BAN DE LA ROCHE
dans l'Eglise officielle, À lYxtinction de la maison de Valdence, la seigneurie fut donnée par Louis XV à M. d'Argenvillers, intendant de la province d'Alsace (1723), puis elle passa au président du parlement, île Maisons; en 17()2, elle fut érigée en comté et donnée au marquis Voyer d'Argenson ; enfin, en 1771, elle échut en partage au baron de Dietiich, ammeister de Strasbourg. Ces fréquents changements n'avaient guère été avantageux pour le Ban de la Hoche, les seigneurs <jui s'étaient succédé n'ayant pas eu le temps de s'occuper des intérêts matériels et moraux de leurs sujets. Leurs champs restaient en friche, leurs prés livrés à l'incurie de la vaine pâture; eux-mêmes croupissaient dans l'ignorance et dans la misère, se nourrissant de fruits sauvages et d'herbes cuites dans du lait. C'est de la philanthropie chrétienne que devait leur venir le secours. Nous raconterons ailleurs la vie et les travaux du pasteur Jean-Georges Stuber et de son successeur, Jean-Frédéric Oberlin (voy. ces mots). Qu'il nous suffise de dire ici que c'est grâce à leurs efforts, inspirés par le plus pur zèle évangélique, que le Ban de la Roche se transforma comme par enchantement, que des chemins le relièrent à la plaine, que le sol fut cultivé et les prés irrigués, que l'industrie du tissage s'introduisit, que des maisons d'école s'élevèrent dans chaque village, que la misère disparut avec l'ignorance, que la moralité se développa avec la piété, que les habitants du Ban de la Roche, par leur probité, leur amour de l'ordre et du travail, leur esprit cultivé et naturellement porté aux n ic» litations religieuses, conquirent une réputation qu'ils ont conservée j u s( [ u ' à ce jour . — La Ré vol ution de 1 789 fut accueillie avec enthousiasme dans ce petit pays, administrativement réuni, depuis lors, par une assez bizarre anomalie, pour moitié au département du Bas-Rhin, pour moitié à celui des Vosges. Au point de vue ecclésiastique, il releva, à partir de 1802, du consistoire luthérien de Barr. En 1814 et 1815 les corps francs du Ban de la Roche, sous la direction de leur chef Wolf, arrêtèrent pendant plusieurs jours la marche des armées alliées. Le retour de la paix ramena l'attention de ses habitants sur les œuvres plus utiles de propagande religieuse et d'amélioration sociale. Sous la puissante impulsion d'Oberlin, les habitants du Ban de la Roche prirent la part la plus active à la diffusion de la Bible et des traités religieux, ainsi qu'à la mission parmi les païens. Les dons de ces paysans peu aisés faisaient souvent honte aux souscriptions des riches, d'autant plus qu'ils ne se bornaient pas à des offrandes en argent, mais qu'ils envoyaient aussi des missionnaires. A partir de 1813, Oberlin fut secondé dans son œuvre par une famille d'industriels, originaire de Bâle, qu était venue s'établir à Fouday. Daniel Legrand (1783-1859) déploya un zèle infatigable pour créer des écoles enfantines, pour supprimer ou régler le travail des enfants dans les manufactures, pour améliorer la condition des ouvriers par une loi internationale. Chrétien convaincu, plein d'amabilité et de largeur, il avait trouvé, sans avoir jamais étudié la théologie, la meilleure définition de l'Evangile. Sur la couverture des petits traités qu'il faisait distribuer il avait fait imprimer ces simples mots : «Qu'est-ce (pie le christianisme? Jésus-Christ. » (Voy. F. Mon-