‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 147 sur 263 · A.UCHEB · texte numérisé non relu

A.UCHEB

442 BRITTO - BROGLIE

BRITTO (Jean de) [1647-16931, page de l'infant D. Pierre de Portugal, entra dans la compagnie de Jésus en 1674, et se distingua comme missionnaire dans l'Inde où il mourut martyr de son zèle, après avoir opéré de nombreuses conversions. Il fut béatifié le 21 août 1853.

BROCARD, dominicain allemand. On ne connaît ni son prénom, ni le lieu de sa naissance, ni les dates exactes de sa vie. Il visita la Palestine vers 1280, ainsi que Fa démontré M. Victor Le Clerc, et non pas vers 1230, comme l'avancent ses divers biographes. La relation qu'il laissa de ce voyage, qui dura plus de dix ans, est extrêmement curieuse parle mélange de naïveté et de circonspection qui caractérise l'auteur. Philippe le Bon, duc de Bourgogne, l'avait fait traduire du latin en français en 1457. Elle fut imprimée pour la première fois en 1475, dans le Uudimentum noviciorum, espèce d'encyclopédie historique publiée à Lubeck en 2 volumes in-folio. Le texte de Brocard, constamment mutilé dans ses reproductions successives, n'a pas moins de quatre rédactions différentes. Il était déjà altéré dans l'édition de Venise (1519, in-8°) qui se donne faussement pour la première impression de l'ouvrage. Celle d'Anvers (1536, in-8°) en retrancha presque tout ce qui n'est pas géographique, c'est-à-dire la partie la plus intéressante. Enfin celle de Cologne (1624, in-8°) fut donnée sous le nom du cordelier normand Bonaventure Brochard, qui visita la Terre-Sainte en 1533 et dont la relation manuscrite est à la Bibliothèque nationale. On avait déjà confondu Brocard avec un Burchardde Strasbourg qui fit le même voyage vers 1175 (voir la belle étude de M. V. Le Clerc sur Brocard clans le t. XXI de Y Histoire littéraire de la France, p. 180-215).

BROGLIE (Maurice- Jean-Madeleine de). Fils du maréchal de Broglie et grand-oncle du duc Albert de Broglie, sénateur actuel, il naquit en 1766 au château de ce nom. Il était au séminaire de Saint-Sulpice au commencement de la Révolution, et il conseillait à son père, alors émigré, de revenir en France pour prêter son aide à ce qu'il appelait la régénération nationale, mais il ne tarda pas à aller le rejoindre à Berlin. Le roi de Prusse le nomma prévôt du chapitre de Posen. Rentré en France en 1803, il devint peu après aumônier de l'empereur, puis évêque d'Acqui en Piémont, d'où il fut transféré sur sa demande, en 1807, à Tévêché de Gand. Les éloges dont il comblait alors Napoléon, et qui allaient jusqu'à célébrer son amour pour la paix, ne furent égalés que par la haine qu'il lui montra dans la suite. Forcé par les événements de se déclarer gallican ou ultramontain, M. de Broglie se mit à la tête de ce dernier parti. Il refusa, en 1810, la décoration de la Légion d'honneur pour ne pas prêter le serinent de l'ordre. En 1811, il fut, avec les évêques de Troyes et de Tournay, le principal auteur du refus que le concile de Notre-Dame opposa au gouvernement, désireux d'établir l'institution des évêques par l'Eglise de France, en dehors de l'intervention du pape. Enfermé aussitôt avec ses deux collègues au donjon de Vincennes, il donna comme eux sa démission pour en sortir et fut interné à Beaune, puis dans l'ile Sainte-Marguerite. En 1813, l'empereur ayant nommé M. d'Osmond évêque de Gand, on

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