des biens considérables. Aussi le haut clergé a-t-il des traitements très-considérables. L'archeyêque de Cantorbéry touche 15,000 livres (375,000 IV. i, celui d'York 10,000 (250,000fr. ; lès évêques ont en moyenne environ 5,000 livres (125,000 f.)
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chacun. Dans le clergé inférieur, il y a eneore beaucoup de beaux traitements; mais beaucoup aussi sont déplorablement minimes, et c'est le plus souvent dans les paroisses où la charge est la plus lourde que le traitement est le moindre. Le traitement moyen peut être évalué à 200 livres (5,000 fr.). — 2. Les Presbytériens de diverses dénominations, en grande majorité en Ecosse, sont relativement peu nombreux en Angleterre où ils ont environ 200 lieux de culte avec 80,000 sièges. — 3. Les Indépendants ou Congrégationalistes forment un des groupes ecclésiastiques les plus considérables de l'Angleterre. Ils ont environ 3,500 temples avec 1,200,000 sièges. — 4. Les Baptistes, tant généraux que particuliers, tant baptistes du septième jour que baptistes écossais et baptistes de la nouvelle association, ont plus de 2,500 lieux de culte pouvant contenir 700,000 personnes. — 5. La Société des quakers ou amis se réunit dans 380 locaux ayant ensemble 90,000 sièges. — 6. Les Unitaires ont 230 lieux de réunion avec 65,000 places. — 7. Les Frères moraves, 32 temples avec environ 9,000 sièges. — 8. Les Méthodistes ivesleyens sont, après l'Eglise établie, la dénomination la plus nombreuse de la contrée. Ils ont environ 9,000 lieux de culte pouvant renfermer plus de 2,000,000 de personnes. Mais ils ne sont pas unis entre eux et se subdivisent en plusieurs groupes, dont les principaux sont l'association originelle, la nouvelle association, les méthodistes primitifs, les chrétiens bibliques, l'association méthodiste wesleyenne, les méthodistes indépendants, les wesleyens réformés, etc. — 9. Les Méthodistes calvinistes, dont les diverses fractions possèdent 1,000 temples avec 250,000 places. Il y a encore beaucoup d'autres petites congrégations ayant environ 700 lieux de culte renfermant 140,000 sièges. Ce sont quelques Églises étrangères, luthériens, réformés français, allemands et hollandais, puis une multitude de petites sectes dont plusieurs ont choisi des noms bizarres, tels que calvinistes supralapsaires, millénaires, prédestinériens, prédestinériens trinitaires, association chrétienne, chrétiens orthodoxes, nouveaux chrétiens, disciples du Christ, chrétiens primitifs, chrétiens du Nouveau Testament, chrétiens originaux, chrétiens unis, pèlerins de l'Evangile, chrétiens du libre Evangile, chrétiens de l'amour, réfugiés de l'Evangile, chrétiens libre-penseurs, chrétiens du doute, méthodistes bienveillants, chrétiens israélites, stephenites, inghamites, wesleyens de la tempérance, chrétiens de la tempérance, libre-penseurs, progressistes rationalistes, etc., etc. — 10. Les Catholiques anglais sont au nombre de 2,000,000 environ. On s'est beaucoup inquiété depuis quelques années des progrès que fait en Angleterre l'Eglise romaine. A en croire certains écrits, la Grande-Bretagne serait sur le point de retomber sous la domination du pape. Si les progrès sont certains, du moins les exagère-t-on beaucoup. On dit notamment que l'aristocratie rentre en masse dans le sein de l'Eglise catholique. Certainement, il y a eu quelques conversions de grands seigneurs ; mais elles sont peu nombreuses. Sur 501 pairs du Royaume-Uni, il y a 26 catholiques; sur 652 membres de la Chambre des communes, 50 sont catholiques, représentant tous des districts irlandais ; pas un catholique n'a été élu, ni en Angleterre, ni en Ecosse, ni dans le pays
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de Galles. Enfin, sur environ 800 baronnets, on compte 17 catholiques, on le voit, l'heure d'être inquiet parait encore éloignée. Ce qui a pu donner lieu à la méprise, c'est la rapide extension qu'a |»risc depuis
quelque temps le développement de la hiérarchie. Lors de la Réformation, ceux des évèques anglais qui refusèrent de s'y associer furent expulsés OU emprisonnés. Le dernier d'entre eux, Thomas Goldwell, évêque de Saint-Asaph, mourut en 1585. Jusqu'à la tin du seizième siècle, les catholiques anglais lurent privés de chef spirituel. En 1598, le pape nomma un archiprêtre d'Angleterre qui fut pendant vingteinq ;ws le chef de ses coreligionnaires. Le 23 mars 1()23, Grégoire XY créa un vicariat apostolique d'Angleterre, qui subsista jusqu'en 1655. Supprimé [tendant les troubles politiques, il fut rétabli sous le règne de Jacques II, en 1685, divisé en deux en 1687, et enfin, profitant dès bonnes dispositions du monarque, le pape Innocent XI forma de l'Angleterre, le 30 janvier 1688, quatre vicariats apostoliques, administrés pardesévêques inpartibus; c'étaient les vicariats de Londres, du Cen tre, du Nord et de l'Ouest. Cette organisation se maintint pendant un siècle et demi, sans recevoir de nouveaux développements. Ce ne fut que le 30 juillet 1840 que le pape Grégoire XVI remania cette division et établit 8 districts, ceux de Londres, de l'Ouest, de l'Est, du Centre, du pays rie Galles, du Lancashire, de l'Yorkshire et du Nord. Enfin dix ans plus tard, le 29 septembre 1850, le pape Pie IX rétablit complètement la hiérarchie en Angleterre. Depuis ce moment, le pays forme la. province ecclésiastique de Westmister. L'archevêque a sous lui 12 évoques sulïragants, ceux de Beverley, de Birmingham, de Clifton, de Il \ham et Newcastle, de Liverpool, de Newport et Meneria, de Northampton, de Nottingham, de Plymouth, de Salford, de Shrewsbury et de Southwark. Chaque évêque est assisté d'un vicaire général et d'un chapitre de 8 à 10 chanoines. Le clergé comprend 1,828 prêtres, qui desservent 1,076 chapelles (décembre 1876). — 11. On évalue à 45,000 le nombre des Juifs.
