‹ Encyclopédie des sciences religieuses (volume 5)Chapitre 154 sur 263 · BRUNO · texte numérisé non relu

BRUNO

brille la puissance de la religion et de la royauté. » Esprit conciliant et modéré, il intervint dans les discussions de la famille royale, réconcilia en 954 Otton avec son frère Henri le Querelleur et s'interposa à plusieurs reprises pour mettre fin à la guerre civile, engagée par Luddolf contre son père. Pendant qu'Otton repoussait sur les bords du Lech l'invasion hongroise, Bruno défit en 954 Conrad de Lorraine, révolté, et fit prisonnier en 955 Rigmar, frère de Giselbert, qu'il envoya terminer en Bohême sa carrière agitée. Pendant neuf ans, lors des luttes de Louis d'Outremer avec Hugues le Grand, tous les deux ses beaux-frères, il exerça une influence décisive sur les affaires de la France. Il fut en 947 l'àme du concile d'Ingelheim qui confirma les droits de Louis d'Outremer et de sa créature Artaud, archevêque de Reims, contre Hugues de Vermandois, partisan d'Hugues de France. En 954, sur les instances de sa sœur Gerberge, veuve de Louis d'Outremer, il assista à Reims au sacre de son neveu Lothaire. Il mourut à Reims le II octobre 965, dans l'un de ses nombreux voyages diplomatiques, et fut inhumé en grande pompe à Cologne, dans l'église de Saint-Pantaléon, qu'il avait lui-même fondée. — Voyez : Frodoard, Vita S. /?., dans Opp. Script, fr., IX; Ruotger, Vita S. B. dans Pertz, Mon. Germ., IV, 252; Bollandistes, mensoct., V., Brux., 1786; Pieler, Bruno, I, Arnsb., 1851. A. Paumiek.

BRUNO, l'apôtre de la Prusse, martyr, a été longtemps confondu avec d'autres personnages obscurs du même nom, et le surnom de Boniface, qu'il prit à Rome, a donné naissance à l'histoire d'un second missionnaire qui n'a jamais existé. Aucune légende n'a raconté ses miracles, aucun monument n'a transmis à la postérité la mémoire de son martyre. D'après la Chronique de Magdebourg et la Vie de saint Romuald par Damien, il naquit à Querfurt en 970. Sa famille, qui appartenait à la vieille noblesse saxonne, était alliée à la famille régnante et a donné à l'Allemagne un empereur, Lothaire. Elève de la fameuse école de Magdebourg, fondée par Otton le Grand, il se voua, selon le désir de ses parents, à la vie religieuse et fut admis, en qualité d'aumônier, dans l'intimité de son jeune parent, Otton III, qu'il suivit en 996 dans sa première expédition romaine. Grâce à ses talents et à ses relations de famille, il aurait atteint de bonne heure les plus hautes dignités ecclésiastiques, mais l'amour de la vie ascétique et contemplative l'emporta sur la voix de l'ambition et il entra comme novice dans le couvent des Saints-Alexis-et-Boniface , sur l'Aventin, dont les moines, grecs austères et lettrés, suivaient la règle de Saint-Basile. Quelques années plus tard, cédant à l'ascendant du vieil ermite Romuald , il le suivit dans sa solitude de Ravenne. La nouvelle du martyre d'Adalbert en Prusse et l'appel pressant adressé par Otton III et Gerbert en faveur de la mission , décidèrent Bruno à mettre la main à l'œuvre. Empêché de se rendre en Pologne par la guerre survenue entre Boleslas et Otton, il passa en Hongrie, après avoir reçu la consécration épiscopale; mais accueilli [avec froideur par Etienne , qui voyait en lui un agent politique , il se rendit à Kiew auprès de Vladimir et travailla à l'évangélisationdesPetchenègues, peu-

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