BROUSSON — BROWNE
Basviile mit sa tête à prix pour si\ cents louis d'or. La manière dont à chaque instant il échappe à la mort tient du prodige. Il traverse les Gévennes, se rend dans le Castrais, avec le désir dès longtemps caressé de se diriger vers les Eglises du Poitou ; mais, par une imprudence, à Pau. il se laisse découvrir, il est livré par un traître et est arrêté à Oléron. Basviile réclame sa victime à l'intendant Pinon. Brousson esl en effet transféré de Pau à Montpellier. Le pasteur du Désert subit le martyre à Montpellier le 1 novembre 1()98. En 1701, à Utrccht, on a imprimé, sons le titre de : Lettres et Opuscules^ les principales pièces de Brousson adressées aux Eglises et aux: puissances, notamment la Lettre apologétique à Basviile et les Lettres aux fidèles persécutés. Le livre important de Brousson est : « La Manne mystique du Désert, ou sermons prononcés en France dans les déserts et les cavernes durant les ténèbres de la nuit et de l'affliction, pendant les années 1689-1693, » Amsterdam, in-8°. Tous les livres de Brousson sont fort rares; mais on en a une idée suffisante par les extraits et réimpressions qui se trouvent dans le Bulletin du Protestantisme français. Voici dans cet excellent recueil ce qui concerne Brousson : deux sonnets sur sa mort, t. II, p. 356; son dossier, II, 286; son portrait, son signalement, sa tète mise à prix, VII, 3; sa lettre à Basviile, VII, 5; détails biographiques, VIII, o27 ss. ; lettre au roi sur les persécutions, VIII, 586; ses sermons, fragments de la Manne mystique du Désert, VIII, 594 ss., 606 ss. ; lettres conservées, Genève, XI, 86; détails sur son martyre, XXI, 148 ss. et 197. — Voyez Borrel, Biographie de Claude Brousson, Nîmes, 1852; Baynes, The Evangelist of the Désert, Londres, 1853; de Polenz, article de Y Encyclopédie de Herzog; Haag, France protestante . A. Viguié.
BROWNE (Robert), théologien puritain anglais, fondateur de la secte des Brownistes, appartenait à une bonne famille du Rutlandshire et était parent du lord trésorier Burghley. Né vers 1550, il lit ses études à Cambridge où il se fit remarquer par son caractère peu endurant et par son opposition à la hiérarchie et à la liturgie anglicanes. Après avoir été chapelain du duc de Norfolk, puis lecturer à Islington, près Londres, il prit, à Norwich, la direction d'une Eglise indépendante formée surtout d'anabaptistes hollandais. Ses convictions séparatistes étaient de plus en plus accentuées, et il les propageait avec une grande ardeur. Associé à un maître d'école nommé Harrison, il parcourait la contrée formant partout où il le pouvait des communautés constituées selon le type qu'il croyait conforme à l'Ecriture. Ses discours avaient un grand succès, et ses vues, qui répondaient aux secrets instincts d "opposition des masses, étaient accueillies avec empressement. Lévèque de Norwich, le docteur Freke, grand ennemi des puritains, le lit emprisonner : ce n'était pas la première fois que Browne allait en prison, el ce ne fut pas la dernière. Il se vantait, s'il faut en croire Fuller, « d'avoir séjourné dans trente-deux prisons, dans plusieurs desquelles il n'eût pas pu voir sa main en plein midi. » Sous le règne d'Elisabeth, il suffisait d'être non-conformiste pour être exposé à être incarcéré sous le moindre prétexte. Relâché grâce* à l'intervention de lord Burghley, Browne se remit à prêcher. Menacé de nouveau,