B. Ecosse. Population totale : 3,360,018. — 1. L Eglise nationale d'Ecosse diffère beaucoup de celle d'Angleterre; tandis que celle-ci est épiscopale, celle-là est presbytérienne, et les tentatives faites autrefois pour la rendre épiscopale ont toujours rencontré une invincible résistance. Cette Eglise comprenait autrefois la presque totalité des habitants du pays. .Mais la séparation de 1843 lui a enlevé près de la moitié de ses membres. Elle ne compte plus aujourd'hui que 1,473,000 membres environ (1871). Charpie paroisse élit un conseil d'Eglise ou Kirk Session, composé du ou des pasteurs et d'un certain nombrede laïques; ce conseil maintient la discipline et intervient, quoiqueavec bien des restrictions, dan- h- choix des pasteurs. Plusieurs paroisses réunies forment un presbytère, an nombre de 81 dans le royaume. La réunion de plusieurs presbytères forme un synode. L'Ecosse forme 16 synodes: l°Lothian et JVeeddale, 2°Merse etTeviotdale, 3° Dumfries, 4° Galloway, 5° Glasgow etAyr, 6° Argyll, 7° Perth el Stirling, 8° Fife, 9° Angus et Mearne, 10- Aberdeen, Il Moray, 12° Ross, L3°Sutherland et Caithness, 14° Glenelg, 15' Orcades, 16" Shetland. Enfin au-dessus des synodes se trouve
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rassemblée générale de l'Eglise d'Ecosse qui se réunit à Edimbourgpendant dix jours tous les ans. Elle se compose de 386 membres délégués des Eglises ayant à leur tête un modérateur élu par l'assemblée et un lord haut commissaire désigné par le souverain. Cette constitution est, on le voit, essentiellement démocratique et le principe de l'élection s'y retrouve à tous les degrés. Cependant, par une étrange inconséquence, le droit de patronage y a longtemps fleuri sans restriction et avec tous ses abus. Il est aujourd'hui ramené dans des limites acceptables; néanmoins il présente encore bien des inconvénients. On ne trouve pas dans l'Eglise établie d'Ecosse les gros traitements que l'on rencontre en Angleterre. Les pasteurs reçoivent en moyenne 150 livres (3,750 fr.). — 2. L'Eglise libre d'Ecosse s'est séparée de l'Eglise nationale, en 1843, à propos des querelles que suscitait la question du patronage. Elle compte environ 740,000 membres et a adopté toute la constitution de l'Eglise nationale, à l'exception du patronage. Elle comprend aujourd'hui 932 paroisses groupées en 71 presbytères et 16 synodes. Son budget, fourni tout entier par des cotisations volontaires, s'est élevé en 1868 à 395,554 livres (10,000,000 de francs). Le traitement des pasteurs est à peu près le même que dans l'Eglise nationale. Ils font leurs études dans les trois facultés de théologie d'Edimbourg, de Glasgow et d'Aberdeen. — 3. V Eglise presbytérienne urne s'est séparée de l'Eglise nationale vers le milieu du siècle dernier. Elle compte 31 presbytères avec 594 paroisses, 623 ministres, 4,466 anciens, 172,930 communiants. Son revenu annuel, fourni par les souscriptions de ses membres, s'élève à 275,107 livres (près de 7,000,000 de francs). — 4. Petites Eglises diverses : Eglise presbytérienne réformée : 6 presbytères, 44 paroisses; Eglise réformée presbytérienne d'Ecosse : 2 presbytères, 10 paroisses ; Synode des séparatistes unis: 4 presbytères. 27 paroisses; Union des Eglises congrégationalistes d'Ecosse: 95 paroisses; Union évangélique et Eglises affiliées: 77 congrégations ; Eglises baptistes d'Ecosse: 92 pasteurs; Eglise méthodiste ivesleyienne : 35 pasteurs ; Eglises unitaires d'Ecosse : 5 paroisses. — 5. Eglise épiscopale d'Ecosse, 7 évêchés : 1° Moray, Ross et Caithness; 2° Edimbourg; 3° Argyll et les iles; 4° Brechin; 5° Saint- André Dunkeld et Dunblane ; 6° Aberdeen et Orcades ; 7° Glasgow et Galloway. Cette Eglise, peu nombreuse (73,200 âmes), est importante, par le fait que presque toute la noblesse et les classes supérieures s'y rattachent. Le clergé est proportionnellement très- nombreux et dessert 173 paroisses. — 6. Eglise catholique. Le dernier prélat de l'ancienne hiérarchie, James Betoun, archevêque de Glasgow, était mort en 1603, lorsque le pape Urbain VIII créa en 1629 une préfecture apostolique en Ecosse. En 1694, cette préfecture fut transformée en vicariat apostolique. Divisée en deux districts, Lowland et Highland, au mois de février 1731, elle forma enfin le 13 février 1827 les trois vicariats apostoliques de l'Est, de l'Ouest et du Nord. La population catholique est évaluée à 320,000 personnes , réparties dans 239 paroisses, desservies par 260 prêtres. — 7. On évalue à 6,400 le nombre des juifs établis en Ecosse.
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C. Friande. Recensement de 1871 : Population totale, 5,412,377 : catholiques romains. 1,150,867; anglicans, 667.979; presbytériens, 197,648; méthodistes, £3,441; membres d'antres sectes,. 52,442. — 1. UEglise catholique, qui renferme, comme on le voit, L'immense majorité du peuple irlandais, a subi, depuis le seizième siècle, de nombreuses el étranges persécutions, et, depuis peu d'années seulement. cllt1 jouit dune liberté à peu près complète. La hiérarchie n'a cependant jamais été interrompue. Elle se compose de 4 archevêques et de 24 évêques. L° Archevêché d'Armagh (455). Suffragants : évêchés d'Ardagh [1152), Clôgher (vers 506), Derry (1158), Down et Connor (499), Dromore (vers 510), Kilmore (1136), Meath (vers 520), Raphœ (885). 2° Archevêché de Dublin (neuvième siècle). Suffragants: évéebés de Feras (632l, Kildare et Leighlin (sixième siècle), Ossory I sixième siècle». 3° Archevêché de Cashel et Emly (1152). Evêchés suffragants : Cloyne (septième siècle), Cork (septième siècle), Kerry et Aghadoe (onzième siècle), Killaloe (septième siècle), Limerick (1106), Ross (1849), Waterford et Lismore (1096). 4° Archevêché de Tuam (1150, évêché dès le sixième siècle). Suffragants : Achonry (1152), Clonfert i^iS), Elphin (cinquième siècle), Galway (26 avril 1831), Killola (sixième siècle) , Kilmaeduagh et Kilfenora (septième siècle). — L' Eglise anglicane a été, pendant des siècles, l'Eglise établie. Ses prélats et ses pasteurs touchaient des prébendes souvent énormes et n'avaient presque pas de paroissiens. Dans beaucoup de localités, pour deux ou trois familles anglicanes, on trouvait un pasteur rétribué sur le pied de 15 à 20,000 francs par an. Et ce qui rendait l'abus plus sensible, c'est que ces traitements étaient, pour la plus grande partie, fournis par des redevances que payait la population catholique. Aussi cet état de choses était-il l'un des griefs les plus marqués de l'Irlande contre l'Angleterre, et les esprits libéraux étaient-ils depuis longtemps d'accord avec les catholiques pour remédier à cette situation. Ce n'est cependant qu'en 1871 que la réforme put être effectuée et que l'Eglise épiscopale perdit ses privilèges en Irlande. Il ne semble pas quelle en ait souffert au point de vue spirituel. La vie religieuse et l'esprit de sacrifice paraissent, au contraire, y avoir gagné. La hiérarchie se compose de 2 archevêchés : 1° Armagh et Clogher ; 2° Dublin et Kildare. et de 10 évêchés : 1° Meath; 2° Ossory, Feras et Leighlin : '.\ Cashel, Emly, Waterford et Lismore; 4° Down, Connor et Dro more; 5° Killalol, Kilfenora, Clonfert et Kilmacduagh; 6° Cork, Cloyne et Ross; 7° Limerick, Ardfort et Aghadt; 8° Tuam, Killala et Achonry; 0° Derry et Raphœ; 10° Kilmore, Elphin et Ardagli. — Quant aux autres dénominations de chrétiens irlandais, nous manquons de renseignements suffisants pour en parler ici. — Bibliographie : Almanach de Gotha, 1877; Martin, The StatesmansYéarbockj 1877; British Impérial Calender, 1870; British Almanac and Companion, 1877; Census of England and Wales fort the y.ear 1871; New-Edinburg Almanach, 187.'i ; The Glergy List for 1873; The Catholic Directory, ecclesiastical Register and Almanach, 1877, etc., etc.